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YozoneLittérature Critiques Jeunesse

Effacée, tome 3 : Brisée
Teri Terry
La Martinière, Fiction J., roman traduit de l’anglais (Grande-Bretagne), anticipation sociale, 358 pages, octobre 2015, 16,50€

Relire la chronique du tome 1 : « Effacée »
Relire la chronique du tome 2 : « Fracturée »
Passant pour morte, Kyla est exfiltré de sa famille d’accueil et des TAG par le SPD, le Service des Personnes Disparues. Après lui avoir fait changer d’apparence, Aiden lui fournit une nouvelle identité et l’adresse de sa mère, à Keswick, au pied des montagnes, loin de Londres. Kyla, qui s’appelle désormais Donna Kelly, est à la fois heureuse et terrorisée à l’idée de cette rencontre.
Elle arrive en quête de réponse, sur ses parents, sur son passé, mais ce qu’elle va découvrir est loin d’être clair : sa mère semble avoir banni son père des albums photo, et elle découvre que sa grand-mère est une responsable haut placée des Lorders ! Plongée dans ce décor familier, les souvenirs affluent, et le mystère de son enfance s’épaissit.


Cela fait 18 mois que j’ai lu « Fracturée » (honte sur moi, ce dernier tome est sorti en octobre dernier) et à dire vrai, certains détails et personnages secondaires n’étaient plus très frais dans ma mémoire. Ce n’est point grave, car « Brisée » commence donc sur un nouveau départ de Kyla, à la fois une fuite loin de son univers d’Effacée, et un retour aux sources de sa vie d’avant. Avant son enlèvement, son entrainement de terroriste par les TAG... Un nouveau nom pour renouer avec son passé perdu.
Je ne vous gâcherai pas les surprises qui vous attendent. Juste que vous sachiez que la « vraie » famille de Kyla/Lucy/Ondée/Donna est un sacré paquet de nœuds et de secrets, et que l’implication de la jeune fille dans ces différents complots et machinations des Lorders et des TAG n’est pas le fruit du hasard, loin de là : elle est le centre d’une expérience sur le long terme, comme on commençait à s’en douter. Reste à découvrir qui tire les ficelles.

Au-delà du propre destin, passé et à venir, de Kyla, « Brisée », en nous éloignant de la grande banlieue de Londres, nous donne à voir un autre aspect de la vie sous le régime des Lorders, tant leur organisation de la jeunesse, très méthodique, que la terreur qu’ils inspirent partout. Teri Terry rappelle par petites touches la rupture de l’Angleterre avec le reste du monde, son isolement, sa politique drastique en matière d’environnement et son refus de la technologie numérique. Sans tomber dans un angélisme façon « retour à la terre », on pourra y voir de très bons côtés, néanmoins mis au service de mauvaises personnes.

Pour Kyla, les découvertes sur son passé et les agissements des Lorders seront le déclic final pour la faire passer dans la résistance active, aux côtés d’Aiden. Le retour de Ben dans les parages sera l’occasion d’un délicat triangle amoureux, loin des trucs sirupeux dont on a l’habitude dans la littérature pour ados et jeunes adultes. Bien au contraire, les sentiments des personnages, dits et non dits, influent sur l’intrigue de manière très fine, avec des conséquences violentes. Ben, tout en restant un personnage de second plan, et un rien fadasse, rappelle les raisons initiales de l’Effacement et ses limites. Ainsi, Teri Terry peut clore sa trilogie sur un relatif happy end, après un face-à-face final sous très haute tension.

Alors oui, une jeune fille fait tomber à elle seule tout un gouvernement et des groupes terroristes, elle change le monde... mais à sa décharge, elle était le nœud central d’une telle affaire que l’effondrement du château de cartes est compréhensible. Au-delà de la trame « politique », son parcours personnel, sa recherche d’identité, ses doutes, tout ce qu’elle aura traversé, avant et après son Effacement, tout cela raconte une formidable histoire. Racontée avec sincérité, sans mièvrerie, avec ce juste équilibre entre la tension due à l’univers dystopique et les interrogations de l’héroïne.

Loin des grands effets spéciaux, des actions d’éclat comme on peut en lire et en voir dans « Divergente » ou « Hunger Games », la trilogie « Effacée - Fracturée - Brisée » de Teri Terry puise davantage dans « 1984 » ou « Fahrenheit 451 » pour nous montrer un quotidien presque supportable pour peu qu’on accepte certaines œillères et l’abandon de quelques libertés au nom de la sécurité. Comment une loi apparemment bénéfique pour le pays s’avère terriblement cruelle quand c’est vous qu’elle concerne.
Un message terriblement actuel, pour une trilogie à (re)découvrir cet été. Et à partager.


Titre : Brisée (Shattered, 2014)
Série : Effacée, tome 3/3
Auteur : Teri Terry
Traduction de l’anglais (Grande-Bretagne) : Anne-Judith Descombey
Couverture : Guido Meith / Getty Images
Éditeur : La Martinière
Collection : Fiction J.
Site internet : page roman(site éditeur)
Pages : 358
Format (en cm) : 15 x 22 x 3
Dépôt légal : octobre 2015
ISBN : 9782732456065
Prix : 16,50 €


Relire la chronique du tome 1 : « Effacée »
Relire la chronique du tome 2 : « Fracturée »



Nicolas Soffray
4 août 2016







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