Ce fameux texte qui date de 1983 est justement au sommaire. Il aborde la biotechnologie à travers un homme qui s’est injecté une invention de son cru et qui, sous le regard horrifié d’un ami, se transforme. Même 40 ans après la première lecture, le récit s’avère toujours aussi efficace.
Pascal J. Thomas présente Greg Bear (1951-2022). C’est d’autant plus instructif qu’il n’y a plus vraiment d’actualité autour de son nom, si ce n’est la réédition de « La musique du sang » chez Mnémos. Il s’est lancé très tôt dans l’écriture, sans jamais se décourager, a écumé les conventions de SF pour finalement percer avec des prix prestigieux à la clé. Il s’est investi dans le milieu, a toujours été très actif.
Trois entretiens viennent étayer son portrait, un qu’il a accordé à Pascal J. Thomas en 1985, donc à ses débuts, et un en 2010, après bien du chemin littéraire parcouru. Le contraste entre l’auteur débutant et l’écrivain confirmé est d’autant plus intéressant. Quant au troisième, il s’agit d’un entretien avec sa seconde femme Astrid Bear qui est aussi la fille de Poul Anderson, un géant de la SF. Elle évoque sa jeunesse aux côtés de ses parents et dans le milieu du fandom où elle a justement rencontré Greg Bear.
L’indispensable guide de lectures et la bibliographie de l’auteur complètent ce dossier vraiment prenant et qui remet en avant un des grands auteurs de la SF.
Nicolas Martin suit le réveil d’Eva dans une station orbitale. Elle comprend rapidement qu’elle est seule, plus personne dans les coursives, les salles. Et elle n’est pas au bout des mauvaises surprises... Glissement dans l’horreur, d’autant plus que l’incompréhension la plus totale la gagne, que son corps change à toute vitesse. Le registre de “Lune rouge” colle bien à cet auteur au style percutant.
La troisième nouvelle date pour le moins (1943 !), mais “Les merveilles des sept mondes” de Leigh Brackett n’en est pas moins digne d’intérêt. Elle se déroule dans l’univers du cirque quand une jeune fille se fait embaucher comme danseuse. Elle a sû ensorceler par sa prestation le directeur, le public et les autres membres de la troupe, à l’exception d’une personne qui sent que ce n’est pas normal. Est-elle vraiment ce qu’elle prétend être ? Nous sommes dans la SF des années 1940 avec son lot d’inexactitudes mais cela ne nuit en rien à l’histoire qui se révèle passionnante.
Quant au professeur Roland Lehoucq, il s’intéresse de près au livre « Aurora » de Kim Stanley Robinson et à son vaisseau. Un papier didactique et clair.
Erwann Perchoc interviewe Jean-Marc Lofficier au titre d’éditeur de la maison Rivière Blanche. Comment ne pas s’interroger sur les chiffres de vente ? Avoir la satisfaction de publier un roman pour ne le vendre qu’à une douzaine d’exemplaires présente-t-il grand intérêt, même si le modèle de l’impression à la demande est adapté ? Le grand mérite de Rivière Blanche est de révéler de jeunes auteurs, de leur offrir une première expérience dans l’édition, ce dont se félicite Jean-Marc Lofficier.
Dans les chroniques d’ouvrages, on remarque de nombreux titres de fantasy et aussi un peu d’horreur, même là où on ne l’attend pas.
Ce « Bifrost » remet en avant Greg Bear et donne envie de lire son œuvre. En ces temps de relative disette science-fictive satisfaisante, il n’y a pas à hésiter, il s’avère un très bon choix pour réenchanter l’imaginaire.
Titre : Bifrost
Numéro : 119
Rédacteur en chef : Olivier Girard
Couverture : Manchu
Illustrations intérieures : Anthony Boursier, Matthieu Ripoche et Sabine van Apeldoorn
Traductions : Michèle Valencia (Les merveilles des sept mondes) et Joëlle Wintrebert (Le chant des leucocytes)
Type : revue
Genres : SF, études, critiques, nouvelles, entretien, etc.
Sites Internet : le numéro 119, la revue (Bifrost) et l’éditeur (Le Bélial’)
Dépôt légal : juillet 2025
ISBN : 9782381631851
Dimensions (en cm) : 15 x 21
Pages : 192
Prix : 11,90€
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francois.schnebelen[at]yozone.fr