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Akira (T4)
Katsuhiro Otomo
Glénat

Neo Tokyo a de nouveau été rayé de la carte après l’éveil d’Akira. La ville n’est plus qu’une immense ruine. Deux nouvelles formations ont fait leur apparition : la secte de Miyako et le grand empire de Tokyo. Ce dernier groupe inquiète fortement les autorités et surtout les Etats-Unis d’Amérique car les combattants de l’Empire suivent les ordres de celui qu’ils appellent l’Eveillé, Akira, et surtout son bras armé, Tetsuo. Avec les pilules récupérées dans le laboratoire, Tetsuo tente de se créer une armée de surhommes, mais les cobayes meurent souvent dès l’ingestion de la première pilule. Toutefois, Akira semble totalement déconnecté de la réalité et Tetsuo subit de plus en plus les douleurs insupportables que génère le développement de ses pouvoirs. Ne s’intéressant que de loin à l’empire qu’ils ont créé, le commandant de leur armée se retrouve à prendre de plus en plus de décisions... par lui-même. Et malgré les ordres de Tetsuo, il part à la recherche des deux enfants numérotés.



Depuis l’éveil d’Akira, Kei est au chevet des deux enfants numérotés. Elle sait qu’elle peut compter sur l’expérience et la force physique de Choko. Mais dans cette cité en ruines, le danger est partout, entre les voleurs de seconde zone et les hommes du grand empire de Tokyo qui les observent de loin. Ces hommes sont totalement paranoïaques, estimant que tout intrus sur leur territoire est un espion à la solde de l’étranger. Mais parfois, ce n’est pas une erreur, comme avec cette équipe de soldats américains ayant pour mission d’éliminer le danger que représente Akira. Dans son palais en ruine, Tetsuo profite des jeunes femmes qui lui sont amenées contre leur gré, les droguant avec des doses moindre de pilules pour qu’elles puissent durer plus longtemps. Seule la jeune Kaori a survécu dans la dernière fournée apportée par le commandant, il faut dire qu’elle n’a pas pris la drogue. Mais cela n’a pas grand importance pour Tetsuo qui s’inquiète plus du cauchemar que lui a imposé Akira. Cherchant à comprendre pourquoi le garçon a joué avec ses rêves, Tetsuo tente de pénétrer dans son esprit. Une erreur qui va totalement traumatiser le numéro 41.

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Deuxième destruction de Neo Tokyo et toutes les cartes sont rebattues. Katsuhiro Otomo relance sa série en provoquant une mini apocalypse au cœur de Tokyo. L’armée n’y a plus sa place et quand le chaos règne, les sectes prennent le pouvoir. Katsuhiro Otomo oppose alors deux concepts totalement différents de sectes. D’un côté les fidèles de Mme Miyako. Nous sommes là plus proche du bouddhisme, où numéro 19 est un symbole de paix, protégeant les blessés et les faibles, les prêtres refusant d’utiliser la violence, préférant même mourir tant que la vie de Miyako n’est pas directement menacée. Car ces prêtres possèdent des pouvoirs comparables à ceux des cobayes numérotés sans atteindre les niveaux de puissances de ces derniers. La secte de Miyako n’est un danger pour personne bien au contraire, c’est le dernier havre de paix dans la cité en déliquescence. Mais les prêtres sont aussi respectés et craints par les voleurs comme va le découvrir Kei, mais surtout les protégés de Miyako sont prêts à mourir pour elle. La deuxième secte est celle du grand empire de Tokyo. Cette fois, nous sommes face à de véritables fanatiques, craignant la puissance d’Akira et de Tetsuo et les suivant plus par peur que par réelle conviction. D’ailleurs, certains n’hésiteront pas à fuir leurs rangs en cas de danger. Le commandant est la preuve du manque total de cohésion de cette secte, n’en faisant qu’à sa tête et finissant par ne plus référer de ses actes.

Le personnage de Tetsuo reprend la place qui se devait d’être la sienne, mais pas vraiment en tant que meneur d’hommes comme pourrait le laisser croire le début de tome. Tetsuo doit affronter non seulement ses démons intérieurs et la terrible douleur qui l’a transformé en junkie, mais également un Akira qui ne semble pas totalement conscient de ce qui se passe autour de lui. Akira est une coquille vide que la pauvre Kaori tente de combler sans grand espoir de réussite. Finalement, Akira et Tetsuo ne vont faire que s’opposer par leur psyché. Miyako va toutefois aider Tetsuo à défier Akira, en tout cas, lui donner les clés, pas toujours bien compréhensibles, pour dépasser son pouvoir actuel. Mais cela passe par un sevrage de pilules, ce que le jeune homme est bien incapable de faire en ce moment. Nous allons retrouver tous nos héros dans des situations totalement différentes de celles où nous les avions laissés, que ce soit le colonel, Kei ou Ryu. Et Kaneda dans tout cela ? Ce sera le grand absent de ce tome, en tout cas jusqu’à un final moins impressionnant que celui du tome précédent mais tout aussi dingue. Katsuhiro Otomo se fait plaisir, en zappant entre ses protagonistes, passant d’un rebondissement à un autre, sans vraiment laisser le temps de souffler à son lecteur. Ce tome 4 est des plus denses avec ses 400 pages, passant de dialogues parfois compliqués comme celui entre Miyako et Tetsuo, à des scènes d’actions allant à cent à l’heure, comme la fuite de Kei, en passant par du pur démentiel comme les crises de Tetsuo.

“Akira” est un ovni du monde du manga, une oeuvre sans pareille par sa densité, ses personnages charismatiques et attachant et surtout un scénario addictif.


Akira (T4)
- Auteur : Katsuhiro Otomo
- Traduction : Djamel Rabahi
- Editeur : Glénat
- Format : 180 x 256 mm
- Pagination : 400 pages noir et blanc
- ISBN : 9782723428248
- Parution : 22 août 2018
- Prix : 14,95 €


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Frédéric Leray
24 septembre 2018




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