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Yozone LittératureDossiers

Anthony Horowitz sur la Yozone
Une interview exclusive réalisée par Michael Espinosa
Octobre 2006

Ses livres de la série "Alex Rider" inondent les librairies et les affiches du film « Alex Rider : Stormbreaker », tiré du premier opus de la série, ont pris d’assaut les murs parisiens (et sûrement ceux de province aussi).
Mais Anthony Horowitz publie en France depuis la fin des années 80 chez Hachette, avec entre autres un personnage qui ressemblait déjà étrangement à un jeune magicien débarqué bien plus tard chez les libraires.



Depuis, il sort roman sur roman où l’on retrouve toujours un véritable goût pour l’imaginaire et l’action. En début d’année 2006 ressortaient en moyen format relié, d’anciennes séries ignorées lors de leur diffusion initiale. Plus le sixième roman d’Alex Rider. Aujourd’hui, apparaît sur les écrans le film « Alex Rider : Stormbreaker », l’occasion de vous faire rencontrer Anthony Horowitz.

C’est dans la suite d’un grand hôtel parisien que je suis accueilli par l’attachée de presse d’Hachette Jeunesse qui m’offre un jus d’orange pour patienter -les interviews du matin ont pris un peu de retard.
J’assiste donc à la fin de la rencontre entre Anthony Horowitz et des adolescents, engagés à l’occasion, par un magazine pour jeunes.
Première surprise, et pas des moindres : Horowitz s’exprime dans un français presque parfait. Évidemment, son accent anglais prononcé, associé à un costume noir et une chemise blanche, donne de l’homme une image sérieuse. Mais ses propos plein d’humour viennent égayer la discussion et c’est à un écrivain passionné que l’on a à faire.
Enfin, viens mon tour de le harceler de questions. C’est avec un professionnalisme associé à une gentillesse et un plaisir communicatif que l’homme se prête au jeu de l’interview.


Michael Espinosa (Yozone) : D’où vous vient votre passion pour l’écriture ?

Jeune, j’ai été dans une institution anglaise avec tout le côté négatif que ce mot peut comporter. En effet, je dormais avec mes camarades dans de longs dortoirs sans âmes, où il faisait froid. Et, du haut de mes huit ans, les nuits me paraissaient bien longues. Sans parler des supplices corporels.
Oui, la violence physique était autorisée. Je me demande même si elle n’était pas conseillée et enseignée dans les écoles de professeurs. Les coups pouvaient aller jusqu’au sang. Autant vous dire que ce fut un cauchemar d’où je devais m’évader. Quel meilleur endroit que la bibliothèque qui était calme et reposante ?
C’était la seule salle où je me sentais heureux et où je trouvais toutes ces portes pour s’échapper de ce monde réel et trop cruel. Les livres étaient devenus mes compagnons privilégiés. De la lecture, je suis passé naturellement à l’écriture. Mes premières histoires contaient les aventures de Jimmy et Edward, deux jeunes garçons poursuivis par des enseignants maléfiques. Les deux héros devaient faire face à des événements extraordinaires. Vous aurez compris d’où me venait mon inspiration. De plus, je n’étais pas un très bon élève. Je n’avais donc d’autre choix que celui d’être écrivain.

Aujourd’hui, où trouvez-vous votre inspiration, vos idées ?

À chaque minute, je reste attentif à ce qui m’entoure. Je ne reste pas en débat avec moi-même attendant que sorte l’idée géniale. J’ouvre les yeux, je me plonge dans les journaux, les faits divers pour ce qui est du réel, et dans mes rêves et cauchemars, quand je m’en souviens, pour la part d’irréalité. Mon inspiration première c’est la vie. Et je cherche à m’adapter le plus possible à l’avenir qui se déroule sous mes pieds. En effet, aujourd’hui je trouve qu’Internet est un outil fabuleux pour s’informer sur tout.
Il faut évidemment trier les informations mais de votre fauteuil vous avez accès à une multitude de connaissances. Il y a aussi tous les internautes prêts à vous aider dans vos investigations, c’est fabuleux.

« J’adore me surprendre ! »

Quelle est votre méthode de travail ?

Je suis assez cartésien et j’ai besoin obligatoirement d’un plan avant de commencer l’écriture. C’est comme pour visiter une ville : avec une carte on est rassuré et on sait où l’on va. Pour mes livres je dois connaître les étapes qui m’amèneront au “grand final”. Évidemment, c’est une base de travail qui peut se modifier à tout moment.
Vous pouvez avoir une carte et changer d’itinéraire au dernier moment, non ? J’écris donc un premier chapitre explicatif qui mettra les bases dans l’esprit du lecteur. Je lui donne les cartes nécessaires à la poursuite de l’aventure à mes côtés. Ensuite je m’attaque aux chapitres d’action car ce sont ceux dans lesquels je me sens le mieux. Mais j’adore me surprendre, alors beaucoup de choses peuvent changer. D’où là encore l’intérêt du plan de départ pour retomber sur mes pieds et rester cohérent.

Vous avez écrit pour la télévision, comme pour la série « Barnaby » par exemple. Abordez-vous différemment l’écriture dans ce média ?

En fait, il y a plus de similitudes que de différences car tout est de l’écriture. Et puis vous restez le même homme. Après il y a plus de liberté avec les romans car j’invente tout de A à Z et je peux me permettre ce que je veux, aucun financier ou producteur n’est derrière mon dos pour me dire ce que je dois faire ou pas. Écrire un roman est une passion, écrire un scénario est plus un travail.

Aimez-vous rencontrer vos lecteurs ?

Oui. Mes lecteurs m’inspirent et me motivent. Les adolescents sont entiers et possèdent un enthousiasme incroyable. S’ils adhèrent à quelque chose, ils le font sans limites, contrairement aux adultes qui sont plutôt « Oui... Mais... ».
C’est pour moi très intéressant et motivant. Quand je visite un collège, je suis comme un vampire qui se nourrit de l’enthousiasme des élèves.

« Le succès du film ? La rencontre improbable d’un paquebot et d’un iceberg ! »

Vous écrivez dans les genres de l’Imaginaire et pas dans la sphère du réalisme, du quotidien ?

Je ne suis pas attiré par l’écriture de ce genre d’histoires. Il existe des auteurs qui savent très bien le faire. Je n’ai jamais voulu écrire des livres didactiques, sur la drogue, sur le comportement. Je préfère l’aspect plus imaginaire.
Mais soyons honnête, quand mes héros sont de jeunes adolescents qui doivent apprendre à maîtriser un pouvoir qu’ils ont en eux, on se rapproche de l’état même de l’adolescence où chaque adulte en devenir doit trouver sa propre voie, sa façon d’exister.
Finalement, j’aborde les mêmes thématiques. J’espère que mes lecteurs tirent en tout cas diverses choses de mes histoires. Déjà un plaisir à les lire, mais aussi des réflexions sur la vie. Je crois que l’on n’est pas obligé d’écrire un livre sur le divorce pour aider un jeune dont les parents sont en train de se séparer. Il doit pouvoir trouver des réponses et des chemins à suivre dans tous les livres possibles. Si la magie peut l’aider à cela, alors allons-y !

On relève souvent le côté sombre de vos histoires. Avez-vous des retours de parents en colère ?

Bizarrement non. En Angleterre, je suis devenu l’écrivain qui fait lire les enfants qui n’aimaient pas la lecture. Alors les parents sont plutôt bienveillants avec moi.

« S’ennuyer ? Connais pas ! »

Que pensez-vous du film adapté de votre roman « Stormbreaker » ?

Sans mentir, j’en suis ravi. Ayant écrit scénario, je ne pourrais m’en vouloir qu’à moi-même si l’histoire ne tenait pas la route. Mais ce n’est pas le cas. Le casting est parfait. J’adore l’acteur choisi pour jouer Alex, je le voyais tout à fait comme ça. « Alex Rider : Stormbreaker » (sortie France, le 25 octobre 2006, NDLR) est à mon avis un très bon film familial d’espionnage.
Certes, je ne peux pas être objectif mais vraiment c’est une bombe ! Durant le tournage j’ai pu discuter avec le metteur en scène, échanger des points de vue, collaborer véritablement avec l’équipe. Ce fut vraiment génial !
Et puis avec 40 millions de dollars de budget, on peut avoir un vrai film d’action divertissant. Après, pour ce qui est du succès, ou pas, du film, je vois ça comme la rencontre éventuelle entre un paquebot et un iceberg. Que va-t-il se passer ? Les spectateurs seront-ils au rendez-vous ? C’est incontrôlable. Mais j’espère que le film trouvera son public.

Aujourd’hui, avec la sortie du film « Alex Rider : Stormbreaker », vous rencontrez un succès planétaire. En France vous êtes passé dans la case des auteurs très connus avec Alex Rider. Comment gérez-vous cette notoriété ?

Vous savez, c’est très étonnant parce que je suis connu en France depuis le milieu des années 80. J’étais d’ailleurs plus connu sur votre territoire que dans mon propre pays, l’Angleterre. Pour moi, ce fut une véritable crise d’identité.
Pour aller plus loin, j’ai cru un moment que j’étais belge car c’est en Belgique que je vendais le plus de livres. Puis avec Alex Rider, tout cela a changé. Quelque part je remercie J.K.Rowlings et son « Harry Potter » d’avoir cartonné sur la planète entière mais surtout en Angleterre, car enfin les éditeurs et les libraires se sont dits qu’il pouvait y avoir une autre littérature jeunesse que les classiques comme Dickens et consorts. Les autres auteurs jeunesse en ont aussi profité, donc tant mieux. Pour moi, il est vrai qu’en un an de temps, avec Alex Rider, ma position en Angleterre s’est modifiée. J’étais connu et on s’arrachait mes livres... Mais seulement d’Alex Rider.
Pour tous les autres plus fantastiques, il est plus difficile de percer. En France, il y a plus d’envie de diversité. Un auteur ne reste pas cantonné à un seul genre.

« Les éditeurs sont potentiellement idiots ! »

La sortie du film et son succès éventuel ne vous mettent-ils pas la pression pour l’écriture des prochains romans ?

Je suis un peu nerveux, c’est vrai. En fait je suis passé du statut d’écrivain à celui d’araignée au milieu d’une toile gigantesque. Moi, je ne suis qu’un auteur avec son crayon et son papier et j’écris les histoires. Mais autour d’Alex Rider s’est montée une véritable industrie, faisant vivre des centaines de personnes. Le merchandising est prêt. Avec le film vous pourrez porter des chaussettes Alex Rider, dormir dans des draps Alex Rider, vous brosser les dents avec Alex Rider et jouer avec les figurines du film.
C’est assez effrayant car tout cet intérêt et cette pression peuvent faire exploser l’auteur en vol. Et je ne tiens pas à être détruit. Maintenant, pour que cela arrive, il faut que le film soit un succès. Et là, personne ne peut le prévoir.

Quels sont vos projets ?

Il y en a beaucoup, je ne peux pas me plaindre. D’abord, je termine le second roman de la série « Raven’s Gate » qui s’intitulera “Evil Star” et qui devrait se passer au Pérou. Puis je travaillerai sur le troisième tome qui se déroulera lui aux États-Unis avec des jumeaux télépathes comme protagonistes. Ensuite, je me lancerai dans le 7ème roman d’« Alex Rider ». Puis écriture du scénario du second film d’« Alex Rider ». Et enfin j’ai des projets à la télévision et au théâtre. S’ennuyer ? Connais pas !

Auriez-vous un petit conseil à donner à des écrivains aspirants ?

Je ne vais pas innover en vous disant que plus vous écrirez, plus vous progresserez. Il faut tout le temps écrire, ne jamais se brider, ne se mettre aucune barrière dans ce que l’on veut raconter. Et surtout il faut persévérer. La différence entre un écrivain connu et un écrivain qui ne réussit pas, c’est que le second a abandonné en route. Si vous persistez, vous réussirez.
Pour ma part, j’ai croulé sous les refus d’éditeur. Mais je n’ai jamais douté que j’allais un jour percer. Et puis il faut garder à l’esprit que les éditeurs sont potentiellement idiots.
La preuve ? En Angleterre, au moins cinq ou six éditeurs ont refusé le manuscrit d’« Harry Potter » (en France aussi ! NDLR). Alors ?!


Remerciements particuliers aux équipes de Hachette Jeunesse et à Anthony Horowitz.

© photos interview : M. Espinosa (Yozone, 2006). Couvertures et affiches (éditeurs et producteurs).


BONUS YOZONE

Interview exclusive Anthony Horowitz
La bande annonce de « Alex Stormbreaker » en VO-ST
Les critiques de « Raven’s Gate : Le Pouvoir des Cinq (T.1) », de « Evil Star : Le Pouvoir des Cinq (T.2) », « Arkange : Les Aventures d’Alex Rider (T.6) ».


Propos recueillis par


Michael Espinosa  




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