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No Game No Life (T1)
Yuu Kamiya, Mashiro Hiiragi et Yuu Kamiya
Ototo

Un joueur est devenu une légende dans le monde des MMORP. Un joueur capable de vaincre une guilde entière à lui tout seul. Personne ne sait réellement qui il est, son pseudo est tout simplement [ ]. On le surnomme néant, mais si beaucoup pensent qu’il s’agit d’un tricheur, personne n’a encore été capable de trouver comment ni même si ce joueur existe réellement. Les bruits les plus saugrenus circulent à son sujet, mais tous sont loin d’imaginer que derrière cet étrange pseudo se cachent un frère et sa jeune sœur. Sora et Shiro, un duo inséparable, devenu de vrais No Life, ne vivant qu’à travers les jeux vidéos. Mais un jour, ils reçoivent un étrange mail qui les défie à un simple jeu d’échec. Passant avec un peu de difficulté ce test, leur mystérieux interlocuteur leur demande alors s’ils aiment le monde où ils vivent ou s’ils préféreraient vivre ailleurs. La réponse des deux ne se fait pas attendre : leur monde est un jeu totalement pourri. Alors qu’il en soit ainsi, Sora et Shiro se voient offrir la chance de renaître dans un autre univers !



C’est ainsi que Sora et Shiro atterrirent dans le royaume d’Elchea. Bon dans un premier temps, ils eurent du mal à croire que ce gamin qui les a recrutés était bel et bien le dieu protecteur de ce monde. Toutefois, les règles que ce gentil dieu a imposées aux races vivant sur cette planète sont faites pour eux. En fait, ce dieu a purement et simplement banni toute violence de cet univers. Dorénavant, les conflits et les guerres doivent se régler par des jeux. Toutefois, dix règles faisant loi encadrent ces jeux. Mais quelles que soient ces règles, Sora se sent enfin chez lui. Et nos deux compères arrivent à un moment crucial pour le royaume. Le roi a décidé que son successeur devait être le plus grand des joueurs. Il a donc organisé un grand tournoi de jeu pour désigner le prochain suzerain. Evidemment, la petite fille de l’ancien roi participe à ce tournoi, mais malheureusement pour elle, elle ne possède aucun don pour les jeux. Sora tente bien de l’avertir que son adversaire est en train de tricher, mais rien n’y fait, la dernière héritière se fait sottement éliminer. Mais cette dernière ne peut laisser passer le fait que les deux étrangers ne lui aient pas prêté main forte et Stéphanie compte bien prendre sa revanche... sur ces deux-là au moins.

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“No Game No Life” est l’adaptation de la nouvelle de Yuu Kamiya par lui-même. L’auteur va non seulement travailler sur le scénario de la version manga, mais il va également prendre les pinceaux pour le mettre en image. Une belle performance qui peut également expliquer la limpidité de l’histoire et la facilité avec laquelle l’auteur nous entraîne dans son univers assez original. Bon, voir une série sur les jeux multijoueurs éditée par Ototo n’est plus du tout une surprise, l’éditeur se spécialisant presque dans ce style de série. Comme dans Overlord, nous suivons un joueur d’exception qui s’avère en réalité être une fratrie : Sora le frère aîné et Shiro la petite sœur. Ce sont deux No Life qui ne se sentent pas bien dans le monde réel, un monde qui ne respecte pas les règles du jeu et qui ne permet pas à leur génie de se développer. Alors quand on leur offre la possibilité de pouvoir enfin s’épanouir dans un monde régi par les jeux, les deux ne peuvent pas refuser. Sora est présenté et dessiné avec une forme d’arrogance, de sentiment de supériorité qui tombe dès qu’il s’agit de relation intime avec une fille. L’auteur va évidemment jouer sur cette faiblesse pour donner un peu d’humanité aux deux personnages qui semblent parfois tellement condescendants qu’ils en deviennent exécrables. Mais ils demeurent nos deux héros, et il est important que le lecteur s’y attache. La révélation rapide de leurs faiblesses permet alors de mieux accepter leur attitude arrogante. D’un autre côté, dans un monde où le jeu est roi, les tricheurs en sont les meilleurs souverains.

Yuu Kamiya est secondé dans le dessin par Mashiro Hiiragi. La jeune mangaka n’hésite pas à jouer aussi une carte un peu sexy avec les personnages féminins, même si le héros rappelle régulièrement qu’il n’est pas question qu’il tombe dans le détournement de mineur ! Sora s’avère ici des plus moralistes, se refusant à tomber dans une relation qui pourrait choquer... principalement le public occidental, ce tabou n’étant pas aussi impénétrable au Japon. En tout cas, que Sora se focalise énormément sur l’âge des jeunes filles qu’il fréquente prête largement à sourire. Graphiquement, les deux mangakas s’en tirent largement. Certes, l’accent est surtout mis sur les personnages, mais les rares éléments de décors ont souvent leur importance et ne sont pas négligés le moins du monde. Il faut reconnaître que le travail fourni est de grande qualité et la lecture de ce premier tome est un petit plaisir que l’humour inhérent à ce genre de série ne fait qu’accroître. Le lecteur s’attache rapidement à ces deux geeks, imbus d’eux-mêmes mais qui possèdent de nombreuses faiblesses qui risquent évidemment de se retourner un jour contre eux. L’histoire d’amour imposé à la pauvre Stéphanie change de l’ordinaire, tout est fait pour que le lecteur soit surpris et s’intéresse à ces personnages réellement originaux et atypiques.

“No Game No Life” apporte un sympathique vent de fraîcheur dans ce type de série et pourrait devenir rapidement une de nos série fétiches.


No Game No Life (T1)
- Scénario : Yuu Kamiya
- Dessin : Mashiro Hiiragi, Yuu Kamiya
- Traducteur  : Benjamin Moro
- Éditeur français : Ototo
- Format : 128 x 179, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination  : 160 pages
- Date de parution : 16 mars 2018
- Numéro IBSN : 9782377171002
- Prix : 7,99 €


© Mashiro Hiiragi / Yuu Kamiya 2013 KADOKAWA CORPORATION
© Edition Ototo - Tous droits réservés



Frédéric Leray
6 mai 2018




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