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The Wicked + The Divine (T1) Faust Départ
Kieron Gillen, Jamie McKelvie & Matthew Wilson
Glénat Comics

WicDiv, ou “The Wicked + The Divine”, c’est l’ovni du moment parmi les comics. Ce sont deux auteurs britanniques, Kieron Gillen et Jamie McKelvie, fans absolus de Pop Culture et particulièrement de musique qui l’ont créée, avec une envie dévorante de parler création artistique, starification, glorification et mythologie.
D’une manière colorée, qui frise parfois l’hystérie, dans une formule de conte moderne où on ne s’embarrasse pas d’un meurtre ou deux pour atteindre le Panthéon des nouveaux dieux.



Précédemment, Kieron Gillen et Jamie McKelvie ont publié “Phonogram”, forme d’hymne à la musique marqué par « un esprit post-punk obscur ». Ils y parlaient de consommation de l’art. Après leur succès sur “Young Avengers”, ils ont eu l’opportunité de « réaliser un gros morceau de pop art époustouflant » et ils ont choisi de l’aborder par le thème de l’adoration.

The Wicked + The Divine

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Le Panthéon, autour de la figure d’Ananké...

L’histoire se résume ainsi : tous les quatre-vingt-dix ans ou presque, douze dieux se réincarnent dans le corps de jeunes adultes. Ils sont charismatiques et brillants, ils emmènent des foules immenses dans l’extase, chantent parfois dans des langues totalement inconnues et beaucoup pensent qu’ils sont capables de miracles. Ils sont aimés. Ils sont détestés. Dans moins de deux ans, ils seront tous morts...

L’idée de génie est là, imaginer une fable de fantasy urbaine où les divinités sont des pop stars et ressemblent étrangement aux icônes de notre époque. Pour partir explorer, de manière métaphorique, les nouveaux us et coutumes de la jeunesse face à la gloire, à ce désir d’être vu par le plus grand nombre, d’être l’élu parmi la masse humaine et celle des informations, et même si cela ne dure que peu de temps.

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Le concert d’Amarterasu...

L’héroïne de cette histoire s’appelle Laura, elle habite Londres, a 17 ans, et vénère Amaterasu, déesse du soleil issue de la mythologie japonaise et pop star adulée. Elle rêve de sortir de son quotidien, d’être élue et d’avoir son temps de gloire. Le soir d’un concert, elle s’évanouit et se réveille parmi plusieurs de ses stars et dieux, en pleine interview. C’est un cadeau que lui a fait Lucifer, dite Luci, mais le bonheur absolu tourne au cauchemar, quand des snipers essaient de tester l’immortalité des déités. Luci intervient : deux claquements de doigts pour deux têtes qui explosent... et un complot qui se met en place, autour de l’arrogante star au look blanc très classe de David Bowie.
Au sein de ces dieux, une star trahit et tue, complote au cœur même du Panthéon dont Ananke est la gardienne... et cette enquête improbable tombe sur les épaules de Laura. Luci a besoin d’aide, Laura rêve de lumière... Elle va découvrir un monde extraordinaire, fascinant, dangereux, excitant et approcher les dieux. Mythe de Faust, mythe d’Icare, que va-t-elle y laisser ? Son âme, son libre-arbitre, sa vie ?

Un comic-book pop, glam et trash qui parle de la célébrité, des fans, de l’art et de la mort.

La série est bâtie autour d’un casting éblouissant : Lucifer, Amaterasu, Morrigan, Sakhmet, Baal, Dionysos, Odin, Baphomet... Ils sont 12 autour de la figure ancestrale d’Ananke.

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Au dessin, Jamie McKelvie nous régale, caractérisant ses dieux avec les looks de stars d’hier et d’aujourd’hui. Là, Bowie, Rihanna, Kanye West, Daft Punk, le spectacle est partout, lumineux, gothique, spectaculaire, jouissif sur scène, glauque dans les backstages, oppressant dans les sous-sols du métro londonien. C’est très classe sans être maniéré, avec cet énorme travail sur la réalisation des personnages qui doivent prendre toute la lumière, au détriment de décors devenant souvent secondaires. Le design est particulièrement soigné, et le centrage sur les personnages n’empêche pas quelques grands moments de mise en scène, typiques de l’inventivité des comics. Le dessin lissé qui révèle la perfection est appuyé par une mise en couleurs très flashy, saturées, exprimant d’énormes variations d’ambiances, liées aux caractérisations des dieux comme à la trame du récit, avec sa tonalité de polar fantastique. Le boulot de Mattew Wilson est très impressionnant.

WicDiv a généré un grand enthousiasme derrière ses 13 premiers épisodes, se classant parmi les toutes meilleures ventes de comics inde aux Etats-Unis. Véritable phénomène, elle a été élue meilleure série aux Bristish Awards 2015, nommée plusieurs fois aux Eisner Awards et sera prochainement adaptée en série TV.
C’est en tout cas une série très vivante, surprenante, attachante et terriblement addictive.

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Lucifer, dite Luci, la nouvelle amie de Laura...

J’attends déjà de revoir Laura et de connaître comment elle va pouvoir gérer ses nouvelles « amitiés » et sa propre mise en lumière, sous les feux brûlants des médias.
Ils sont dieux mais mortels. Le caractère éphémère de leur gloire, mais donc aussi de leur vie est ici un élément très important de cette fable urbaine. Laura est jeune, mortelle, mais après cette première rencontre dramatique, avec le goût du sang dans la bouche, voudra-t-elle encore de cette gloire éphémère et du prix à payer ?

À suivre dans le tome 2 de “The Witched + The Divine”, annoncé pour le 15 février 2017. J’avoue avoir très envie de découvrir la suite de cette excellente série.


Conseils si vous voulez découvrir WixDiv :
- Lisez l’interview de Kieron Gillen, réalisée pour Glénat Comics et disponible sur la Yozone.

- Pensez look, les cosplays se sont multipliés dès les premiers épisodes parus.
- Pensez musique : 20 heures et plus de 350 morceaux sont réunis pour une BO idéale sur Spotify.
- Pensez internet, en allant sur le site The Wicked + The Divine et pensez réseaux sociaux, les tags #WicDiv sur Tumblr ou @WicDiv sur Tweeter, tournent à fond.

- Noël arrive “The Wicked + The Divine”, c’est un bel album à offrir, mais en édition « Collector », dans un format agrandi (19,9 x 30,2 cm) et sous une couverture originale, mais aussi un prix relevé à 29,95 €, ce sera sans doute un très beau cadeau pour un fan de comics.

À noter encore le très beau travail de mise en valeur de WixDiv par Glénat Comics, avec du matériel intéressant dans ce premier album, sous forme d’un entretien avec Kieron Gillen, en guise d’introduction (interview légèrement différente de celle-ci) et un dossier final en forme de galerie de couvertures et quelques autres surprises... Excellent, à l’image d’une collection fort attractive.
La série “Phonogram” est annoncée au catalogue pour le début d’année 2017.


(T1) Faust Départ
- Série : The Wicked + The Divine
- Scénario : Kieron Gillen
- Dessin : Jamie McKelvie
- Couleurs : Matthew Wilson
- Éditeur : Glénat Comics
- Pagination : 176 pages couleurs
- Format : 18,5 x 28,3 cm
- Dépôt légal : 26 octobre 2016
- Numéro ISBN : 9782344018071
- Prix public : 17,50 €


Illustrations © Jamie McKelvie et Éditions Glénat Comics (2016)


Fabrice Leduc
14 décembre 2016






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Un couverture originale présentant Morrigan (Image Comics)



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Autre couverture, cette fois avec Laura...



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L’édition Collector de « The Witched + The Divine » (Glénat Comics)



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“Phonogram” bientôt chez Glénat Comics



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