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Demokratia (T2 et 3)
Motoro Mase
Kaze Manga

Mai se retrouve prise en otage par Semo. Le jeune homme s’est retrouvé acculé par l’arrivée de policiers et il décide de prendre la fuite avec celle qu’il prend pour une jeune fille. Les membres de Demokratia choisissent alors une discussion offensive, mettant le jeune homme devant ses contradictions. Les connectés n’acceptent pas que Semo se cache derrière des réseaux sociaux, refusant le monde réel soi-disant entre les mains des nantis qui ne font que le rabaisser. Cette excuse est inacceptable pour la majorité et les votes positionnent le discours de Mai sur un style plutôt agressif, cherchant à mettre le jeune homme devant la réalité et le sortir de son monde virtuel, soi-disant plus rassurant ; En fait, Semo est tyrannisé par sa mère et il n’a pas le courage de l’affronter, alors il se replie dans un monde virtuel. Seulement, à le pousser à bout, Mai lui fait prendre conscience qu’il s’est tout simplement enfermé dans une autre cage où il est encore une fois sous influence.



Comment en sont-ils arrivés là ? Taku essaie de remettre les pièces du puzzle dans le bon ordre après le décès d’Hisashi. Suite à la mort de Semo, les deux pères du projet Demokratia avaient décidé de tout arrêter, mais Hisashi s’est encore une fois laissé abuser par le charme irréel de Mai seulement, les membres du réseaux ont découvert qu’il violait l’androïde et la réaction fut sans appel : le tuer. Maintenant, Mai erre dans les rues, sous le contrôle de plus en plus compliqué des 3000 inconnus formant le réseau Demokraticia. Ce qui n’était au départ qu’un jeu est devenu une véritable expérience de vie pour les connectés. Et chacun commence à montrer sa vraie nature lors des tchats entre membres du réseau. Un événement imprévu va totalement chambouler l’harmonie des membres du réseau. Mai est témoin du malaise d’un vieil homme. Etant pourvu de capacités de premier soin, l’androïde parvient à le maintenir en vie jusqu’à l’arrivée des secours. Mais la réaction du vieil homme en reprenant ses esprits est assez étrange : il refuse d’être envoyé à l’hôpital et il fait passer Mai pour sa fille....

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Le tome 2 de “Demokratia” reprend tambour battant. Il faut dire que Motoro Mase ne nous avait pas épargné avec un cliffhanger de grande volée. Et le mangaka poursuit sur son rythme trépidant. Mais cette rapidité des événements est parfaitement pensée car cela a évidemment des conséquences sur les réactions des membres du réseau. Avec peu de temps pour réagir, la majorité opte quasiment sur la première option proposée. D’ailleurs, on ne voit plus vraiment de choix de texte s’afficher. La situation qui pouvait apparaître hors contrôle finit par tourner en faveur de Mai, seulement, face à une personne désespérée, la personne lambda n’est pas vraiment apte à trouver les bons mots et la conséquence sera terrible. Vient alors l’inévitable période de la culpabilité. Car prendre des décisions dans une démocratie participative totale impose d’assumer collectivement tous les choix. Toutefois, les membres du réseau vont montrer une cohésion surprenante... pour le moment. Une évolution apparaît dans ce tome : Motoro Mase commence peu à peu à s’intéresser à ces personnes qui ont accepté d’éduquer Mai. Il faut dire que le mangaka adore étudier le comportement humain et cette fois, il s’est donné un panel de 3000 cobayes. Bien évidemment, il ne pourra s’arrêter sur tous en seulement cinq tomes, mais cela lui laisse la possibilité de se donner à coeur joie dans son étude comportementale humaine. Et pour mettre ces personnes en avant, il va libérer Mai de sa dépendance par rapport à ses créateurs de la plus violente des façons.

Le tome 3 commence alors avec une Mai devenue une criminelle, mai seul Taku en est conscient. Mai va devoir faire face à un nouveau problème : en sauvant un vieil homme de la mort, elle devient quelque part son ange gardien. Mais est-ce la volonté de la majorité des membres du réseau ? On aurait pu penser que les membres allaient se focaliser sur ce problème de conscience, savoir si la majorité compte créer un lien avec ce vieille homme malade ? Toutefois, les histoires personnelles des membres vont polluer le débat. Motoro Mase va s’attaquer à un phénomène malheureusement devenu mondial : la xénophobie et le racisme. Le discours qui sera dans la bouche d’un des membres est celui que l’on pourrait également retrouver dans celle d’un supporter de Trump ou du FN : tous les malheurs qui s’abattent sur le pays sont dus aux étrangers, qui volent le pain de la bouche des bons japonais, qui ne sont que des voleurs et des criminels... Un discours de nationalistes décomplexés à l’extrême. Mais la méthode pour faire taire ce membre n’est guère plus intelligente et va provoquer un désir de vengeance. Taku reste bien à l’écart, ne faisant face qu’à la publicité non désirée pour Demokratia, mais surtout il est devenu un fugitif. Une course poursuite contre la police débute également.

Décidément, Motoro Mase a cette capacité de mener de front de multiples histoires, de multiples suspens sans perdre le moins du monde son lecteur. Un mangaka de très grand talent.


Demokratia (T2 et 3)
- Auteur : Motoro Mase
- Traducteur  : Sébastien Ludmann
- Éditeur français : Kaze Manga
- Collection : Seinen
- Format : 127 x 182, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination  : 192 pages
- Date de parution : 15 juin et 23 septembre 2015
- Numéro ISBN  : 978-2-82031-736-0 ; 978-2-82032-210-4
- Prix : 8,29€


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Demokratia (T1)


DEMOKRATIA © 2014 Motorô MASE/SHOGAKUKAN Inc.
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Frédéric Leray
27 novembre 2016






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