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Distopiary (T3 et 4)
Fumitaka Senga et Tellmin
Pika

Le roi du mal s’est incarné dans le cirque du Malboge tout entier. Et parmi les membres de la troupe devenue l’incarnation du mal se trouve l’ancienne partenaire de Tolza, Armi la mycicultrice hyphique. Etant apparu dans la strate 3, le cirque ne peut provoquer le chaos que dans cette strate. Bon, est-ce par la plus grande des malchances ou un hasard bien malicieux que notre exterminateur préféré se retrouve déjà dans cette fameuse strate ? En tout cas, Tolza se retrouve sous le feu des projecteurs de la cité des médias. Le maire, sous ses airs un rien débonnaires pour ne pas dire incompétents, sait parfaitement à quel genre de caste appartient Tolza et surtout il connaît le secret de leur pouvoir capable de vaincre le roi du mal. Et malheureusement pour la cité, trois membres de la troupe du cirque Malboge font leur apparition dans sa ville, et parmi eux Armi. Cette dernière ne tarde pas à lancer ses terribles spores capables de tuer ceux qui les inhalent. Tolza se retrouve contraint d’intervenir alors qu’il n’a pas encore le niveau nécessaire pour affronter même Armi. Heureusement, le maire de la cité a tout prévu.



Tolza est parvenu à vaincre Armi mais les deux autres membres du cirque se sont enfuis sans avoir subi trop de dommages. Par contre, l’exterminateur a payé le prix de son terrible pouvoir : une jambe et quelques doigts. Il faut dire que ses collègues ne se sont pas bousculés pour venir l’aider. Entre ceux qui ont fui lâchement et ceux qui sont déjà morts, il ne reste en réalité que six exterminateurs en lice pour vaincre le roi du mal. Tolza est donc loin d’avoir fini de souffrir dans cette lutte. Toutefois, la petite troupe l’accompagnant ne se limite plus à son observatrice. Nonn Nomepp, le conseiller du maire de la cité des médias, en fait désormais partie. Ce dernier veut pouvoir se faire une idée plus proche de la réalité de ces exterminateurs qu’il déteste plus par facilité qu’autre chose. Car comment ne pas avoir de l’aversion pour ces hommes tuant leurs compagnons pour gagner de la puissance ? Toutefois, Tolza est loin d’être le pire du lot. Et l’observatrice Rakiya va l’apprendre à ses dépens. Il lui a été confié la surveillance d’Azoth, l’exterminateur aux flacons. Ce dernier était jusqu’alors sous la surveillance de Coco, la meilleure amie de Rakiya. Seulement, tout laisse à penser qu’Azoth l’a purement et simplement tuée...

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Cette fois, les protagonistes se sont à peu près tous présentés et la confrontation entre les exterminateurs et le roi du mal peut commencer. Bon, étant en réalité toute une troupe de saltimbanques, le dit roi du mal part tout de même avec un avantage certain sur des exterminateurs non seulement totalement désunis mais aussi loin d’avoir fait leurs preuves. Nous savions comment les exterminateurs parvenaient à atteindre des niveaux très élevés, mais vu ceux des membres du cirque Malboge, c’est tout de même mal barré pour nos héros. Décidément, Fumitaka Senga n’est pas tendre avec son pauvre Tolza. Et pourtant, malgré la réputation pourrie, disons-le franchement, des exterminateurs, cet anti-héros parvient tout de même à nous attendrir. Car si dans les premiers tomes, il ne risquait pas grand-chose, ne faisant qu’utiliser ses compagnons pour gagner en pouvoir, l’utilisation de ce même pouvoir devient vite mortelle. Surtout que, contrairement aux monstres classiques, les incarnations du roi du mal ne se laissent pas vraiment faire et répliquent sans la moindre hésitation. Les confrontations poussent cette fois l’exterminateur au bout de ses forces et il doit payer le prix avec des parties de son corps. Toutefois, seul Tolza a pour le moment affronté le roi du mal et les autres font un peu office de petits joueurs, pour ne pas dire de lâches.

Car si Tolza redore peu à peu le blason des exterminateurs, ses collègues en sont encore loin. Certes, il y a cet exterminateur qui cherche à devenir puissant sans devoir sacrifier d’autres êtres humains. Toutefois, Fumitaka Senga prend plutôt le parti de nous présenter un exterminateur des plus ambigus. Il nous le présente en fait comme une ordure qui utilise ses compagnons non seulement en les tuant mais également en les clonant afin d’avoir le plus possible d’êtres à tuer pour son bénéfice. Toutefois, le lecteur ne peut s’empêcher de s’interroger sur la véritable nature de cet exterminateur, surtout en commençant à connaitre le côté un rien pervers du mangaka. N’est-il pas tout simplement en train de nous mener en bateau ? En tout cas, Azoth ne peut laisser indifférent tout comme Tolza mais dans un style plus malsain. Car peu importe la manière dont il obtient les échantillons pour créer ses clones, leur utilisation n’en demeure pas moins abjecte. Fumitaka Senga pose à travers ce personnage une véritable question éthique sur le clonage qui est loin d’être anodine et est même au cœur même du concept de clonage. En tout cas, ce tome 4 a de quoi faire pas mal cogiter son lecteur... avant qu’il n’entame le cinquième et dernier tome de cette mini-série. Difficile d’imaginer quel subterfuge va bien pouvoir trouver Fumitaka Senga pour clore si rapidement sa série.

Le dernier tome porte une sacrée charge sur ses épaules de papier car une conclusion ratée pourrait gâcher les bonnes impressions données par ces quatre premiers volumes.


A partir de 12 ans

Distopiary (T3 et 4)
- Scénario : Fumitaka Senga
- Dessin : Tellmin
- Traducteur  : Lilian Lebrun
- Éditeur français : Pika
- Format : 130 x 180, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination  : 184 pages
- Date de parution : 31 mai et 16 août 2017
- Numéro IBSN : 9782811634490 ; 9782811634506
- Prix : 7,50 €


A lire sur la Yozone :
Distopiary (T1 et 2)


© Fumitaka Senga, Tellmin’ /SQUARE ENIX CO., LTD.
© Edition Pika - Tous droits réservés




Frédéric Leray
4 mai 2018




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