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Peter DeLuise : l’interview exclusive
Chevron 1, la convention française des séries Stargate
9 décembre 2005

Fils de Dom DeLuise, l’aîné des trois « Brothers » est un showman averti qui occupe l’espace avec créativité et élégance.

A même pas 40 ans, il cumule la réalisation d’au moins 47 épisodes de « Stargate SG1 » et 5 de « Stargate Atlantis », série dont il est aussi le co-producteur. D’autres séries ont fait appel à Peter à la réalisation comme « Andromeda », « VIP » et bien sûr « 21 Jump Street » qui lui a ouvert les portes de Hollywood en 1987.



Homme d’image, il est aussi homme de plume (même si aujourd’hui on devrait dire de clavier) et a écrit les scénarios de 16 épisodes de « SG1 » et 2 au moins de « Atlantis ».

Ses apparitions à la télé sont volontairement limitées : depuis 2000, quelquesStargate SG1, Andromeda, Jeremiah toujours dans des rôles uniques, non récurrents. Avant cela, un rôle dans Seaquest DSV en 1993.


Depuis quelques années, vous participez à de nombreuses séries de SF. Est-ce par accident ou un choix délibéré ?

C’est juste ... arrivé. J’ai tourné dans 21 Jump Street, dans des comédies romantiques, des policiers. Je connaissais John Smith personnellement, depuis 21 Jump Street, et il était embarqué dans l’aventure Stargate (NDLT : en tant que co-producteur exécutif). Et donc, je suis arrivé ici. On m’a proposé ce travail et depuis j’ai accumulé pas mal de SF. J’aime la SF mais j’espère ne pas être limité à ce genre. En résumé, un accident...

Êtes-vous un lecteur de romans de SF, de comics pendant votre enfance ?

Quand j’étais plus jeune, j’étais inspiré par Star Wars et Robert Heinlein, l’écrivain. Je me disais “Peut-être, plus tard, ce serait cool si...” J’ai aimé 2001 odyssée de l’espace, les film avec des vaisseaux spatiaux, les fusils à rayons laser. On peut dire que la SF m’inspirait. Mais tout comme on peut affirmer que les femmes m’inspirent...Donc je peux aussi faire de la comédie...

Acteur, scénariste, réalisateur, producteur, pouvez-vous nous dire les aspects que vous préférez et ceux qui vous déplaisent le plus dans chaque fonction ?

En fait, je suis le même. Que je sois acteur, producteur, scénariste, les choses sont assez semblables. Quand le personnage d’un épisode que je produis ou que je réalise est passionné d’une manière ou d’une autre, ou que les relations sont fortes, c’est là où l’histoire m’intéresse. Si c’est trop conformiste, cela ne m’attire pas. Mais si les personnages sont forts ou qu’ils doivent se surpasser pour, par exemple, aider quelqu’un qui est opprimé, dans ce cas, l’histoire peut me motiver. Il est aussi important que la relation au visuel soit forte, surtout pour réaliser parce que c’est comme cela que l’on retient l’attention du spectateur. Sinon, il zappe. Pas de visuel, pas d’émotion forte, et moi aussi, je perds l’intérêt pour le scénario....

Mais il a t-il des aspects du métier de comédien que vous aimez ou que vous aimez moins ? Par exemple, aimez-vous être dirigé dans votre jeu par un autre réalisateur ?

Être dirigé par un autre ? Parfois la relation entre un réalisateur et un comédien est bonne, comme toute relation humaine, parfois, c’est pas cela. Du fait que je suis et acteur et réalisateur, j’ai une meilleure idée de la manière dont j’aime être dirigé. Il arrive que le réalisateur, surtout dans le monde de la télé, n’ait aucune expérience de la comédie. Il utilise un autre vocabulaire et peut manquer de compréhension envers les besoins de l’acteur. Dans ce cas, la relation peut être difficile. Ils peuvent privilégier le côté technique et ne se préoccupent que de la caméra. Je crois que les comédiens n’aiment pas trop quand cela se passe ainsi. Ils veulent du “feedback”, ils veulent parler d’un point précis du scénario, ils veulent entendre qu’ils ont fait une bonne prise. Ils ont besoin d’attention.

Et du travail de scénariste, les points forts et faibles selon vous ?

Quand j’écris, je suis moins concerné par la complexité. J’aime raconter des histoires simples tant qu’elles sont riches et fortes. Mes personnages doivent être très concernés par la narration. Comme dans le cas du “Orpheus”, un de mes scénarios, une histoire simple, les personnages sont en danger et au final, ils sont sains et saufs. Puisque l’intrigue est solide, l’histoire peut être simple. Au plus le contenu est léger, au plus l’histoire doit se compliquer. Ca, selon moi, c’est ennuyeux. Je veux que mes personnages ressentent des émotions. C’est ce que je préfère.

Et pour la responsabilité d’un producteur, il y a aussi des plus et des moins...

En tant que producteur, je m’attache plus aux détails, les sentiments des personnages, leur humanité et pour les séries de SF, la technologie, les détails qui rendent l’intrigue intéressante. Pas seulement les éclairs de lumière, mais les vaisseaux qui ne doivent pas traverser l’écran sans raison... Pourquoi fait-on cela ? Est-ce que cela soutient l’histoire ? Cela est utile ? Par exemple, dans le film “Minority Report”, tous les détails servent à créer le monde où les personnages vivent.

Oui, les scénaristes et les designers ont fait un boulot incroyable...

A chaque fois qu’ils nous présentent une avancée technologique, le message sous-jacent était que l’humanité avait disparu. D’un côté, on ne peut pas punir pour un crime qui n’est pas encore commis. C’est un concept de base de SF, un cliché. Mais l’histoire nous est racontée d’une autre manière : dans le monde de demain, tout est déshumanisé. Il n’y a plus de relation entre les êtres. Ils sont dans des boîtes, branchés sur des jeux vidéos, des trucs sur la tête...Chacun dans son coin. La seule relation qu’il a, c’est avec l’hologramme de son fils. Il ne rencontre personne. Pour moi, c’est passionnant quand on parle de technologie. Mais si technologie veut dire vaisseaux spatiaux qui traversent l’écran dans tous les sens, c’est du gâchis.

Mais ce n’est pas la même chose avec Stargate. Stargate est une histoire contemporaine avec une projection dans la SF.

Exact...

C’est la raison pour laquelle la série fait beaucoup de références au fond commun culturel américain comme le capitaine Kirk ...

Ah, vous avez aimé...

Ben, nous aussi on est des fans de Star Trek

Moi aussi !

En fait, Stargate fait référence à notre vie quotidienne parce que les personnages sont nos contemporains...

Tout le monde regarde la télé... C’est bizarre : souvent quand on regarde une série, ces personnages semblent ne pas regarder la télé. Notre culture est fortement influencée par la télévision. Quand Austin Powers fait (le petit doigt sur les dent) “You know, one million dollar”, Richard Dean Anderson refait le même mouvement et tout le monde comprend l’allusion. De même quand il imite les Simpsons. Donc des personnages de séries télé qui ne regardent pas la télé, c’est incompréhensible. Si on utilise ces allusions au fait que les personnages regardent eux aussi la télé, cela facilite l’identification. On est dans une perspective commune...Tout le monde la regarde (la télé).

Nous n’avons pas encore la possibilité de voir la saison 2 de Stargate Atlantis.... Pouvez-vous raconter...

Ah, vous voulez des spoilers (sourire canaille) ?

Quelques uns... Des grandes lignes

Bon les voici : BOUCHEZ VOUS LES OREILLES (Arrêtez de lire !).. Quoi donc...

Les nouveaux personnages par exemple...

Ah, Jason Momoa arrive et intègre l’équipe de Sheppard. Mitch Pileggi s’occupe échanges d’équipement entre Atlantis et la Terre...Un nouveau vaisseau, l’Odyssée, rejoint notre flotte. Nous avons le Prométhéé, le Dédalus et l’Odyssée. Un nouveau méchant débarque avec l’alliance russe, un groupe d’humains qui ont pris les ressources, tous les systèmes de puissance ont été évacués et donc il y a un vide de pouvoir...
Encore plus ? Les Wraiths reviennent, mais pas tous parce que certains sont contrariés par les ressources alimentaires raréfiées. Ils se battent entre eux. Bon, il faut se protéger avant qu’ils ne nous tuent. Vous savez que Talya a des liens télépathiques avec les Wraiths, que le personnage de David Hewlett est très futé et qu’il va adapter de technologiques des Wraiths. Nous allons trouver d’autres postes avancés, en apprendre plus sur les Anciens et découvrir certaines de leurs ressources. Nous allons trouver un autre bâtiment comme le Aurora...

La saison 2 est-elle toujours en cours de tournage ?

Non...

Donc tout est dans la boîte... Parce que, actuellement, sauf si je me trompe, on diffuse l’épisode 11 ou 12 aux USA et je me demandais si les tournages étaient encore en cours...

Non, c’est fini. Et James Lafazanos, qui est là (derrière lui en interview) joue tous les rôles de Wraiths, ceux qui ont du dialogue. Sinon, c’est le cascadeur. Savez-vous que les Wraiths tirent leur nom d’une émission pour enfants très populaire, 1, Rue Sésame. Vous connaissez ?

(Nous hésitant) Non...

Pas pour Steve, mais Bob, Alan, Mr Hooper sont des noms de cette émission. On a trouvé cela amusant d’y faire allusion. Il y a aussi Gordon...

Nous n’avons pas beaucoup de références communes sur les émissions enfantines à part les Muppets...
Et sur le retour de Stargate au cinéma...

Je ne sais pas si il y aura encore un film Stargate. Au tout début, il avait été envisagé de faire trois longs métrages dont le second était l’invasion de la terre et quand la franchise est devenue une série, le scénario est devenu “Independance day”. Vous avez vu ce film ?

Oui..

Dans « Independance Day », les aliens arrivent dans un vaisseau.. Bref, ils ont retravaillé un peu le projet et ont abouti à ce film. Non, selon moi, il n’y a plus de film dans les projets futurs.. Enfin ne jamais dire jamais. Pour Star Trek, ils l’ont fait. Une des raisons pour ne pas prolonger avec un film est “Pourquoi les gens paieraient en plus pour voir quelque chose qu’ils trouvent gratuitement à la télé” ? Une réponse est “Et si il n’y avait plus cette série”. Pour les Star Trek, finalement, je ne sais pas si les derniers films ont rapporté de l’agent...

Je ne crois pas qu’ils aient gagné beaucoup d’argent avec le onzième film (Némésis)

Un autre exemple d’un série clôturée par un film :X-Files...

Trop tardif, le film, la série était déjà très longue...

X-files a duré 9 ans et la production était certaine que les fans allaient se déplacer pour voir le film.

Ils ont bien essayé de relancer la série avec Robert Patrick (NDLT : Le colonnel Summer du pilote d’Atlantis). Mais il y avait trop de questions sans réponses. Le film n’était pas une solution (et en apportait pas non plus !)

Autre exemple, Firefly. La série a été annulée parce que la chaîne n’a pas voulu lui donner une chance.

Et vu le succès commercial des DVD de la série... Vous avez vu Serenity ?

Moi pas mais tous mes amis qui l’ont vu ont adoré. Je vais acheter le DVD pour pouvoir le voir.

La Yozone a fait une campagne assez soutenue pour la sortie de Serenity en France.

C’est vraiment bon ?

Je suis pas dingue de la série mais j’aime beaucoup le film.

J’aime bien les personnages aussi, et la photographie. De la série puisque je n’ai pas encore vu le film.

Un mélange de la couleur d’un western et de celle d’une série de science-fiction...

Et puis les dialogues...

Dans la saison 2 d’Atlantis, il y a d’ailleurs un nouveau personnage fort proche du cow-boy...

Ronon Dex, un look de cow-boy avec son grand manteau de cuir, son fusil à six coups..

Quel est votre meilleur souvenir de cinéma ou de télévision ?

De Stargate ?

Non, en plus général... en tant que spectateur...Un bon moment d’enfance qui peut-être a eu une influence sur vous aujourd’hui.

Très jeune, mon père nous a emmené mes frères et moi aux studios de la 20th Century Fox. Il nous y a présenté à Starsky et Hutch. J’étais très jeune. Et le comédien s’est penché sur moi, de sa haute taille, pour me saluer. C’était génial. Et je me souviens aussi de Jack l’éventreur qui grognait. Mais Starsky et Hutch, c’était impressionnant. Et les Muppets, j’ai mis ma main dans la marionnette du batteur, Animal, mon préféré. J’ai été très surpris que, du bout de l’index, on pouvait commander la fermeture et l’ouverture des yeux. Waou !


Bruno Paul
Véronique
9 février 2006






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