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Velvet (T3) L’homme qui vola le monde
Brubaker & Epting
Delcourt

Velvet Templeton court après la vérité. Autrefois secrétaire du directeur d’une agence de renseignements, elle s’est intéressée de trop près à la mort d’un agent. Tout s’est alors déchaîné autour d’elle, l’obligeant à prendre la fuite et à renouer avec son passé d’espionne.
Alors que tous les agents sont à sa poursuite, la seule option qui lui reste est de mettre toute la lumière sur l’affaire, ce qui lui permettrait peut-être de ne plus être une paria. Mais pour ce faire, elle doit retourner dans l’antre du pouvoir, c’est-à-dire à Washington, donc dans la gueule du loup.



“L’homme qui vola le monde” clôt la trilogie présentée dans le dossier de presse comme le premier cycle de “Velvet”, ce qui pourrait signifier que l’héroïne est sensée revenir.
Comme mentionné dans les chroniques d’Avant le crépuscule et d’Avant de mourir, les deux premiers tomes, Velvet Templeton tient tout du James Bond au féminin.
Toutefois, Ed Brubaker et Steve Empting ont su l’imposer aux lecteurs en tant que personnage à part entière, le premier par un scénario musclé faisant la part belle aux exploits de Velvet et le second par une esthétique bien vue, en ne dédaignant pas les clins d’œil à l’agent 007. Dans cet album, la case ci-dessous fait immanquablement penser au film “James Bond 007 contre Dr No” avec la scène mythique d’Ursula Andress sortant de l’eau.

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Comme tout bon scénario d’espionnage, l’histoire est alambiquée, chacun cache son jeu, essayant de raisonner avec un, voire plusieurs coups d’avance comme aux échecs. La confiance est un luxe auquel Velvet ne peut s’abandonner, elle doit toujours rester sur ses gardes. Pour réussir, elle combine violence et séduction, tous les moyens sont bons, seul compte le but à atteindre : la vérité. On peut même dire qu’elle gagne le respect des hommes à ses trousses. S’il la sous-estimait au départ, la voyant comme une simple secrétaire, il la découvre tigresse. D’ailleurs, l’affubler d’une tenue expérimentale de cuir noir tient de la bonne idée. Cela lui autorise les plus folles acrobaties comme de se jeter du haut d’un immeuble, mais offre aussi un côté esthétique plaisant.

Le récit se raccroche à un fait marquant du XXe siècle que les lecteurs comprendront rapidement par les allusions à un président des États-Unis au cœur d’un énorme scandale. Velvet prouve pour l’occasion qu’elle ne recule devant rien et n’a rien à envier à son alter ego masculin.

Graphiquement, Steve Empting sait insuffler de l’énergie aux scènes de combat, il traduit aussi très bien la tension animant les protagonistes. Le découpage des planches et la colorisation d’Elizabeth Breitweiser, à dominante sombre comme la tonalité du récit, apportent de la force à l’ensemble et permettent une bonne immersion des lecteurs dans l’affaire.

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“Velvet”, un comic plein d’énergie qui a su imposer une héroïne féminine sur les terres de James Bond. Une femme dans un univers de machos et qui leur en remontre, voilà qui mérite d’être salué, d’autant que la série est de qualité.
Espérons qu’elle est effectivement appelée à se poursuivre à travers d’autres épisodes, tout aussi riches en émotions et en action.


(T3) L’homme qui vola le monde
- Série : Velvet
- Scénario : Ed Brubaker
- Dessin  : Steve Epting
- Couleurs : Elizabeth Breitweiser
- Traduction : Jacques Colin
- Éditeur : Delcourt
- Collection : Contrebande
- Dépôt légal : 14 juin 2017
- Format : 19 x 28,4 cm
- Pagination : 128 pages couleurs
- Numéro ISBN : 978-2-7560-6214-3
- Prix public : 16,95 €


À lire sur la Yozone :
Velvet (T1) Avant le crépuscule
Velvet (T2) Avant de mourir


Illustrations © Steve Epting et Delcourt (2017)


François Schnebelen
16 septembre 2017






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