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Dead Tube (T2 et 3)
Mikoto Yamaguchi, Touta Kitakawa
Delcourt-Tonkam

Ils lui ont tous menti ! Tomohiro découvre que les membres du club d’études cinématographiques l’ont utilisé afin de réaliser un film pour Dead Tube, ce nouveau site aux règles des plus perverses. Ceux participant aux défis de Dead Tube se doivent d’obtenir le plus grand nombre de vues possibles avec leur film. Le gagnant remporte une somme d’argent colossale. Mais le perdant doit assumer non seulement les frais des autres participants mais également les peines pour tous les délits commis. Sachant que les meurtres et les viols rapportent le plus de « clic », l’enjeu est donc colossal. Mais à ce moment, Tomohiro est juste dégoûté par l’attitude de ceux qu’il pensait être ses amis et qui l’ont poussé à tuer Mai à coups de batte... Bon, pas vraiment la tuer car en fait, Tomohiro doutait de la sincérité de ses soi-disant amis. Il est temps pour Mai d’entrer en scène et pour lui, de réaliser le film le plus gore possible. Car il est lui aussi inscrit comme participant au défi de la semaine : filmer le suicide de leur manager...



Un nouveau défi est apparu sur Dead Tube : filmer pendant une semaine une certaine Eri Betsuki. Seulement, la jeune femme est également la nouvelle professeure principale de la classe de Tomohiro. Et une camarade de classe du jeune homme s’est lancé dans le tournage de la vie quotidienne de la prof sans se renseigner réellement sur les conséquences d’un mauvais classement. Il faut dire que sa première vidéo a eu un franc succès, lui donnant confiance, et malgré les avertissements de Tomohiro, elle poursuit ses tournages. Seulement un autre groupe a également relevé le défi et ils sont plus trash que la pauvre Miwa. Et plus le temps passe, plus la seule possibilité de finir en tête est de tuer la prof. Le groupe d’élèves a choisi cette option agrémentée d’un petit plus : un viol collectif. Malgré les avertissements de Tomohiro, Eri refuse de croire qu’elle risque vraiment sa vie. Et pour une bonne raison... Comprenant qu’elle est perdue si elle reste seule, Miwa demande l’aide de Tomohiro et Mai. Les affaires sérieuses commencent et surtout une surprise attend les jeunes violeurs : Eri n’attend que cela et même bien plus qu’ils ne sont capables de lui donner, pour leur malheur...

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Nous retrouvons donc notre couple de pervers, adepte du site Dead Tube. En fait, la fin du tome 1 nous laissait avec Tomohiro fracassant le crâne de Mai. Quoi ? Mikoto Yamaguchi tuait son anti-héroïne dès le premier tome ? Difficile à croire et ce ne sera évidemment pas le cas, mais cela nous démontre surtout que Tomohiro, sous ses allures d’élève modèle est un vrai pervers, bandant devant du gore, du sadique. Et il sera gâté avec Mai. Toutefois, il reste avec un bon fond, comme si le fait de prendre une caméra changeait en quelque sorte sa personnalité, comme un super-héros revêtant son costume. Le tome 2 va nous en dire plus sur Dead Tube et les règles à respecter. Nous comprendrons également pourquoi les participants se permettent de massacrer n’importe qui en toute impunité... ou presque car le perdant supporte toutes les charges à la place des autres participants, qu’elles soient financières ou pénales. Cette pression explique également le besoin d’aller toujours plus loin dans la violence pour récupérer le plus de vues : sexe et violence, la base de la plus pure perversion humaine, ce qui attise le côté malsain de chacun d’entre nous, avec en prime une douce odeur d’impunité pour ceux regardant le site comme pour les participants. Mais les risques sont mortels comme les histoires suivantes vont nous le rappeler.

Suivront de petites histoires s’attaquant à différentes perversions ou jouant sur des défis aberrants comme la vidéo du meilleur suicide. Tomohiro apparaît alors non pas comme un simple voyeur, utilisant sa caméra comme d’un phallus, mais comme un pervers pervertissant la perversion des autres... Euh, suis-je clair ? Si oui dorénavant appelez moi docteur Freud ! En tout cas, Tomohiro prend une tout autre envergure au fil des histoires, plus mûr, ayant parfaitement assimilé les finesses des défis sur Dead Tube, mais ayant aussi comme instinctivement le bon scénario pour attiser le désir glauque des adeptes des vidéos de Dead Tube. Au point que Mai est rapidement passée d’organisatrice à simple figurante des vidéos. D’ailleurs, elle ne fait que savourer les idées morbides de son acolyte, ayant compris qu’il était une petite pépite devant lui rapporter un maximum d’argent. Tout est politiquement incorrect dans cette série car le meurtre, le viol et toutes les formes extrêmes d’humiliation sont non seulement récompensés mais surtout plébiscités pour pousser les auteurs des vidéos à aller toujours plus loin. Des zones d’ombres persistent sur les gestionnaires de Dead Tube. Comment peuvent-ils faire accepter et même ignorer de si nombreux meurtres. On aurait pu penser que la zone d’action se situait autour du lycée de Tomohiro, mais la dernière histoire, dont nous connaîtrons la fin au prochain tome, nous prouve que non, bien au contraire.

Même si le dessin est un peu facile, avec des personnages ayant la dextérité d’une poupée Barbie, rien n’est épargné au lecteur, ni le sexe, ni la violence. On en vient même à se demander si les deux mangakas se sont donnés des limites... Mais le souhaite-t-on réellement ? Pas si sûr car nous avons tous notre côté obscur...


pour public averti

Dead Tube (T2 et 3)
- Scénario : Mikoto Yamaguchi
- Dessin : Touta Kitakawa
- Traduction : Fabien Nabhan
- Éditeur : Delcourt-Tonkam
- Collection : Seinen
- Format : 128x182 mm
- Pagination : 224 pages
- Dépôt légal : 14 septembre et 30 novembre 2016
- Numéro ISBN : 978-2-7560-8101-4 ; 978-2-7560-8272-1
- Prix public : 7,99 €


A lire sur la Yozone :
Dead Tube (T1)


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Frédéric Leray
6 janvier 2017






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