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Prestige (Le)
Film anglo-américain de Christopher Nolan (2006)
15 novembre 2006

***



Genre : SF Steam-Punk
Durée : 2h08

Avec Hugh Jackman (Robert Angier), Christian Bale (Alfred Borden), Michael Caine (Cutter), Piper Perabo (Julia Angier), Rebecca Hall (Sarah Borden), Scarlett Johansson (Olivia Wenscombe), Samantha Mahurin (Jess), David Bowie (Nikolas Tesla), Andy Serkis (Alley), Roger Rees (Owens), Ricky Jay (Milton)

Londres, fin du XIXème siècle. Le monde est en pleine révolution industrielle. Le cinéma n’est qu’à ses tout premiers balbutiements et le public, en mal de rêves et d’émerveillements, se précipite dans les pubs et les théâtres où les « magiciens » rivalisent de prouesses pour offrir des numéros toujours plus déconcertants. L’engouement pour ce genre de spectacle génère de nouvelles vocations parmi toutes les couches de la population. C’est ainsi que Robert Angier (Hugh Jackman), fils de bonne famille rejeté par les siens après avoir décidé d’embrasser la carrière de prestidigitateur, et Alfred Borden, issu des couches populaires, se retrouvent chaque soir sur scène pour assister incognito (ce sont les hommes du public) le Grand Milton dans son numéro d’évasion. Mais l’amitié des deux apprentis « magiciens » se transforme en haine lorsqu’une de leur prestation tourne au drame. Terminé la saine émulation des premiers jours. Désormais, les deux prétendants au titre de Maître des Illusions ne sont plus motivés que par une farouche rivalité où tous les coups sont permis.

Quand Borden défraie la chronique avec son « Homme Transporté », Angier met tout en œuvre pou découvrir son truc, son secret. Obligé d’employer un subterfuge pour réaliser lui aussi ce tour et donner l’illusion de se téléporter, Angier, ivre de rage, ne va pas hésiter à financer les recherches de l’ingénieur visionnaire Nikola Tesla, le père du courant alternatif, pour « scientifiser » sa magie dans le but de détruire la carrière de son ancien ami devenu son pire ennemi.

Les lecteurs l’auront compris, c’est une libre adaptation du « Prestige » que propose Christopher (réalisateur et co-scénariste) et Jonathan (scénariste) Nolan. Exit la trame contemporaine du remarquable roman de Christopher Priest. Les frères Nolan se focalisent exclusivement sur la période victorienne du récit.

C’est au lendemain du tournage de « Memento » que Valérie Dean, productrice exécutive du film, propose à Christopher Nolan de lire le livre de Priest. Elle est persuadée (à juste titre) que cette intrigue autour de deux magiciens rivaux mêlant histoire, thématique du secret et science fiction se prêterait formidablement à une adaptation pour le grand écran. Fasciné également par le roman, Christopher Nolan accepte le challenge et fait appel à Jonathan, son frère, pour l’assister dans l’écriture du script. « Il y avait, explique Christopher Nolan, un rapport extraordinaire entre la construction du livre et les techniques employées par les « magiciens » pour tromper le public et je me suis dit qu’il serait génial de réaliser l’équivalent cinématographique de ce dispositif ». Son objectif : envisager le récit comme une illusion capable de fasciner, tromper et déconcerter le spectateur par le biais d’un film qui fonctionnerait comme un tour de magie.

Pour y parvenir, les Nolan Brothers revisitent les écrits de Priest, sans hésiter à restructurer le roman original, tout en conservant les 3 actes incontournables d’un tour de magie : la promesse (le magicien présente au public une situation banale), le revirement (où la banalité de la situation devient extraordinaire) et le prestige (le moment où l’extraordinaire devient dramatique et où son dénouement inattendu cloue le public sur place).

Si d’un point de vue strictement formel, « Le prestige » de Christopher Nolan remplit parfaitement ses engagements en immergeant les spectateurs dans une Angleterre victorienne magnifiquement éclairée à la bougie et profite d’une photographie, de décors et d’un casting exceptionnels ; sur le plan narratif, outre les coupes sombres du roman éponyme, la mise en scène se perd en flash-back, en changement de points de vue qui rendent par endroit l’histoire un tantinet confuse.

Certes, cela n’enlève rien aux prestations de Christian Bale (« American Psycho », « The Machinist », « Batman Begins ») et Hugh Jackman (« X-Men », « Scoop »), parvenus tous deux à se glisser dans la peau de leurs personnages respectifs. Ni à celles de Michael Caine (« Batman Begins », « Les fils de l’homme »), de Rebecca Hall (la femme de Borden) ou la trop courte apparition de la ravissante Piper Pecabo (« Memories »).

Si, personnellement, je reste plus réservé sur le choix de Scarlett Johansson (dont l’omniprésence à l’affiche et en couverture des magazines frôle l’overdose) pour incarner Olivia Wenscombe, l’assistante en corset et porte-jarretelles, c’est avec plaisir que l’on retrouve David Bowie (méconnaissable sinon par le biais de ses yeux vairons) devant la caméra dans le rôle de l’énigmatique Nikola Tesla et que l’on découvre enfin, en chair et en os, Andy Serkis (le Gollum du « Seigneur des anneaux » et le « King Kong » de Peter Jackson) dans celui de son assistant passionné de magie.

C’est vrai, Christopher Nolan avait frappé très fort avec « Memento ». Depuis, sur la yozone, nous devons reconnaître être restés sur notre faim. Tout d’abord, avec son remake sans saveur de « Insomnia » (il faut dire que le film d’Erik Skjoldbjaerg était particulièrement bien filmé), puis avec son « Batman Begins », que nous avions trouvé intéressant mais déjà confus (contrairement au public qui l’a tout simplement encensé).

Alors forcément, pour « Le Prestige » - que peut-être ai-je eu tort de lire juste avant la sortie de son adaptation - j’attendais beaucoup. Trop, probablement. Et malgré les incontestables qualités de ce tour de magie cinématographique, je ne peux nier une certaine déception après une première projection. Un film peut-être à voir et à revoir pour en apprécier toutes les subtilités.

FICHE TECHINIQUE

Réalisation : Christopher Nolan
Scénario : Jonathan Nolan, Christopher Nolan d’après le roman de Christopher Priest

Producteurs : Emma Thomas, Christopher Nolan, Aaron Ryder
Producteurs exécutifs : Christopher Ball, Valerie Dean, Charles J.D. Schlissel, William Tyrer

Musique originale : David Julyan
Image : Wally Pfister
Montage : Lee Smith
Distribution des rôles : John Papsidera
Création des décors : Nathan Crowley
Direction artistique : Kevin Kavanaugh
Décorateur de plateau : Julie Ochipinti
Création des costumes : Joan Bergin
Maquillage : Peter Robb-King, Janice Alexander
Son : Richard King, Ed Nowick
Cascades : Rick Avery

Production : Newmarket Productions, Syncopy, Touchstone Pictures, Warner Bros. Pictures
Distribution : Warner Bros.

Relation presse : Eugénie Pont, Florence Debarbat

LIENS YOZONE

=> La critique du film
=> La vidéo de la conférence de presse
=> La bande annonce en vo

INTERNET

Le site officiel : http://www.leprestige-lefilm.com



Bruno Paul
14 novembre 2006






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