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Yozone LittératureCritiques

Bourreaux (Les)
Anthologie
Parchemins & Traverses

Il défie la raison depuis des siècles et il n’a pas disparu. Qui se cache derrière ce masque, homme ou démon ?



Les Bourreaux, anthologie dirigée par Hélène Fairmach

Vêtu d’un collant noir, d’une tunique écarlate et d’une cagoule, le bourreau est un personnage fort de l’imaginaire populaire. Être répugnant qui torture, brise les volontés et les vies, il est aussi craint que haï. Hélène Fairmach propose de découvrir cette figure au travers de onze nouvelles. Deux d’entre elles abordent le sujet avec légèreté sous prétexte de concours, l’un pour élire la meilleure “ bourrelle ”, l’autre pour désigner le nouveau Roi des Bourreaux. Le bourreau devient ici un artiste, qui réalise des prouesses physiques et fait preuve d’imagination. Sympathiques, ces deux nouvelles apportent une respiration à l’anthologie mais l’essentiel est ailleurs.

Première facette du bourreau, le lien entre le tueur et sa victime. P. Halvick (Une petite partie) oppose joliment le bourreau au condamné lors d’une partie de cartes, dont l’enjeu est la place de victime le lendemain. Ce bourreau est un être désabusé, dont la seule étincelle de vie vient de l’excitation procurée par cette partie. De sang et de larmes (Lady Tamara) conte l’histoire de Vlad, qui tombe amoureux de la prisonnière Amaryllis. Un récit trop convenu, tout comme A droite du saigneur (Asphodel) où le bourreau voit surgir les fantômes de ses victimes. Pour Frédérique le Romancer, la victime peut même devenir bourreau, surtout dans l’univers carcéral impitoyable qu’elle présente (La Reconversion).

Le bourreau face à lui-même est l’autre aspect du personnage. A. Puget (Double je) décrit un homme vendeur le jour, bourreau la nuit. Chaque personnalité lutte pour prendre le dessus jusqu’au final, réussi et prenant. Dans L’exécuteur des sept Œuvres (S. Baz), l’Abbé tue les fantômes sortis des cauchemars des gens. Malgré l’irréalité de ses victimes, le bourreau est torturé par les remords. Original et bien mené. Ebatbuok invente un bourreau, fils du diable, qui refuse de ressentir du plaisir lors des tortures afin de garder son âme (Des larmes de jasmin). Un récit réfléchi et efficace. Le bourreau de P. Deniel (Le Maître des souffrances) prend lui conscience de sa capacité empathique et changera de carrière pour devenir... guérisseur. La dernière nouvelle est aussi courte que marquante : dans Marée haute, Menolly laisse le flou sur la nature du bourreau. Est-ce la victime qui a provoqué la mort de sa fille ou celle qui lui administre le châtiment ? Un récit fort et prenant qui nous ramène à nos propres responsabilités. Les bourreaux est une anthologie de qualité, qui aborde son sujet de façon complète et sait se montrer suggestive et dérangeante.

- Titre : Les Bourreaux
- Auteur : Anthologie dirigée par Hélène Fairmach
- Couverture : Raphaël Del Rosario
- Nombre de pages : 193
- Éditeur : Parchemins & Traverses
- Collection : Anthologies des réalités imaginaires
- Site Internet de l’Éditeur :
http://parcheminstraverses.com
- Site Internet du Livre : Les Bourreaux
- Directeur de collection :
- Dépôt légal : Août 2005
- Format : 140 * 215
- ISBN : 2-9524693-0-X
- EAN : 9782952469302
- Prix : 15 €


Chris de Savoie

21 septembre 2005