Tout le monde a peu ou prou entendu parler de la légende des Chevaliers de la Table Ronde et en connaît l’essentiel : comment cette confrérie s’est dissoute, et comment le roi Arthur, alors qu’il était parti guerroyer, fut trahi par Mordred – ici orthographié Modret – à qui il avait confié la garde du royaume. Un Mordred félon, une figure particulière que les amateurs de genre ont pu trouver sous un jour nouveau dans le magnifique « Mordred » de Justine Niogret, publié aux éditions Mnémos il y a quelques années.
La jalousie maladive de Mordred, son alliance avec les Saxons, la fuite de Guenièvre, les atermoiements et l’exil de Lancelot, les fissures, puis le délitement de la confrérie des Chevaliers de la Table Ronde : on retrouve sans surprise dans cette mise en vers les péripéties et les personnages de la légende, Gauvain, son frère Agravain, Gaeris, Cradoc, Léodagan et bien d’autres.
Le soleil sur les lames, mille rames dans la mer écumante, la haine glaciale et les chiens de meute, les sombres pensées et les visages casqués d’ombre, le gris de l’hiver et le cours cruel du temps, le fracas des lances et des épées marquées de runes, les bannières et les targes sur la mer chatoyante, les blasons à griffons, les effluves du trèfle et la terre ensoleillée, ce sont mille images qui cascadent et se pressent dans ce poème long d’un peu plus de sept cents vers. Un poème inachevé (sans doute en raison de la charge de travail universitaire de Tolkien, selon son fils) qui s’interrompt lors du retour d’Arthur, avant le combat final qui le laissera mortellement blessé.
Il serait difficile, et peu utile, d’en dire plus au sujet de cette œuvre sous peine de paraphraser le riche paratexte que lui consacre Christopher Tolkien. Un “Avant-propos”, une “Note sur le texte”, trois essais d’une quarantaine de pages chacun (“Le Poème dans la tradition arthurienne”, “Le poème non écrit et sa relation avec le Silmarillon”, “L’évolution du poème”) ainsi qu’un “Appendice. La poésie vieil anglaise” viennent contextualiser cette œuvre inachevée dans le vaste corpus des textes anciens et notamment des écrits de Geoffroy de Monmouth (1095-1155). Enfin, une “Note de la traductrice” de Christine Laferrière explique brièvement les choix faits lors de la traduction.

Titre : La Chute d’Arthur (The Fall of Arthur, 2013)
Auteur : J.R.R. Tolkien
Traduction de l’anglais (Grande-Bretagne) : Christine Laferrière
Couverture : Nicolas Caminade
Éditeur : Pocket (édition originale : Christian Bourgois, 2013)
Site Internet : page roman (site éditeur)
Numéro : 7387
Pages : 244
Format (en cm) : 11 x 18
Dépôt légal : août 2025
ISBN : 9782266344876
Prix : 9 €
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