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Hibakusha
Olivier Cinna et Thilde Barboni
Dupuis, collection Aire Libre

Hibakusha, quatre jolies syllabes, petite musique japonaise au sens si terrifiant. Ce mot désigne ces survivants de l’innommable, marqués dans leur chair et leur âme par la brûlure des bombes d’Hiroshima et de Nagasaki. Thilde Barboni souhaitait raconter l’histoire d’un homme qui ne souhaite pas la guerre, quelqu’un de simple qui subit ce qu’on lui ordonne de faire. Il est un prisonnier de l’Histoire, il peut être considéré comme un allié, mais très vite aussi comme un ennemi, un traître.



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C’est ce qui va arriver à Ludwig, traducteur et interprète qui connaît parfaitement la langue japonaise. Il a déjà vécu au Japon puis est revenu vivre en Allemagne, handicapé suite à une blessure reçue à l’âge de 8 ans, un bête caillou acéré, lancé par le fils du concierge, lui lacère alors un tendon. Il ne dénoncera pas la gamin, découvrant déjà les vertus de la neutralité et du secret, mais il éprouvera toujours la douleur. Une expérience marquante qui lui servira tout au long de sa vie.

Car en 1944, les SS ne lui laissent aucun choix. Il a une heure pour rejoindre un sous-marin qui va l’emmener à nouveau au Japon. Il devra y traduire des documents ultra-secrets, pour une usine de gaz et de produits chimiques, à Hiroshima.

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Là-bas l’attend Ukito, l’enfant de la blessure qui fait encore souffrir. L’un dans son corps, l’autre dans son âme tant il a honte de ce geste stupide de l’enfance. Le destin les réunit, alors que la ville hurle de douleur sous le poids des incessants bombardements américains. Dans cette peur quotidienne, les découvertes horribles que fait Ludwig sur le contenu de ses traductions, l’homme tombe amoureux d’une jeune japonaise qui soigne ses maux, du corps comme de l’âme.
Après la capitulation de l’Allemagne, Ludwig devient un traître aux yeux du Japon. Seules ses traductions, encore utiles, lui évitent d’être fusillé. Il sauvera son amour, juste avant que le 6 août 1945 à 8 h 15, l’éclat effroyable de la bombe ne fige à jamais son ombre dans la pierre.

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Cette histoire, Thilde Barboni l’a d’abord écrite, pour la nouvelle “Fin de transmission”. Avec Olivier Cinna, elle l’a adaptée pour ce délicat moment de bande dessinée, cette formidable histoire d’amour qui se déclare bien au-dessus des exaspérantes aspirations militaires des États. Cinna s’y fait élégance, sensualité, peignant une merveilleuse ode à l’amour, devenue immortelle grâce au symbole d’un Hibakusha, venu dans l’enfer atomique éprouver ses engagements, ses fautes, ses émotions pour donner enfin un sens à sa vie.

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À découvrir pour l’intense charge émotionnelle portée par ce album, dans l’horreur absolue et dans un amour éternel. Beau, délicat et puissant.


Hibakusha
- Scénario : Thilde Barboni
- Dessin et couleurs : Olivier Cinna
- Éditeur : Dupuis
- Collection : Aire Libre
- Pagination : 64 pages couleurs
- Format : 23 x 30,2 cm
- Dépôt légal : 5 mai 2017
- Numéro ISBN : 9782800170732
- Prix public : 18 €


A lire sur la Yozone :
Olivier Cinna, dans le sillage d’Hibakusha


Illustrations © Olivier Cinna et Éditions Dupuis (2017)


Fabrice Leduc
23 octobre 2017






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