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Cuirassés
Adrian Tchaikovsky
Le Bélial’, Une Heure-Lumière, n°61, court roman traduit de l’anglais, Science-Fiction, 154 pages, novembre 2025, 12,90€

Dans le futur, la guerre est toujours d’actualité, elle a juste changé de forme et les ennemis ne sont plus les mêmes. Les États-Unis sont les champions du monde capitaliste dans leur lutte contre les puissances socialistes. La Suède est en proie aux combats, ses habitants luttent contre les troupes américaines. Les riches ont retrouvé leur esprit guerrier, protégés par des exosquelettes surpuissants, résistant à quasi toutes les agressions. Ils peuvent ainsi assouvir leur soif de sang en toute sécurité. Aussi, lorsqu’un fils de bonne famille, un Héritier, disparaît, c’est le branle-bas de combat. Comment est-ce possible ? Cinq soldats d’élite sont envoyés sur le front découvrir ce qu’il est devenu.



Adrian Tchaikovsky met en scène un futur assez déroutant avec la Suède comme ennemi. Et ce retour des nantis sur le front dans leurs armures rutilantes apporte un goût de Moyen-âge à l’ensemble. Bien sûr, ce sont toujours les troufions de base, bien moins protégés, qui sont au cœur de l’action et qui trinquent au final. De plus, au fil du récit, le lecteur découvre que la situation est bien plus complexe que de prime abord et qu’elle est loin de se résumer à des luttes entre blocs. Comme souvent, les intérêts des sociétés priment sur tout, elles veillent sans états d’âme sur leurs intérêts, louvoyant entre les camps suivant le profit espéré. Qui est vraiment l’ennemi ? Pourquoi envoie-t-on ce groupe aux moyens très limités et non ces super-soldats ? Il y a anguille sous roche, c’est clair, mais le sergent est conditionné à obéir aux ordres. Dans ce conflit, il y a une grosse inconnue, les Finlandais qui effraient tout le monde. La mission semble dès le départ vouée à l’échec, rien d’étonnant à ce que ce soient des pions sacrifiables qui soient jetés sur l’échiquier.
Vous l’aurez compris, les combats s’enchaînent, l’adrénaline est de tous les instants. L’auteur sort les muscles dans un récit rythmé, mais qui sait aussi interpeller avec une situation loin d’être claire. Ami ou ennemi, la différence n’est pas toujours immédiate ni définitive. La guerre est toujours absurde, inhumaine bien sûr, et le futur à la sauce Tchaikovsky ne déroge pas à la règle. Les acteurs sont différents, les combats peuvent prendre des formes plus vicieuses, il y a bien sûr le côté Mécha des nantis jouant à la guerre dans leur cocon, mais aussi les fameux Finlandais, insaisissables par bien des côtés.

« Cuirassés » est un récit musclé et efficace qui ne laisse aucune place à l’ennui. La testostérone ne fait pas oublier le contexte alambiqué et fouillé, forme et fond se côtoient brillamment. Adrian Tchaikovsky sait surprendre les lecteurs dans le bon sens et son nom sur une couverture est gage de qualité.
Un peu dans le même genre, son roman « Chiens de guerre » est tout conseillé.

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Titre : Cuirassés
Auteur : Adrian Tchaikovsky
Traduction de l’anglais : Laurent Queyssi
Couverture et conception graphique : Aurélien Police
Éditeur : Le Bélial’
Collection : Une Heure-Lumière
Numérotation dans la collection : 61
Directeur de collection : Olivier Girard
Site Internet : Roman (site éditeur)
Pages : 154
Format (en cm) : 12 x 18
Dépôt légal : novembre 2025
ISBN : 9782381631936
Prix : 12,90 €


Adrian Tchaikovsky sur la Yozone :
- Le dernier des aînés
- Sur la route d’Aldébaran
- Dans la toile du temps
- Dans les profondeurs du temps
- Dans le berceau du temps
- Chiens de guerre

Derniers titres de la collection chroniqués :
- 48. « Barbares » de Rich Larson
- 49. « Sweet Harmony » de Claire North
- 50. « De l’espace et du temps » d’Alastair Reynolds
- 51. « La marche funèbre des marionnettes » d’Adam-Troy Castro
- 52. « Kid Wolf et Kraken Boy » de Sam J. Miller
- 53. « L’automate de Nuremberg » de Thomas Day
- 54. « Les fils enchevêtrés des marionnettes » d’Adam-Troy Castro
- 55. « Les armées de ceux que j’aime » de Ken Liu
- 56. « As-tu mérité tes yeux ? » de Eric LaRocca
- 57. « L’inversion de Polyphème » de Serge Lehman
- 58. « Défense d’extinction » de Ray Nayler
- 59. « À lire à ton réveil » de Robert Jackson Bennett
- 60. « Voile vers Byzance » de Robert Silverberg

Pour écrire à l’auteur de cet article :
francois.schnebelen[at]yozone.fr


François Schnebelen
13 novembre 2025


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