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Infection (T2)
Toru Oikawa
Delcourt-Tonkam

Alors que le groupe d’Haruki se retrouvait isolé en bordure de forêt, une troupe de sapeurs-pompiers arrive pour les sauver. Finalement, nos héros doivent cette intervention au GPS dans leur téléphone portable. Pour une fois, le gouvernement japonais a eu une réaction intelligente en imposant aux opérateurs téléphoniques de permettre le repérage des survivants... mais aussi des porteurs. Et parfois, cela n’a pas que du bon. En voyant leur radar indiqué une arrivée massive de contaminés dans leur direction, les pompiers obligent le véhicule transportant les enfants à accélérer, mais ce dernier finit par percuter un bus de plein fouet. Toutefois, le bus n’est pas sans passagers, bien au contraire, une foule de porteurs s’apprêtent alors à descendre. Heureusement un curieux pompier intervient alors que la situation dégénérait, un pompier capable de foncer dans un tas de porteurs...



Haruki et son groupe ont atteint la zone sécurisée de Kawa-uchi. Ils y retrouvent des survivants de l’école de Kaori, qui ont pu être récupérés à temps par les pompiers. Les retrouvailles sont chaleureuses car la sœur d’Haruki est parvenue à leur faire garder espoir jusqu’à l’intervention des pompiers. Le cauchemar semble alors vouloir enfin s’arrêter pour les lycéens... mais ce n’est bien sûr qu’une impression. Car si Haruki réussit sans difficulté à passer les examens obligatoires pour rester dans la zone, ce n’est pas le cas de Kaori. Dans sa course folle pour sauver les enfants, la jeune fille a été mordue au pied et les règles de Kawa-uchi sont implacables : les personnes contaminées sont isolées du groupe afin d’être mises en observation, même si les chances de survie sont quasiment nulles. Haruki ne peut accepter de savoir sa sœur au milieu de monstres, en train d’agoniser seule, mais les responsables de l’hôpital n’acceptent aucune dérogation à la règle, il aura droit à des visites, mais à des heures précises. Cette situation lui est intolérable et Haruki n’a alors qu’une seule idée en tête : ramener sa sœur chez eux pour qu’elle meurt en paix. Mais l’enlever ne sera pas des plus aisés....

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Le tome 1 nous avait présenté le duo composé de Haruki et de sa sœur Kaori comme fusionnel, incapable de se séparer l’un de l’autre, et le lecteur pouvait croire que ce duo ferait les choux gras de la série. Mais Toru Oikawa ne comptait pas se satisfaire d’un scénario aussi bateau et il va refroidir ses lecteurs dès le début de ce deuxième tome. Certes Haruki est bien entouré côté gent féminine mais devoir perdre sa petite sœur alors qu’il avait mis sa vie en danger pour la récupérer est un sort des plus cruels. Le mangaka va toutefois montrer tout le respect qu’il pouvait avoir pour son personnage. Oui, il a condamné très rapidement une bien sympathique jeune fille qui engendrait l’empathie et le bonheur autour d’elle. La mort de Kaori est comme la fin d’un symbole d’espoir. Et le pire est que le mangaka doit faire passer le désir de son frère de permettre à sa sœur de mourir dignement comme étant un acte des plus égoïstes. Car dans un monde où règne le chaos et où les porteurs sont impossibles à soigner, le privilège que souhaite Haruki apparaît comme déplacé, comme la preuve d’un grand égoïsme. Ce raisonnement est toutefois tout aussi critiquable car finalement Haruki ne met personne en danger hormis lui-même et lui interdire de ramener chez lui sa sœur peut tout autant apparaître comme une décision arbitraire, dictatorial.

Si une suspicion peut légitimement naître sur les docteurs en activité à Kawa-uchi, il est important de noter la mise en valeur des sapeurs-pompiers. Ce corps de métier n’est que rarement aussi bien mis en avant. Les pompiers sont ici traités comme des héros, mais ce n’est pas un hasard. Toru Oikawa nous dépeint ces derniers comme les véritables derniers samaritains, mettant leur vie en jeu pour sauver les autres et ne pouvant se satisfaire de ne pouvoir sauver tout le monde même s’ils sont parfaitement conscients qu’ils ne peuvent intervenir pour aider une seule personne. Le groupe que nous allons suivre est très hétéroclite avec un personnage surprenant en Kamishiro. Ses capacités sont hors du commun, à la limite du surnaturel, mais pour le moment, rien n’indique que cette escouade de pompiers ait des pouvoirs particuliers. Ce qui est mis en avant est surtout leur abnégation, les valeurs qui leurs sont propres. En tout cas, “Infection” prend un curieux virage, devenant une publicité grandeur nature pour une très noble profession, dans une situation qui oblige à pousser à l’extrême ses règles et sa morale dans l’action contre les porteurs.

“Infection” est donc devenu une vitrine pour la profession de sapeur-pompier. Pourquoi pas, si le scénario parvient à garder toute sa force.


Infection (T2)
- Auteur : Toru Oikawa
- Traducteur  : Maxime Bonnet
- Éditeur français : Delcourt-Tonkam
- Format : 128 x 182, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination  : 192 pages
- Date de parution : 4 avril 2018
- Numéro ISBN  : 978-2-4130-0746-3
- Prix : 7,99 €


A lire sur la Yozone :
Infection (T1)


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Frédéric Leray
28 mai 2018




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