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Cimoc, les dessous du manga (T4 et 5)
Lim Dall young et Lee Hae Won
Doki-Doki

Kota se retrouve en concurrence avec un des petits génies, protégé d’Ozma. Celui qui sortira vainqueur du choix des lecteurs sur une mini-série en trois épisodes prouvera la supériorité de son mode de travail. Seulement, derrière la jeune Aikawa se trouvent les meilleurs scénaristes et dessinateurs en activité. Mlle Sawanoguchi en est bien consciente, mais comment faire aider un débutant comme Kota par un des meilleurs mangakas du moment ? La solution, Mlle Jumonji va la lui offrir sur un plateau en acceptant son invitation pour regarder le travail de Kota. Un peu de saké, un peu d’excitation et voila la belle rédactrice en chef se réveillant dans le lit d’un jeune mangaka. Pas très professionnel enfin ! Ajoutez quelques photos compromettantes et voila un moyen de chantage rêvé. Toutefois, Jumonji va prendre très au sérieux l’idée d’aider Kota et elle va demander l’appui du meilleur de ses mangakas... mais pas le plus tendre.



Ozma a gagné le premier round : le premier chapitre de sa protégée a fini premier des choix des lecteurs. Toutefois, Sawanoguchi sait ce qui cloche dans l’histoire de Kota : si ses dessins sont devenus très efficaces grâce aux recommandations de M. Mine, son scénario n’est pas assez percutant pour une mini-série. C’est là toute la différence entre un débutant d’Ozma soutenu par une équipe de choc et un débutant comme Kota. Il lui faut donc l’aide d’un écrivain de talent pour améliorer son scénario. Et le choix de M. Mine fait mouche, le scénario du deuxième épisode permet à Kota de passer à la première place... Ce qui a le don d’énerver au plus haut point Omura, le véritable génie qui se cache derrière le studio Ozma. Mais le hasard va se retourner contre Hinata Sawanoguchi, surtout qu’Omura n’a qu’une obsession : récupérer Hinata et faire en sorte qu’elle ne le quitte plus jamais, quitte à la détruire professionnellement.

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L’ultime phase de la mini-série « Cimoc » commence avec la confrontation entre Kota et la mangaka de chez Ozma. On ne saura quasiment rien sur la jeune femme, à peine son nom et sa position dans le groupe Ozma. En fait, elle est à l’image du manga qu’elle dessine : remplacable. C’est bien là la première leçon que nous donne Lim Dall Young : dans le mode Ozma, les mangakas n’ont pas de réelle existence, ce ne sont que des noms dans un collectif et leur travail est revu, modifié avec ou sans leur autorisation car, finalement, leur oeuvre n’appartient qu’à Ozma. Dans le cas de Kota, certes le jeune homme reçoit l’aide d’un mangaka et d’une romancière connus, mais au final, chaque planche est issue de sa seule imagination. Bon, l’espèce de chantage que va fomenter Sawanoguchi est surtout l’occasion pour Lee Hae Won de dessiner ses héroïnes nues. D’un autre côté, c’est aussi la marque de cette histoire. Toutefois, cela n’enlève rien de l’intérêt de l’avant-dernier tome, jouant en fait sur la psychologie des deux rédactrices en chef.

Le cinquième et dernier tome va se recentrer sur la relation Sawanoguchi-Omura. Tous les secrets de cette relation qui nous était révélée par bribes seront étalés au grand jour grâce à Mlle Jumonji. Sans être une énorme surprise, cela va surtout montrer les véritables caractères des deux personnages, qui seront en totale opposition avec leur apparente attitude de professionnel. Le rôle de Kota en devient secondaire tout autant que le troisième épisode des deux mangas. Le dernier tome tournera alors sur l’amour des mangakas pour leur profession et le refus de tricher pour gagner. Lim Dall Young est ici un peu trop idéalisateur de la profession de mangaka. Pour lui, seul l’amour du dessin et de l’écriture doit faire vivre l’artiste et non les magouilles entre maisons d’édition et studios. Cela manque cruellement de crédibilité mais d’un autre côté, la morale doit l’emporter sur tout car par définition, le shonen doit promouvoir des idées positives et montrer aux jeunes que seuls le travail et la persévérance peuvent permettre la réussite. Un « happy end » trop gros certes, mais finalement qui colle à la logique de ce genre de manga. Ceux préférant plus de politiquement incorrect doivent se tourner vers les seinen pour trouver ce genre de conclusion.

Et finalement, « Cimoc » s’en sort très bien avec une conclusion tenant parfaitement la route et se suffisant à elle-même. Cela faisait longtemps qu’une mini-série n’avait tenu le choc du dernier tome sans s’effondrer pour le souligner.


Cimoc, les dessous du manga (T4 et 5)
- Scénario : Lim Dall Young
- Dessin : Lee Hae Won
- Traducteur  : Olivier Huet
- Éditeur français : Doki-Doki
- Format : 127 x 180 mm, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination  : 192 pages
- Date de parution : 2 octobre et 4 décembre 2013
- Numéro ISBN : 978-2-81892-473-0 ; 978-2-81892-544-7
- Prix : 7,50 €


A lire sur la Yozone :
Cimoc, les dessous du manga (T1)
Cimoc, les dessous du manga (T2)
Cimoc, les dessous du manga (T3)


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Frédéric Leray
14 décembre 2013






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