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Bandard Fou (Le)
Moebius
Les Humanoïdes Associés

Il existe une sorte de légende urbaine dans la galaxie, celle d’un humain qui se réveilla un matin avec une érection phénoménale. Seulement, les lois instiguées par la Pondeuse sont intransigeantes : tout bandard fou repéré lui est destiné ! Alors que ce petit humain ait eu l’outrecuidance de s’enfuir est inacceptable. Seulement, l’engin du bandard a aussi attiré la convoitise de Dame Kowalsky. Cette femme à la poitrine hors norme est prête à tout pour posséder cet objet de plaisir, ce membre phénoménale qui seul pourra lui apporter l’extase qu’elle recherche tant.



« Le Bandard Fou » fut édité pour la première fois en 1975. La version originale était en noir et blanc et dans cette période post 1968, Jean Giraud allait laisser son double Moebius prendre les commandes de ses oeuvres et s’attaquer à des sujets clairement destinés aux adultes, en révolutionnant dans le même temps l’univers de la science-fiction.

Avec « Le Bandard Fou », le sujet auquel s’atèle Moebius est des plus clairs. Nous suivons donc les pérégrinations cosmiques d’un pauvre homme se réveillant un jour avec une érection gigantesque. Moebius nous entraîne alors dans un univers totalement dominé par le sexe et surtout par des femmes. Que ce soit la forme monstrueuse de cette extra-terrestre surnommée la Pondeuse ou cette femme à la poitrine disproportionnée qu’est Dame Kowalsky, Moebius nous décrit un monde matriarcal, profondément sans le moindre tabou mais où l’acte sexuel peut être réglementé. Evidemment, Moebius s’amuse de la libération des moeurs en tournant le phénomène presque en ridicule.

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Car « Le Bandard Fou » est une oeuvre humoristique et Moebius n’hésite pas à faire de nombreux clins d’oeil à des bandes dessinées mythiques comme Astérix. Mais quand on s’appelle Moebius, un clin d’oeil devient vite culte. Et que dire de cette fin qui nous prouve, en fait, que « Matrix » n’a rien inventé et que Moebius avait déjà anticipé dès 1975 les premières scènes de ce film de science fiction. Oui, « Le Bandard Fou » est une parodie humoristique, mais c’est aussi l’illustration du talent, du côté visonnaire de ce scénariste de génie.

Côté graphisme, Moebius est dans le style cartoon, dans la caricature. Son héros est particulièrement anodin pour ne pas dire laid, on est loin de l’Apollon sévèrement membré. Et Dame Kowalsky est une une bimbo géante, la blonde à très forte poitrine, géante par rapport au Bandard et leur scène de sexe est bien sûr totalement surréaliste. Car Moebius n’est pas là pour nous faire une BD érotique, mais plutôt une parodie sexy. L’histoire étant clairement destinée aux adultes, Moebius peut se lâcher sur les dessins... de la page de droite. Car sur la page de gauche, il réalise sa propre caricature en train de se transformer en oeuf de sable. En faisant défiler rapidement les pages, vous obtenez presque un petit film d’animation de quelques secondes. Décidément, Moebius était déjà révolutionnaire.

Cette réédition en couleur du « Bandard Fou » est une excellente occasion de redécouvrir ou découvrir pour les jeunes générations, l’oeuvre de ce génie qui nous a malheureusement quitté en ce début d’année, cet auteur magistral qu’était Jean Giraud, dit Moebius.


Le Bandard Fou
- Scénario : Moebius
- Dessin : Moebius
- Conception graphique : Jerry Frissen
- Couleur : Florence Breton
- Éditeur : Les Humanoides Associés
- Dépôt légal : novembre 2011
- Format :24 x 32 cm
- Pagination :64 pages couleur
- ISBN : 9782731623826
- Prix public : 17,95 €


© éditions Les Humanoides Associés - tous droits réservés



Frédéric Leray
29 mars 2012




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