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Tour (La)
Anthologie dirigée par Sybille Marchetto
Parchemins & Traverses

Deuxième anthologie proposée par l’équipe de Parchemins & Traverses, La Tour revisite ce symbole médiéval et... autre, au travers de onze récits de bon niveau.



La tour représente d’abord un lieu que l’homme cherche à atteindre ou conquérir. Elle devient alors un symbole de récompense. La moitié des récits présentés s’inscrivent dans cette catégorie.
- D. Hauguel décrit plaisamment l’histoire d’un étudiant qui recherche la cinquième tour d’Al-Minaq, invisible de jour. La tour devient une obsession pour le jeune homme qui ressemble à un héros lovecraftien, perdant rapidement son assise dans la réalité.
- « La Tour d’Asammée » de S. Ruche est un bon récit qui voit Timas partir à la recherche de la tour de ses rêves. Il découvre peu à peu que si la tour existe, c’est grâce à sa croyance en elle.
- K. Berrouka (« Le Départ ») nous fait suivre les cinq jours angoissants passés par Pila dans l’attente de l’ouverture des portes de la tour, entouré de milliers de candidats au départ. Une situation qui n’est pas sans rappeler le Wang de P. Bordage.
- Passons sur « Le Formulaire » K de F. Michalezak, qui raconte l’ascension d’un homme du peuple au travers d’une bureaucratie kafkaienne, et « Crâne maculé » de N. Cranne, où un chevalier défie un sphinx cynique et las : peu innovants.
- Heureusement, Menolly est plus inspirée avec l’aventure espiègle de Tête-de-Coq qui entreprend l’ascension d’une tour de géant pour rallumer le soleil (234 Degrés jusqu’au soleil). Une respiration souriante bienvenue.

La tour est aussi une habitation, qui protège ou enferme ses habitants.
- « Le prince » de Y. Terras (Reflets) est si narcissique qu’il se perd dans ses reflets, comme le lecteur dans la narration. Une tour de miroirs peu engageante.
- Plus réussie est l’histoire de Kyril par S. Dabat. Devenu le Reclus du Ponant dès son plus jeune âge, Kyril est destiné à ne jamais quitter sa tour de surveillance. Il est néanmoins forcé de sortir lorsque plus personne ne pense à lui. Il découvre alors une réalité bien éloignée de celle qu’il s’est créée.
- « L’initié » d’H. Fairmach est un homme qui descend au cœur de la tour gigantesque qu’il a toujours habitée. Son voyage s’accompagne d’un retour à une humanité de moins en moins évoluée mais lui offre la compréhension du pourquoi de la tour.
- G. Blondel propose la seule version moderne de la tour, une tour de bureaux où Jean-Yves vient de trouver un emploi. Il découvre bientôt que la tour n’est qu’une immense salle d’expérience et il va mener la résistance (Petoxian 0,15). Inquiétant, mais peut-être pas si futuriste que ça.

Enfin la tour peut être un lieu maléfique, comme celle de N. Gaillard. Carol est une petite fille qui communie avec une tour ancienne et devient peu à peu sa pourvoyeuse de corps humains, jusqu’à sombrer elle-même. Un récit bien mené.

La Tour est une anthologie de bon niveau et c’est tant mieux, car de nombreux thèmes sont prévus pour les prochaines parutions, dont les contes, les cauchemars, les chants ou l’Afrique. Avec en prime une réalisation soignée et les illustrations de sept dessinateurs, comme Stéphanie Dubut ou Marchetto.

Fiche technique :
- Titre : La Tour
- Auteur : Anthologie dirigée par Sybille Marchetto
- Nombre de pages : 170
- Collection : Les Anthologies des réalités imaginaires
- Éditeur : Parchemins & Traverses
- Couverture : Christophe Sivet
- Dépôt légal : Mai 2006
- ISBN : 2-9524693-2-6
- EAN : 9-782952469326
- Prix public : 14 €

[Voir aussi Le Bourreau]


13 juin 2006






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