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Capitaine Futur, tome 1 : L’empereur de l’espace
Edmond Hamilton
Le Bélial’, Pulps, roman traduit de l’anglais (États-Unis), space opera, 206 pages, mars 2017, 14,90€

Le cerveau d’un scientifique dans un bocal, un robot de 2,10 m de haut, un androïde pouvant modeler son apparence à volonté, à savoir Simon Wright, Grag et Otho, ont élevé dans une station lunaire Curt Newton, plus connu sous le nom de Capitaine Futur.
Ce géant roux est célèbre dans tout le système solaire et quand les gouvernements planétaires se révèlent impuissants face à une menace, ils font appel à Capitaine Futur pour l’éradiquer.
De nombreux cas d’atavisme sur Jupiter poussent le justicier à sortir de son repaire secret et à affronter l’empereur de l’espace.



Comment ne pas faire le parallèle avec Capitaine Flam, le héros d’anime japonais dans les années 1980, justement inspiré de la création d’Edmond Hamilton ? Le Bélial’ ne s’y trompe pas, les deux premiers tomes publiés conjointement arborent une jaquette Capitaine Flam. Les nostalgiques de cette série animée ne peuvent qu’être attirés par cette parution. Datant de 1940, « L’empereur de l’espace » n’est traduit qu’aujourd’hui, ce qui me semble pour le moins incompréhensible.
« Les rois des étoiles », suivi de « Retour aux étoiles », la trilogie « Les loups des étoiles »... autant de titres qui ont fait rêver des générations de lecteurs. Edmond Hamilton (1904-1977) nous offre la grande aventure avec des space opera flamboyants et, une fois que l’on y a goûté, on ne désire que revivre l’expérience. Toutefois, le tour est assez vite fait, même en arpentant les bouquinistes pour dénicher les titres jamais réédités.
Aussi est-ce une excellente nouvelle que « Capitaine Futur » débarque enfin en francophonie.
La couverture de Philippe Gady illustre parfaitement l’esprit de cette série et colle à l’histoire de « L’empereur de l’espace » en conservant l’esprit pulps.

Des humains régressent, retournant à l’état simiesque. Quel est le mal qui sévit sur Jupiter et menace les autres planètes ? Capitaine Futur et ses amis doivent affronter le redoutable empereur de l’espace. Qui est-il ? D’où détient-il cette technologie dépassant les connaissances de l’époque ? Curt n’hésite pas et prend tous les risques, confiant dans ses capacités surhumaines développées par ses compagnons. Les péripéties s’enchaînent, tout comme les situations périlleuses.

Arpenter Jupiter revient à se promener sur Terre, il suffit de pallier au problème de la gravité au moyen d’une ceinture adaptée. Par contre, l’atmosphère se révèle respirable, une espèce locale vit sur cet astre... Nos connaissances sont mises à mal tout du long, même si Edmond Hamilton développe à maintes occasions l’aspect scientifique. Et alors, dirais-je ?
La magie opère et le lecteur oublie l’absence de vraisemblance. Le récit l’emporte, le plaisir naît des pages, chacun retrouve ce sense of wonder propre au space opéras des débuts.

Si « Les vandales du vide » de Jack Vance, le premier volume de la collection Pulps, accuse clairement son âge alors qu’il est plus récent (1950), la série du « Capitaine Futur » se révèle d’un tout autre calibre. C’est du space op’ qui fait oublier ses défauts inhérents à l’ancienneté, par une aventure de tous les instants avec un grand A. La galerie de personnages marque les esprits et ensemble ils sont capables de surmonter toutes les épreuves. En leur compagnie, les lecteurs peuvent se promener sur les surfaces les plus inhospitalières en toute insouciance et sans tiquer. La magie Edmond Hamilton fonctionne à plein.

Datant de 1940, les deux premiers tomes (« L’empereur de l’espace » et « À la rescousse ») sont enfin disponibles chez nous. De quoi en prendre plein les yeux dans l’attente d’autres traductions de « Captain Future ». Heureusement que Capitaine Flam nous a permis de patienter, tout en nous faisant saliver ! En les lisant, vous découvrirez tout ce que les productions « Star Wars », « Battlestar Galactica »... lui doivent.
Une très belle initiative à saluer et à encourager !


Titre : L’empereur de l’espace (Captain Future and the Space Emperor, 1940)
Série : Capitaine Futur, tome 1
Auteur : Edmond Hamilton
Traduction de l’anglais (États-Unis) : Pierre-Paul Durastanti
Couverture : Philippe Gady
Éditeur : Le Bélial’
Collection : Pulps
Directeur de collection : Pierre-Paul Durastanti
Site Internet : Roman (site éditeur)
Pages : 206
Format (en cm) : 13 x 20
Dépôt légal : mars 2017
ISBN : 978-2-84344-916-1
Prix : 14,90 €


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François Schnebelen
23 mars 2017






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