Cette première novella d’une suite de 4 [1]
a raflé les prix majeurs dans sa catégorie : Hugo, Locus, Alex, Nebula. Elle a fait l’objet d’une adaptation sur AppleTV en 2025 avec Alexander Skarsgard dans le rôle principal.
Dans un récit à la première personne - c’est un journal intérieur - Martha Wells nous plonge dans les tourments intérieurs de son androïde doté d’un libre-arbitre (ou plutôt débarrassé de son logiciel de supervision). Il s’avère très vite très humain, en ce sens qu’il aspire à ce qu’on lui foute la paix pendant qu’il se gave de séries TV téléchargées en masse (et discrètement).
Cela tombe bien, en tant qu’androïde de sécurité - SecUnit -il est souvent en armure, avec masque polarisé : on l’assimile vite à un robot, oubliant les parts biologiques de sa personne, d’autant qu’il peut ne pas bouger du tout tant qu’on ne s’adresse pas à lui.
Oui mais voilà qu’il sauve ses clients, quand bien même son logiciel mère ordonnait de laisser tomber. Et qu’il a dépolarisé son casque, laissant voir son visage, pour stabiliser les deux scientifiques en état de choc. Aussi, quand le docteur Mensah l’invite au débriefing, il est aussi terriblement gêné que les autres humains, désormais obligés de le voir d’un autre œil. Pire, alors qu’il est humanisé à leurs yeux, il doit maintenir l’illusion qu’il obéit toujours à ses programmes. Cela finit par faire beaucoup pour sa petite persona qui n’aspire qu’à un recoin tranquille sans personne.
En 120 pages, Martha Wells nous plonge tête la première dans une histoire un peu complexe, principalement du fait que notre narrateur n’en a rien à faire des affaires humaines. Lui s’attache seulement à remplir sa mission : garder ses clients en vie. Et ne pas se faire prendre à outrepasser ses programmes, sans quoi la réinitialisation l’attend au retour à l’entreprise. S’ils s’en sortent vivants... (mais oui, il y a 3 autres tomes ensuite pour clore cette première histoire).
On est happé tout de suite dans cette histoire, malgré les nombreux termes et concepts que l’AssaSynth ne se donne pas trop la peine de nous expliciter. On est immédiatement proche de cette créature qui veut à la fois remplir sa mission à la perfection et fuir ses clients qui, de toute façon, font souvent le contraire de ce qu’il leur conseille pour rester en vie. Le ton perpétuellement désabusé et sarcastique du narrateur rend même cette lecture assez drôle.
Pour iel qui se gave de soaps (son préféré étant “Grandeur et décadence de la Lune sanctuaire”), les vrais humains restent non pas un mystère, mais un agrégat de calamités. Mais dans sa mission, s’être gavé de fictions toutes plus invraisemblables lui donne aussi un avantage certain : il est préparé aux pires, aux plus illogiques des décisions, celles qui font appel aux émotions, un truc qui le sidère par-dessus tout.
Après la résolution de l’affaire, qui implique pas mal de suspense, de frayeur et un peu de violence, les choses finissent presque bien. On aurait pu s’arrêter là, mais notre SecUnit préférée va décider de mener l’enquête sur l’affaire qui a conduit à sa réinitialisation : il aurait massacré une cinquantaine de clients précédents...
Suite donc dans « Schémas Artificiels » !
Titre : Défaillances Systèmes (all systems red, 2017)
Série : Journal d’un AssaSynth (murderbot diairies), tome 1
Autrice : Martha Wells
Traduction de l’américain (USA) : Mathilde Montier
Couverture : Pierre Bourgerie
Éditeur : L’Atalante
Collection : La Dentelle du Cygne
Site Internet : page roman (site éditeur)
Numéro :
Pages : 122
Format (en cm) : 20 x 14,5 x 1
Dépôt légal : avril 2019
ISBN : 9782841728992
Prix : 11,50 €
Journal d’un Assassynth :
1 : Défaillances Systèmes
2 : Schémas Artificiels
3 : Cheval de Troie
4 : Stratégie de Sortie
5 : Effet de Réseau