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Enquêtes de Joseph Laflamme (Les), tome 6 : Adolphus
Hervé Gagnon
Hugo, collection Hugo Poche Suspense, n° 750, policier historique, 398 pages, juillet 2025, 8,90€

Octobre 1893 à Montréal, lors d’un dimanche de détente, Joseph Laflamme se rend au parc Sohmer en compagnie de son amoureuse Mary, de sa sœur Emma et de son prétendant McCreary. Un cirque attire leur attention et notamment son musée des curiosités. À sa sortie, une vitrine abrite une hache qui aurait été l’arme avec laquelle Adolphus Dewey aurait assassiné sa femme bien des décennies plus tôt. Dans la soirée, un couple est massacré à proximité, un traitement tout particulier ayant été réservé à la femme. Il n’en faut pas plus pour que Joseph s’empare de l’affaire et la porte à l’attention du public dans les pages de La Patrie.



« Adolphus » est la sixième enquête de Joseph Laflamme, journaliste entouré de personnes que les lecteurs ont appris à connaître et à apprécier. Tout d’abord, Mary, ancienne prostituée, dont Joseph était un habitué, car il était amoureux d’elle. Depuis elle s’est rangée et vit le parfait amour avec Joseph. Contre toute attente, Emma, la sœur de Joseph, n’est pas destinée à rester vieille fille. Quelque chose dans McCreary, ancien détective de Scotland Yard, l’a séduit et ils connaissent la même félicitée. Ces deux couples aimeraient se marier, mais un obstacle de taille les en empêche : l’Église. Elle connaît les antécédents de Mary et McCreary est anglican. Pour se convertir, il doit à son grand dam apprendre un livre pour devenir un parfait catholique, essuyant les moqueries incessantes de Joseph sur l’ineptie de cet apprentissage, à la grande colère de la bigote Emma. Et bien sûr, il y a Joseph Laflamme, journaliste de son état qui a dénoncé nombre d’affaires d’importance, bravant le danger et la prison. Il a réussi à ne pas sombrer définitivement dans l’alcoolisme, mais taquine encore la bouteille. En poste à La Patrie, il est toujours à l’affût du bon papier.
Grande différence, un protagoniste a disparu de l’équation : l’inspecteur Marcel Arcand qui s’est rendu en France. Joseph a ainsi perdu sa source d’informations au poste de police et, par voie de conséquence, son temps d’avance sur la concurrence. Il doit se débrouiller seul, d’autant que celui qui a remplacé Arcand, Lafontaine, le déteste et s’empresse de renseigner l’autre quotidien pour lui faire de l’ombre. Heureusement que Joseph a toujours quelques rares alliés dans la place et McCreary à ses côtés.
L’absence d’Arcand est aussi synonyme d’absence de sociétés secrètes, car l’inspecteur servait de lien avec la franc-maçonnerie, dont Hervé Gagnon usait auparavant. Là il reste terre à terre, l’affaire n’a rien à voir avec un mouvement occulte, un groupe cherchant à déstabiliser la société. Il faut mener une enquête traditionnelle, chercher les indices, les additionner pour comprendre les tenants et aboutissants. Comme Joseph était au départ de tout, il sait que le cirque a quelque chose à voir et ce n’est pas Lafontaine lui mettant les bâtons dans les roues qui l’empêchera de tirer le fil jusqu’au bout.

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Ce qui fait le charme du présent « Adolphus » et de la série, c’est le mélange enquête, ici sans rien d’ésotérique et donc assimilable de suite, et vie de tous les jours avec les tracas du quotidien, les repas de famille, les ennuis de santé... Le lecteur est vraiment immergé parmi eux. Parfois, Joseph est un vrai fouille-m... pour déterrer un secret inavouable et se faciliter l’existence. D’ailleurs la conclusion montre qu’il n’oublie rien et peut ainsi tourner à son avantage plus d’une situation scabreuse. Le chien battu peut se transformer en bouledogue à la moindre occasion favorable. Pour autant, trouver la solution aux meurtres fait appel à toute la débrouillardise de Joseph et McCreary, car rien n’est simple et les obstacles sont nombreux. L’ensemble se révèle efficace comme à l’accoutumée et retrouver les protagonistes que l’on a appris à apprécier un plaisir, d’autant que l’humour n’est jamais absent alors que bien des évènements ne prêtent pas au sourire.

« Adolphus » renoue avec plus de simplicité, mais conserve l’efficacité de la série avec une affaire compliquée et des personnages sympathiques.


Titre : Adolphus
Série : Les enquêtes de Joseph Laflamme, tome 6
Auteur : Hervé Gagnon
Couverture : © Kinos
Éditeur : Hugo (1ère édition : Libre Expression, 2018)
Collection : Hugo Poche Suspense
Site Internet : Roman (site éditeur)
Numéro : 750
Pages : 398
Format (en cm) : 10,9 x 17,7
Dépôt légal : juillet 2025
ISBN : 9782924997871
Prix : 8,90 €


Hervé Gagnon sur la Yozone :
- Les jours où j’ai tué Emma
- Les enquêtes de Joseph Laflamme, tome 1 : Jack
- Les enquêtes de Joseph Laflamme, tome 2 : Jeremiah
- Les enquêtes de Joseph Laflamme, tome 4 : Benjamin
- Vérité, tome 1 : Les Sages de Sion
- Vérité, tome 2 : La Terre promise
- Mort du temple (La), tome 1 : Secretum Templi
- Mort du temple (La), tome 2 : Corpus Christi
- Sanctuaire, tome 1 : Arcadia
- Sanctuaire, tome 2 : Nova Ecclesia

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François Schnebelen
15 août 2025


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