Chargement...
YOZONE
Le cyberespace de l'imaginaire




Batman Begins
Film américain de Christopher Nolan (2005)
15 juin 2005

***



Genre : Super Héros (Mythique)
Durée : 2h19

Avec Christian Bale (Bruce Wayne/Batman), Michael Caine (Alfred Pennyworth), Liam Neeson (Henri Ducard), Morgan Freeman (Lucius Fox), Gary Oldman (Lt. James Gordon), Ken Watanabe (Ra’s Al Ghul), Katie Holmes (Rachel Dawes), Cillian Murphy (Dr. Jonathan Crane/The Scarecrow), Tom Wilkinson (Carmine Falcone), Rutger Hauer (Richard Earle), Sara Stewart (Martha Wayne), Richard Brake (Joe Chill)

(La conférence de presse)

Une prison paumée au bout du monde, entre Chine, Népal et Tibet. Bruce Wayne (Christian Bale, très crédible) y survit, dégommant en deux temps, trois mouvements, le moindre méchant qui ose se risquer à lui chercher des noises. Mais un jour, il est tiré de ce parcours masochiste volontaire par Henri Ducard (Liam Neeson, pas toujours à l’aise), un étrange personnage qui lui donne rendez-vous tout en haut de la montagne, dans une mystérieuse lamaserie. C’est là que Bruce Wayne va être initié à l’art de la guerre par La Ligue des Ombres. Malheureusement pour lui, il va vite comprendre qu’il ne partage pas les objectifs de cette secte dont le seul but est d’accélérer la chute des empires décadents depuis le début de l’humanité et dont la prochaine victime sera tout simplement Gotham City. Après avoir détruit ce centre initiatique d’entraînement, Bruce Wayne revient dans sa ville d’origine, bien décidé à y remettre de l’ordre et « invente » le personnage de Batman.

Film attendu, l’histoire de « Batman Begins » se situe au début du mythe. Soit avant les deux premiers opus réalisés par Tim Burton (deux réussites et un clin d’œil à la fin de Batman) et les deux suites de Shumacher (deux navets). L’impression finale est plus que mitigée. Ainsi, on aime beaucoup l’option réaliste choisie dans la création du personnage de Batman. Bruce Wayne « bidouillant » son costume à l’aide de projets avant-gardistes militaires non utilisés - il commande ses pièces de rechange en Chine. On comprend et l’on adhère aux pistes psychologiques explicatives : Bruce Wayne choisit d’incarner la seule chose qui lui a fait peur (la chauve-souris) et malgré son esprit de vengeance, il se veut juste et équitable. Autant certains seconds rôles sont de francs succès (Michael Caine parfait en Alfred le serviteur dévoué, Tom Wilkinson excellent dans le rôle de Carmine Falcone le méchant mafieux, Rutger Hauer justement ressuscité en homme d’affaire réaliste et moderne, Morgan Freeman interprète au millimètre Lucius Fox, l’inventeur mis au rencard), autant la réalisation nous a semblé poussive et chétive, d’autres seconds rôles vitaux à l’intrigue totalement sous dimensionnés (la fiancée de Batman, le super méchant, le psychiatre déjanté tout particulièrement) et l’histoire tirée par les cheveux -mais que viennent ficher des Ninjas dans ce scénario ?

De Christopher Nolan (réalisateur), on connaissait « Memento », un excellent thriller et « Insomnia » un remake qui n’amenait rien de plus par rapport à l’original. Batman Begins laisse planer le doute... S’agit-il d’un bon réalisateur, d’un honnête artisan, tâcheron, on ne sait pas trop... Le travail est fait, soit. Avec sérieux mais sans génie. On aurait aimé que les prises de vue possèdent une ampleur et un souffle que la caméra donne rarement, on voudrait y croire et vibrer, on ne fait que s’intéresser à un bon film d’action et de super héros. Finalement, 2h19, c’est bien long par moment. On en vient vite à regretter cette habitude très récente de ne pas faire dans l’utile et dans le condensé -dans la simplicité aussi. Si aujourd’hui, Hollywood a décidé que produire des films où un homme combat le système et change la société n’était plus crédible, le revers de la médaille est que l’on perd à chaque fois une bonne heure de temps pour nous expliquer en long et en large les rapports psychologiques des personnages entre eux. C’est parfois réussi (cf. la première heure de « Kingdom of Heaven »), d’autres fois, on patine... Tisser des êtres pas totalement bons ou méchants, avec leur part d’ombre, est intéressant et justifiable en soit, à une condition : que le réalisateur sente totalement son intrigue et ses acteurs. Sur ce plan, Batman Begins ne nous convainc pas entièrement, il faut bien le reconnaître.

Nous dresserons donc un bilan contrasté de cette aventure pas totalement aboutie mais pas totalement ratée non plus. Le mythe a accouché d’un petit courant d’air distrayant et grand public là où on attendait le souffle de l’épique et la noirceur d’une âme en détresse morale.

« Batman Begins » délivre donc un verdict clair-obscur, nuancé et de ce point de vue, Christopher Nolan a peut-être réussi son coup. Était-ce vraiment ce que l’on attendait de ce film, that is the question.

FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Christopher Nolan
Scénario : Christopher Nolan, David S. Goyer d’après les personnages de Bob Kane

Producteurs : Larry J. Franco, Charles Roven, Emma Thomas
Producteur associé : Cheryl A. Tkach
Producteurs exécutifs : Benjamin Melniker, Michael E. Uslan

Musique originale : James Newton Howard, Hans Zimmer
Musique additionnelle : Ramin Djawadi, Mel Wesson
Image : Wally Pfister
Montage : Lee Smith
Distribution des rôles : John Papsidera, Lucinda Syson
Création des décors : Nathan Crowley
Création des costumes : Lindy Hemming
Maquillages : Peter Robb-King
Son : James Boyle, Jimmy Boyle
Effets visuels : Janek Sirrs, Dan Glass

Production : Warner Bros., Di Bonaventura Pictures, Syncopy
Distribution : Warner Bros. Pictures

Relation presse : Marquita Doassans, Carole Chomand, Eugénie Pont et Sabri Ammar

INTERNET

http://www.batmanbegins-lefilm.com


Stéphane Pons
15 juin 2005



JPEG - 18.7 ko



JPEG - 9.1 ko



JPEG - 9.1 ko



JPEG - 24.5 ko



JPEG - 7.5 ko



JPEG - 8.6 ko



JPEG - 13.8 ko



Chargement...
WebAnalytics