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Demokratia (T1)
Motoro Mase
Kaze Manga

Tout commenca par une rencontre. Taku Maezawa est un petit génie de l’informatique et alors qu’il est encore universitaire, il a déjà vendu à un éditeur de logiciel un programme permettant à un groupe de tester la forme la plus pure de la démocratie. Hisashi Iguma est un fou de robotique et son rêve est de créer l’androïde parfait. Et le programme de Taku est une chance unique de donner vie à un robot qui apprendrait le sens de la vie et des responsabilités grâce à un panel d’internautes qui lui enseigneront à se comporter en société et être la meilleure des personnes. Un rêve que Hisashi pensait totalement illusoire, surtout que Taku a été imprudent en signant le contrat avec l’éditeur, ce dernier ayant récupéré les droits exclusifs d’utilisation du brevet pendant dix ans. Qu’à cela ne tienne, ils réaliseront leur projet dans la confidentialité et le secret des laboratoires de l’université.


Finalement, créer l’androïde qui sera leur cobaye pour l’expérience ne fut pas si compliqué que cela et le résultat était réellement bluffant, surtout grâce à la fausse peau en alliage composite d’uréthane couplé à du latex. Et pour que leur robot soit plus facile à être accepté socialement, ce sera une femme. Pour lui apprendre ce qu’est la vie en société, 3000 personnes choisies au hasard participeront au test. Ils se connecteront au logiciel de choix par le programme Demokratia. C’est le choix majoritaire de ce panel qui décidera quelle action fera le robot, quelles paroles il prononcera... ou plutôt elle. Pour que les internautes ne puissent entrer en contact avec le robot, les informations sur son nom et ses destinations sont codées, l’internaute ne peut donc savoir où se trouve l’androïde. Pour éviter que la nouvelle ne se répande sur le net, Taku a prévu de nombreuses sécurités sur son programme. Pour les internautes, elle s’appellera Fuyu, pour nos deux inventeurs, ce sera Mai. Seulement, le passé des internautes va fortement influencer le comportement de Fuyu...

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Une série de Motoro Mase est toujours un événement. Le mangaka nous avait tout simplement estomaqués avec sa série magistral Ikigami, Préavis de mort. Avec “Demokratia”, le mangaka continue d’analyser avec ce regard sans pitié, sans concession, le comportement de ses semblables. Ikigami, Préavis de mort était une source infinie et parfaitement utilisée pour comprendre la réaction d’un humain face à l’inévitable échéance de sa mort. Cette fois, c’est une autre notion philosophique et même culturelle que Motoro Mase va passer au crible : l’efficacité de la démocratie. Et pour réaliser son analyse, le mangaka nous propose une expérience, en fait il va expérimenter la démocratie comme méthode éducative... d’un robot. De nombreux fils rouges vont alors se tisser et comme pour Ikigami, Préavis de mort, Motoro Mase ne s’arrête pas à son analyse de base, mais il va bien au-dela.

En fait “Demokratia” peut être lu de bien des manières. Tout d’abord en mode Asimov : peut-on donner une conscience à un androïde ? L’ambition de Hisashi est de donner naissance quasiment à un dieu, une vision que l’on pourrait penser hérétique et surtout complètement folle : et si cela venait à rendre la machine supérieure à l’homme. On entre dans un domaine cher à Masamune Shirow et son “Ghost in the Shell” car finalement, les 3000 internautes sont autant de dieux dans la machine qui la forment à devenir meilleure que les humains. Mais une machine peut-elle finir par avoir une ame en se créant une capacité de raisonner et donc de raison ? On pourrait alors se dire que Motoro Mase s’intéresse à un thème déjà largement travaillé mais il introduit un notion philosophique : la démocratie est-elle la meilleure forme de gouvernance ? Cette fois, le mangaka s’attaque à un gigantesque morceau mais comme à son habitude, non seulement avec force de finesse mais surtout de manière très ludique.

Nous allons suivre en parallèle de l’évolution de Mai/Fuyu, les réactions d’internautes très spécifiques dont le passé va fortement influencer les réactions de l’androïde : une jeune handicapée ayant la phobie des voitures, un responsable d’entreprise qui fait face à une crise dans son équipe... Motoro Mase a créé un système de choix extrêmement ingénieux : sur les 3000 propositions, il retient les trois ayant le plus d’itérations et deux marginales, ce sont alors ces cinq propositions qui sont soumises au vote majoritaire. Et on découvre, quelque part sans surprise, que les propositions marginales reçoivent parfois la majorité des suffrages, provoquant des situations qui ne sont pas celles que l’on aurait naturellement trouvé « normales ». Très vite, Fuyu rencontre d’autres personnes, pas toujours fréquentables, ce qui la met dans des situations qui pourraient mal tourner et qui vont mal tourner comme le montrera l’excellent cliffhanger de ce tome.

Je pourrai évoquer aussi le côté savant fou, créature de Frankenstein avec un Hisashi qui risque de venir rapidement très antipathique. Je pourrai aussi passer des heures à vous vanter les dessins toujours aussi riches en détails, d’une grande précision et surtout très réalistes, avec des décors permettant une immersion parfaite dans le monde créé par Motoro Mase. Mais je m’étais déjà largement déverser en compliments pour Ikigami, Préavis de mort et la qualité de cette nouvelle série est tout bonnement identique, peut-être plus mure car le mangaka s’attaque à des sujets toujours plus complexes mais passionnants.

“Demokratia” est un bijou d’une profondeur rarement trouvée dans un manga. Encore une fois, Motoro Mase se démarque par l’originalité de son scénario mais aussi dans la prise de risque pour les thèmes abordés.


Demokratia (T1)
- Auteur : Motoro Mase
- Traducteur  : Sébastien Ludmann
- Éditeur français : Kaze Manga
- Collection : Seinen
- Format : 127 x 182, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination  : 208 pages
- Date de parution : 7 janvier 2015
- Numéro ISBN  : 9782820316769
- Prix : 8,29€


A lire sur la Yozone :
Ikigami, Préavis de mort (T1)
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DEMOKRATIA © 2014 Motorô MASE/SHOGAKUKAN Inc.
© Edition Kaze Manga- Tous droits réservés



Frédéric Leray
6 juin 2015







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