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Suicide Squad (T1) La Chambre noire
Rob Williams, Jim Lee, Sean « Cheeks » Galloway, Philip Tan, Ivan Reis, Jason Fabok & Gary Frank
Urban Comics - DC Rebirth

Pas simple d’être une super-vilaine souhaitant se recycler, trouver une forme de réhabilitation sans qu’un comique masqué vienne tout foutre en l’air. Bon, avec sa réputation, Harley Quinn a du mal à trouver un job à la hauteur de ses folles compétences quand soudain, une lettre anonyme lui apporte la solution : devenir psy pour super-vilains en déprime ! Le docteur Harleen Frances Quinzel va reprendre du service, poussin ! Et ça va décoiffer, surtout avec comme premier client Man-Bat. Commencer une thérapie en volant sur le dos de cette chauve-souris géante n’était peut-être pas le plus simple des démarrages, mais quand on est une barge de haut vol, quoi de mieux ! Bienvenue dans le groupe thérapeutique à coups de maillet des Méchants Anonymes ! On y accueille le gratin des vilains : l’Enchanteresse, Poison Ivy, Killer Moth, que du beau monde venu vous expliquer tous leurs points faibles... Finalement, cela peut s’avérer des plus intéressants comme job.



Amanda Waller est la directrice de la Force spéciale X, aussi connue sous le nom de Suicide Squad. Un groupe de super-vilains faisant ce que les services officiels des Etats-Unis ne peuvent se permettre de faire. Un groupe de barges qui peuvent mourir en mission sans que cela n’arrache la moindre larme à quiconque. Mais quand le président découvre l’existence de ce groupe, les affaires commencent à prendre une tournure plus compliquée. Toutefois, Waller n’a pas l’habitude de tergiverser ou de faire de la diplomatie. Le président veut jouer les vierges effarouchées ? Pas de problème, elle lui propose que la Suicide Squad soit dirigée par un militaire au-dessus de tout soupçon, un multi-médaillé, le gendre parfait : Rick Flag. Seul souci, il croupssaiit à Guantanamo pour avoir refusé un ordre qui risquait de mettre ses hommes en danger. Il s’est ensuite mis à dos une huile qui l’a fait disparaître, mais pas assez loin pour Waller. Et pour une première mission, quoi de mieux que d’ex-filtrer un petit génie ayant créé une bombe transformant tous ceux dans son rayon d’action en méta-humains pendant 36 heures ? Surtout qu’il est détenu en Mongolie Intérieure, le genre de coin où les Navy Seals ne mettent pas leur nez.

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Ma curiosité ayant été titillée par le dossier de notre cher Fabrice sur la nouvelle collection Rebirth de DC Comics, je me suis laissé tenter par quelques titres dont ce “Suicide Squad”. Je n’avais pas caché mon agréable surprise en découvrant le film de David Ayer, et voyant que l’excellent Jim Lee était de l’aventure pour la renaissance des fous furieux de la Force spéciale X, je n’ai pas hésité longtemps sur mon premier choix. Ce n’est pas la première fois que Jim Lee donne un bon coup de neuf à des super-héros, il avait déjà aidé les éditions Marvel à ressusciter les “4 Fantastiques” après la fin apocalyptique de la saga des X-Men, “Onslaught”. Après les “Heroes Reborn” de Marvel, Jim Lee prend en main le DC Rebirth de “Suicide Squad”.

Attention, « Rebirth » ne signifie pas un total re-boot de la série. Si l’idée était de créer une cohérence avec le film, Rob Williams a pris le parti d’introduire réellement uniquement Rick Flag, le Navy Seal chargé de les chaperonner. En fait, la première histoire est même un peu déboussolante puisque s’intéressant principalement au personnage d’Harley Quinn dans une version délirante des Alcooliques Anonymes devenus les Méchants Anonymes. Il faudra attendre la toute fin de l’histoire pour faire le lien avec la Suicide Squad et lancer réellement ce premier tome. D’un autre côté, le personnage d’Harley Quinn étant clairement mon préféré, je ne vais pas me plaindre, surtout que la traduction des jeux de mots est de plutôt bonne qualité, rendant ces retrouvailles avec le professeur Quinzel des plus agréables. Les choses sérieuses commencent avec “La Chambre noire”, l’histoire principale. Celle-ci est entrecoupée de « Profiles » des membres de la Suicide Squad, de petits interludes les mettant en scènes dans leurs rapports avec la directrice Amanda Waller, toujours aussi détestable. Mais son franc-parler est aussi rafraîchissant. Son entretien fictif avec le président Obama est un petit bijou, montrant que Rob Williams est toujours mordant quand il le faut. Comme il est au scénario pour l’intégralité de ce tome, même des profiles, il donne à l’ensemble une véritable cohérence. Pour “La Chambre noire”, il fait d’ailleurs un clin d’œil aux films DC en piochant un super-vilain dans l’univers de Superman. Surprenant, mais surtout l’occasion d’un combat titanesque pour le retour de la Force spéciale X.

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Si Rob Williams est seul aux manettes scénaristiques, ce n’est bien sûr pas le cas pour les dessinateurs. Toutefois, Jim Lee s’occupe d’une bonne partie de “Traitement de Choc” et bien sûr de “La Chambre noire”, laissant les profiles à Philip Tan, Ivan Reis, Jason Fabok et Gary Frank. Ces quatre artistes ont d’ailleurs un style réaliste proche de celui de Lee. Ce qui n’est pas du tout le cas de Sean « Cheeks » Galloway qui partage le dessin de “Traitement de Choc”. Son style cartoon casse complètement l’ambiance créée par Jim Lee, ce qui m’a laissé plutôt dubitatif sur ce choix. Était-ce pour accentuer le côté loufedingue de Harley ? En tout cas, ce changement de dessinateur au milieu de l’histoire, et pour quelques pages, n’a pas vraiment de logique, mais soit ! Je parlais de l’influence du film “Suicide Squad” sur le scénario de Rob Williams, celle-ci est bien moindre côté graphisme. Jim Lee a choisi de garder des designs classiques par exemple pour Deadshot et surtout l’Enchanteresse. Il ne cherche pas non plus à rapprocher les traits de ses personnages de Will Smith ou de Cara Delavingne, ce qui n’est pas un mal, l’idée n’étant pas non plus de tout reprendre à zéro. Jim Lee est fidèle à lui-même et on l’en remercie car il permet un démarrage en beauté pour ce “Suicide Squad” version Rebirth.

Allez, je peux bien l’avouer, cela faisait une éternité que je n’avais pas remis le nez dans l’univers DC en version papier, et je crois bien que j’y ai repris goût.


(T1) La Chambre noire
- Série : Suicide Squad
- Scénario : Rob Williams
- Dessin : Jim Lee, Sean « Cheeks » Galloway, Philip Tan, Ivan Reis, Jason Fabok,
Gary Frank
- Couleurs : Alex Sinclair, Sean « Cheeks » Galloway, Brad Anderson, Marcelo Maiolo, Elmer Santos, Hi-Fi
- Encrage additionnel : Scott Williams, Sandra Hope, Richard Friend, Jonathan Glapion, Scott Hanna, Sandu Florea, Oclair Albert
- Éditeur : Urban Comics
- Collection : DC Rebirth
- Pagination : 160 pages couleurs
- Format : 18,6 x 28,1 cm
- Dépôt légal : 9 juin 2017
- Numéro ISBN : 9791026811503
- Prix public : 15 €


À lire sur la Yozone :
Rebirth, l’univers revu et corrigé de DC Comics


Illustrations © collectif et Éditions Urban Comics (2017)


Frédéric Leray
29 juillet 2017






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