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Ghost & Lady (T2)
Kazuhiro Fujita
Ki-oon Seinen

Suite à sa rencontre avec le fantôme du chevalier d’Eon, Grey raconte à Florence sa triste fin et le lien de haine qui le lie à d’Eon. Toutefois, la vie dans l’hôpital de Scutari ne s’améliore pas du tout. Tous les efforts faits par Florence sont réduits à néant par le travail de sape réalisé par John Hall, qui ne supporte pas que cette femme ose remettre en cause sa façon de gérer son hôpital. D’ailleurs, pourquoi tant s’en faire pour cette vermine venu du fin fond de l’Angleterre et qui ne mérite pas plus d’intérêt que les vers qui pullulent sur leurs plaies. Pourtant, Florence ne désarme pas une seule seconde, n’hésitant pas avec ses infirmières à laver les latrines afin de diminuer l’insalubrité dans laquelle se retrouvent les blessés ramenés du front. Voyant Florence se démener sans relâche, Grey décide de lui apprendre les règles de base de la guerre, car bien une guerre qu’elle doit mener contre Hall et ses manigances. Et pour le contrecarrer, Florence se doit d’être plus maligne que lui.



Tous les jours, Florence écrit au ministre de la guerre pour exiger de lui l’envoi d’une commission d’enquête sanitaire afin de faire la clarté sur les conditions dans lesquelles sont parqués les blessés. Florence se fait peu à peu de précieux allié comme ce journaliste du Times ou encore un député. Mais de son côté, Hall ne reste pas inactif, privant Florence de provisions qui pourraient sauver quelques-uns de ses patients. Mais surtout n’en pouvant plus, il profite d’un soir où Grey s’est éloigné pour comprendre qui était derrière les actes du chevalier d’Eon, pour envoyer une poignée de soldats afin de tuer Florence. Malheureusement, Grey n’a pas fait que la conversion à Florence, il lui a également appris les bases de l’autodéfense pour justement pallier à ce genre d’accident. Et ce n’est pas une frêle jeune femme sans défense qui fait face à la poignée de soldats désœuvrés. Grâce aux techniques de combat apprises, la jeune femme parvient à se défaire de ses agresseurs et alerter un jeune sous-officier de passage.

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Grey est de retour pour nous expliquer enfin comment deux balles ont fini par fusionner. Après avoir raconté sa sinistre mort, nous retournons dans l’hôpital Scutari. Il faut savoir que ce passage de l’histoire de Florence Nightingale est tiré de la biographie de la célèbre infirmière. Evidemment, le côté surnaturel est de la pure fiction, mais l’état de l’hôpital qu’a découvert Florence en Crimée était réellement catastrophique et la jeune femme de l’époque s’est vraiment battue comme une lionne afin de faire intervenir la commission d’enquête sanitaire. La base historique étant bien là, Kazuhiro Fujita a surfé dessus pour y ajouter son fantôme et son conflit incessant avec le chevalier d’Eon. Quelle sinistre fin pour cet espion français ! La frêle jeune femme qu’était Florence en apparence prend peu à peu de la confiance et une véritable force de caractère. Incroyable bourreau de travail, les soldats lui donnent le surnom de la dame à la lampe. C’est là toute l’intelligence de Kazuhiro Fujita de mélanger des références tirées de la vraie vie de Florence Nightingale avec le récit romancé du fantôme Grey. Je vous laisse découvrir par vous-même qui sont les personnages ayant existé et ceux tout droit sortis de l’imagination de Kazuhiro Fujita, en tout cas le mangaka parvient à nous faire ressentir l’horreur de la situation dans laquelle s’est retrouvée Florence dans un hôpital totalement pollué, plus dangereux pour les blessés que la guerre elle-même.

Peu à peu, les alliés de Florence se font plus présents et soutiennent cette dernière. Mais surtout la relation entre Grey et elle change du tout au tout, d’abord par l’attention que Grey lui porte, finissant par agir en totale contradiction avec la raison première de sa présence auprès de Florence : la tuer quand elle serait dans la dépression la plus profonde. Alexis Soyer a par exemple réellement aidé Florence à améliorer la vie des blessés par ses bons petits plats (zut, j’avais dit que je vous laissais tout découvrir). Il mourut à 49 ans après quelques années au service de Florence. D’ailleurs, l’histoire de Grey ne s’arrêtera pas à celle des deux balles, le fantôme nous réserve une ultime surprise qui ne sera pourtant pas vraiment un happy end. Car Kazuhiro Fujita est décidément un conteur-né, capable de trouver la meilleure fin sans dénaturer son récit, trouvant toujours la bonne conclusion qui saura émouvoir même le plus dur des lecteurs. “Ghost & Lady” est une petite pépite. Certes, il faut adhérer au style graphique du mangaka, pas toujours simple d’accès, mais la qualité des personnages, la grande lisibilité de son dessin et la force de ses scènes d’action font de ses œuvres des titres à ne rater sous aucun prétexte. L’importance du contexte historique est un plus indéniable qui pousse le lecteur à en savoir plus sur les personnages, à ouvrir autre chose qu’un manga pour progresser dans l’histoire.

Ce deuxième tome de “Ghost & Lady” clôt en beauté cette deuxième visite du Black Museum. Et j’espère pouvoir y faire bientôt un nouveau tour.


Ghost & Lady (T2)
- Auteur : Kazuhiro Fujita
- Traducteur  : Sébastien Ludmann
- Éditeur français : Ki-oon
- Format : 130 x 180, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination  : 288 pages
- Date de parution : 21 septembre 2017
- Numéro ISBN  : 979-10-327-0135-5
- Prix : 8,65 €


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KUROHAKUBUTSU-KAN GHOST AND LADY © Kazuhiro Fujita / Kodansha Ltd.
© Edition Ki-oon - Tous droits réservés


Frédéric Leray
10 juin 2018






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