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Spectres d’Eiffel (Les)
François Fierobe
La Clef d’Argent, LoKhale, roman (France), fantastique, 217 pages, août 2017, 9€

Un esthète, collectionneur et marchand, nous confie dans son journal, au crépuscule de sa vie, une merveille dont il a été témoin et acteur.
Titillé dans son enfance par un conte d’escamotage de la tour Eiffel, doué d’un talent certain pour voir les trames cachées du monde, il se fait rapidement une place et une situation confortable dans le commerce de l’art, anticipant, « voyant » ce qui fera fureur dans les années à venir. Scellant ses plus belles transactions au restaurant de la tour Eiffel, goûtant la magie des lieux dont il est un habitué aux nombreux passe-droits, il y est témoin, un soir d’orage, d’un phénomène fantastique : l’apparition de fantômes délicats, qu’il baptise Eiffellines.
Toute sa vie, il va s’efforcer de les revoir, de saisir leur nature, de comprendre, et pour cela il va écumer les cercles parisiens et plonger dans l’histoire de la Tour.



Le nouveau volume de la collection LoKhale s’empare de Paris ? Non, seulement de son égérie emblématique. François Fierobe, qui nous avait déjà abasourdi par sa plume talentueuse dans « La Mémoire de l’Orchidée » nous revient ici avec un roman tout aussi érudit, merveilleux et fantastique.

Quoi de plus magique que la tour Eiffel ? Et pourtant, peu de gens savent ou se souviennent qu’elle ne devait pas perdurer. Comme dans les tomes précédents, le roman, au travers de la fiction qui lui est propre, est une mine d’informations sur son sujet, riche d’une belle bibliographie pour ceux qui voudraient plonger au cœur même des sources. Monument sauvé par un programme d’expériences en altitude, il va créer et nourrir sa propre mythologie.
C’est au-delà du colimaçon, sur l’ultime plateforme, qu’apparaissent les Eiffellines, après un ultime effort physique, au sommet de l’ascension. Que sont-elles ? D’autres, par le passé, les ont-ils vues ? Les ont-ils étudiées ? Pour notre narrateur, cette quête sera l’occasion de plonger dans deux Paris différents, l’un scientifique, héritier des expériences d’Eiffel et consorts en haut de la Tour, et le second plus mystérieux, ésotérique, parfois farfelu jusqu’à la folie. Sociétés savantes et sociétés secrètes, clubs fermés et cercles de connaissances, le voyage est aussi merveilleux et éblouissant que la destination.
Plus que jamais, je m’en voudrais de déflorer davantage l’intrigue. On retrouve dans « les Spectres d’Eiffel » cette structure très cadencée, chaque rencontre pourrait être une nouvelle, elle est une facette d’un tout finalement encore plus époustouflant. La minutie de l’auteur brouille encore les frontières entre réalité et fiction, et au fil des pages on se prend à y croire.
François Fierobe ne se contente pas de nous satisfaire d’une réponse fort appréciable, il nous offre en conclusion un dernier pied de nez à la raison, bouclant magnifiquement la boucle. Et nous laisse des étoiles dans les yeux, environné de brumes, un sourire radieux aux lèvres. Le cœur plein de merveilleux.

Une pépite.


Titre : Les Spectres d’Eiffel
Auteur : François Fierobe
Couverture : Léo Gontier
Éditeur : La Clef d’Argent
Collection : LoKhale
Site Internet : page roman (site éditeur)
Numéro : 5
Pages : 217
Format (en cm) : 11 x 17,5 x 1
Dépôt légal : août 2017
ISBN : 9791090662452
Prix : 9 €



Nicolas Soffray
11 août 2017






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