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Warship Jolly Roger (T2) Déflagrations
Runberg & Montlló
Dargaud

Leur vaisseau de guerre, le Jolly Roger, a de gros besoins en énergie, aussi les quatre évadés de la prison de haute sécurité doivent le réapprovisionner. Le premier essai se solde par un échec, les fugitifs tombent sur une patrouille.
Alisa propose alors de se rendre sur la planète dévastée Erial où elle sait que se trouvent des rebelles dont sa mère. John Tiberius Munro accepte son plan.
Dans le même temps, le président Vexton, avide de vengeance, essaie de l’obliger à se rendre en s’attaquant à son fils.



Le premier tome m’avait laissé sur ma faim, certains choix m’avaient semblé discutables. Relâcher un otage comme le président Vexton apparaissait hautement improbable. D’ailleurs, les quatre se demandent eux-mêmes pourquoi ils l’ont fait et ils n’ont pas fini de le regretter, car ce dernier n’aura de cesse de les poursuivre. Attraper Munro l’obsède, il crie vengeance et tous les moyens sont bons.
D’un côté, il y a la plus haute autorité qui ne recule devant rien, même utiliser un enfant innocent, et de l’autre, un criminel de guerre servant en même temps de bouc-émissaire, un contrebandier, une rebelle et Treize, un adolescent qui semble muet, faisant preuve de bien plus d’humanité. La balance sympathie penche favorablement du côté des insurgés.

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“Déflagrations” s’avère prenant à plus d’un titre. Sylvain Runberg distille avec efficacité ses effets à travers plusieurs trames. Il débute avec un coup bas des plus vils pour attirer Munro et qui va entre autre servir de fil rouge tout au long de l’album. Après, la planète Erial apporte aussi son lot de surprises : Alisa retrouve sa mère en qui elle croit détenir une alliée et surtout Treize, livré à lui-même, rencontre des survivants dans l’enfer de la planète empoisonnée par une ancienne guerre. C’est en suivant Treize que le lecteur découvre par petites touches son passé. Ces intermèdes réguliers apportent leur lot d’horreurs, mais aussi de sentiments. Treize n’est plus une pièce rapportée, une énigme, mais un enfant à protéger. Son potentiel est également révélé et un point d’interrogation demeure : méritait-il d’aller en prison ? En tout cas, l’intrusion d’humains qui se sont adaptés, transformés pour survivre sur Erial relève de la bonne idée et apporte une tonalité écologique bienvenue.

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L’action est bien sûr omniprésente : combats spatiaux, explosions dans tous les sens, échanges de coups de feu... L’ennui est banni et le dessin de Miki Monttló se prête très bien à cette déferlante. Quand la baston est au rendez-vous, les planches affichent des tons de rouge nous en mettant plein la vue. Impossible de passer à côté ! Dans les pages où la tension retombe, la colorisation s’avère plus traditionnel et ne heurte pas le lecteur.
Les personnages sont très bien croqués, notamment le monolithique Munro, mais aussi les autres intervenants. L’esthétique générale est très plaisante et apporte une identité à cette série qui atteint avec “Déflagrations” un niveau que le premier album ne laissait pas forcément présager.

La confrontation entre Munro et le président Vexton sert de moteur à “Warship Jolly Roger”, la guerre est ouverte et aucun ne lésinera sur les moyens pour atteindre l’autre. Intelligemment, les histoires de chacun se révèlent au fur et à mesure.
Du très beau travail qui mérite de s’y intéresser.


(T2) Déflagrations
- Série : Warship Jolly Roger
- Scénario : Sylvain Runberg
- Dessin et couleurs : Miki Montlló
- Éditeur : Dargaud
- Dépôt légal : 29 mai 2015
- Format : 24,1 x 31,9 cm
- Pagination : 56 pages couleurs
- Numéro ISBN : 978-2-5050-6347-6
- Prix public : 13,99 €


© Dargaud, Runberg & Montlló - Tous droits réservés



François Schnebelen
11 décembre 2015






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