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Wolfsmund (T7)
Mitsuhisa Kuji
Ki-oon

Les rebelles ont pris possession de la forteresse et ont exécuté Wolfram. Mais il reste encore la tour principale à libérer. L’Amman de Schwytz s’est replié à l’intérieur avec sa famille. Le peu d’espace entre la tour et les autres bâtiments ne permet pas de mettre en place une tour de siège et la porte principale a été surélevée pour palier à une invasion. Les troupes rebelles ne parviennent pas à avancer et certains commencent à vouloir abandonner la tour et ses habitants. Mais ce genre de comportement est inacceptable pour Heinz. Le guerrier est prêt à donner sa vie pour les Trois Cantons et il n’est pas question de laisser l’Amman s’en tirer à si bon compte. Seulement, le charisme de Heinz n’est pas pour arranger les affaires des lâches qui décident de le prendre en otage et forcer un repli général. Mais Heinz est un vrai guerrier et ce ne sont pas trois lâches qui vont le stopper. Et ce genre de traîtres ne mérite qu’une seule chose : la mort.



L’armée du duc Léopold approche, terrifiante par son nombre et le niveau de son armement : 2 000 cavaliers, soutenus par 7 000 fantassins, tous lourdement armés, et surtout les terribles trébuchets, dont la puissance fait trembler les murs de n’importe quel fort. Pour Heinz, il est vital pour les rebelles de prendre possession de cette ultime tour de la forteresse. Il leur faut absolument atteindre cette maudite porte. Grâce à des rondins enfin arrivés, ses hommes réalisent une plateforme assez solide pour résister au feu et à l’huile bouillante. Un toit en bois et cuir protège les assaillants du feu et des pierres. La porte faiblit et finit par tomber. Les défenseurs se retrouvent rapidement débordés par la hargne et la haine des rebelles, menés par un Heinz bien décidé à faire chuter définitivement Wolfsmund. La victoire est si proche que les ridicules pièges tendus pour les stopper n’ont aucun effet sur cette armée de paysans n’ayant plus rien à perdre. Cette guerre a déjà pris sa femme à Heinz. Elle a été massacrée par ses chiens de Habsbourg. Il est tant que l’ordre des choses change et que l’Amman de Schwytz tombe.

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Après la mort d’une rare violence de Wolfram dans le tome 6, le lecteur pouvait s’interroger sur la destination que prendrait la série de Mitsuhisa Kuji. Toutefois, le mangaka ne pouvait laisser ses lecteurs sur une fausse impression : celle de la victoire facile, tant méritée des rebelles des trois cantons. Le mangaka souhaitait nous présenter les faits historiques autour de cette révolte contre la puissance des Habsbourg jusqu’à leur conclusion. Les mauvaises langues pourraient même dire que le mangaka ne pouvait pas achever sa série sur une note trop positive, lui qui s’est fait un malin plaisir à massacrer les personnages principaux de chaque tome, comme un oiseau de mauvais augure désirant détruire tout espoir chez le lecteur aussi bien que chez ses protagonistes. Le tome 6 était trop positif, il était temps de revenir à un formatage de tome plus conforme aux premiers. Et voilà comment Heinz arrive en scène. Preux chevalier cumulant toutes les qualités que l’on peut attendre chez un héros. Heinz est courageux, prêt à risquer sa vie pour les siens. Sa vie n’est rien comparée à l’importance de la prise de la forteresse pour l’avenir des trois cantons. Impitoyable avec les traîtres, il montre une forte de bienveillance ou plutôt de respect pour les prisonniers, surtout les femmes qu’il refuse de toucher. Toutefois, Mitsuhisa Kuji n’éprouvera quant à lui aucune pitié pour la famille du Amman, et si Heinz s’interposera devant ses hommes pour empêcher tout outrage, il devra s’incliner devant la vengeance des femmes du village. Difficile de ne pas faire exploser une rage contenue depuis des années. Le mangaka se veut réaliste et évite de tomber dans l’angélisme, surtout que la suite ne sera plus à l’avantage des rebelles.

Sans Wolfram, l’histoire n’avait plus de méchant. C’était sans compter sur l’arrivée du duc Léopold de Habsbourg. L’administrateur des régions alémaniques des Habsbourg nous est présenté comme un être froid, sans cœur, ne montrant aucun sentiment hormis le souhait de vite en finir avec cette rébellion qui menace de se propager dans tout l’empire. L’image donnée par Mitsuhisa Kuji est surtout de circonstance ou plutôt est-ce l’image que l’on pourrait avoir de la noblesse vu du bas peuple de Schwytz. En tout cas, l’armée qu’il amène devant la forteresse est des plus impressionnantes pour l’époque. Le mangaka nous donne d’ailleurs force détails de ces troupes qui viennent porter le siège devant la forteresse de Wolfsmund. Mais contrairement aux rebelles, Léopold arrive lourdement armé, en particulier avec des trébuchets. Difficile de comprendre l’espèce de naïveté des rebelles devant ce qui pourrait être qualifié d’artillerie lourde pour l’époque. L’utilisation du trébuchet date du XIII siècle et les rebelles devraient bien plus se méfier de la puissance redoutable de ces catapultes certes peu précises mais dévastatrices comme le montreront les dessins de Mitsuhisa Kuji, qui ne fera pas dans la demi-mesure, n’hésitant pas à représenter les corps explosés par les projectiles des trébuchets. Encore une fois, Mitsuhisa Kuji nous inflige une violente douche froide tandis qu’il provoque une pluie de boulets sur la forteresse. L’armée de Léopold apparaît comme invincible, inarrêtable.

Selon toute logique, le huitième et dernier tome de la série devrait nous présenter la bataille de Morgarten qui marquera la naissance de la Suisse. A suivre.


Wolfsmund (T7)
- Auteur : Mitsuhisa Kuji
- Traducteur  : Florent Gorges
- Éditeur français : Ki-oon
- Format : 130 x 180, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination  : 192 pages
- Date de parution : 28 avril 2016
- Numéro ISBN  : 978-2-35592-933-5
- Prix : 7,65 €


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© 2010 Mitsuhisa Kuji
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Frédéric Leray
6 février 2017






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