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Star Wars : Episode I, la menace fantôme
Film américain de George Lucas (1999)
Sortie nationale 13 octobre 1999


Genre : space-opéra mythique
Durée : 2h13

Avec Liam Neeson (Qui-Gon Jinn), Ewan McGregor (Obi-Wan Kenobi), Natalie Portman (Reine Padmé Amidala), Jake Lloyd (Anakin Skywalker), Ian McDiarmid (Sénateur Palpatine), Samuel L.Jackson (Mace Windu), Pernilla August (Shmi Skywalker), Anthony Daniels (C-3PO), Frank Oz (Yoda), Andrew Secombe (Watto), Oliver Ford Davies (Sio Bibble), Silas Carson (Nute Gunray), Kenny Baker (R2-D2), Ahmed Best (Jar Jar Binks), Hugh Quarshie (Capitaine Panaka), Terence Stamp (Chancelier Suprème Finis Valorum), Brian Blessed(Boss Rugor Nass), Ray Park (Darth Maul), Lewis Macleod (Sebulba), Steven Spiers (Capitaine Tarpals), Silas Carson (Nute Gunray), Khan Bonfils (Saesee Tiin), Ralph Brown (Ric Olié), Scott Capurro (Fode ), Dhruv Chanchani (Kitster), Gin Clarke (Adi Gallia), Sofia Coppola (Saché), Michaela Cottrell (Even Piell), Celia Imrie (Pilote Fighter Bravo 5), Clarence Smith (Pilote Fighter Bravo 3), Benedict Taylor (Pilote Fighter Bravo 2), Margaret Towner (Jira), Michonne Bourriague (Aurra Sing ), Roman Coppola (garde du Sénat), Nathan Hamill (spectateur course de Pods), John Knoll (Lieutenant Rya Kirsch), Rick McCallum (guide de Naboo), Matthew Wood (Bib Fortuna)

« Toute saga a un commencement ... » disait le teaser du nouveau Star Wars, lors de la sortie du film, 16 ans après « Le Retour du Jedi ». Mais il omettait de préciser que tout œuvre a sa faiblesse. Et celle de la saga de Lucas s’est matérialisée dans cet épisode...

L’action se déroule bien des années avant le début de la trilogie originelle, 30 ans pour être exact. En ces temps-là, la République Galactique régnait encore sur l’univers, mais commençait déjà à montrer des signes de faiblesse. L’un des exemples flagrants de sa décrépitude grandissante est son incapacité à résoudre le conflit opposant la Fédération du Commerce à la planète Naboo.

En effet la Fédération du Commerce, devant le refus de la jeune Reine Amidala de réaliser certaines négociations avec leur organisation, met en place un embargo contre Naboo. Afin de tenter de calmer les esprits, la République demande au Haut Conseil Jedi de déléguer deux Jedis auprès des responsables de la Fédération, pour qu’ils puissent faire office de diplomates et persuader la Fédération d’abandonner son embargo... Mais dans l’ombre de la Fédération se cache un représentant du côté obscur qui dirige toutes les opérations à distance afin de satisfaire ses plans secrets, l’immonde Dark Sidious. Et les deux jedis, Qui-Gon Jinn et son padawan Obi-Wan-Kenobi, sont alors pourchassés et contraints de fuir sur Naboo. Ils y rencontrent, après avoir sauvé un Gungan simplet du nom de Jar Jar Binks, la Reine Amidala et doivent l’escorter jusque sur Coruscant, où se tient le Sénat, afin qu’elle puisse plaider la cause de son peuple.

Mais après un affrontement avec les escadrons de la Fédération, le Vaisseau Royal doit se poser en catastrophe sur une planète perdue et aride du nom de Tattoïne. Et en cherchant des pièces de réparation pour le vaisseau, Qui-Gon découvre que la force elle-même voulait peut-être qu’il visite cette planète, pour y découvrir le petit esclave Anakin Skywalker , chez qui la force est très puissante. Qui-Gon décide alors de le présenter à Yoda, le chef du Haut Conseil. Mais Dark Sidious, de son côté, envoie son apprenti Darth Maul sur Tattoïne pour empêcher les Jedis et la Reine de repartir...

Comme vous pouvez le constater, le scénario est assez alambiqué, ce qui en soit n’est pas un mal habituellement. Mais en l’occurrence, le propos du film est d’être une introduction à toute la saga Star Wars. Il ne faut pas oublier que d’après Lucas, une fois que les six épisodes seront sortis, ils devront être vus dans l’ordre de numérotation officielle et non selon leurs dates de sorties au cinéma... Oui mais voilà, comment faire pour proposer au public un épisode somme toute didactique, servant d’exposition à l’histoire elle-même, en étant à la fois assez clair pour que le jeune public non-initié au « Star Warsverse » ne se sente pas perdu, et assez pointu et original pour que les fans hardcores de la saga en aient pour leur argent et leur patience... Et bien la réponse est simple : il n’a pas vraiment d’idée !

Et c’est ainsi que les gamins, cible principale du long-métrage, du moins au niveau marketing, se retrouvent ensevelis sous des dizaines de scènes de politique galactique, de complots et de considérations diplomatiques, ce qui ne les aident pas à suivre le film, malgré les interventions incessantes de l’énergumène Jar Jar Binks, qui cumule la couardise de C3PO, la bêtise des gardes de Jabba et les gesticulations des Ewoks.

Et c’est là que l’autre cible du film se sent bafouée : le public adulte, et plus particulièrement les fans. Ils sont atterrés de la superficialité psychologique de certains personnages comme Jar Jar, car celui-ci n’est d’aucune utilité réelle à l’histoire et ne sert que de faire-valoir comique, là où auparavant, C3PO, bien que manifestement comique également, avait une vraie personnalité et intervenait de manière perceptible dans le déroulement de l’action. Bref, tout accuse la production d’avoir créé un personnage « rigolo » destiné uniquement à faire acheter aux enfants des figurines, des mugs , des montres et tout un tas d’autres gadgets, et ceci dans le plus total mépris du respect de l’esprit de la saga... Un peu comme si les producteurs de James Bond décidaient du jour au lendemain d’adjoindre à l’agent secret un gugusse maladroit du type « Austin Powers light » sous prétexte que la série ne captive pas suffisamment les 6-12 ans et qu’elle génère pas assez de retombées en terme de produits dérivés...

L’un des autres problèmes que pose la Menace Fantôme est celui de vouloir trop bien faire...et cela à tout les niveaux... Prendre la décision de réaliser la quasi-totalité des personnages aliens en images de synthèse est sans doute une erreur, car autant le rendu sur les plans larges, pour les batailles notamment, est probant, autant l’intégration de Sebulba, Jar Jar ou Watto auprès des acteurs en gros plan est déroutante, et tue un peu la magie de l’univers de Lucas. Intégrer ensuite une scène entière d’explications entre Anakin et Qui-Gon (cette scène est d’ailleurs involontairement comique, tant elle rappelle les films scolaires avec Roy McLear diffusés durant les cours de Bart et Lisa dans les Simpsons ...) sur l’origine de la Force et tenter de proposer une théorie scientifique sur l’existence de la Force provoque là encore une démythification de la saga, là où sans réelle explication jusqu’alors s’était installé tout un folklore mystique et magique sur la Force.

Bref, George Lucas, en voulant tout faire lui-même, s’est sans doute perdu en route, ne voyant peut-être pas avec suffisamment de recul les différents problèmes auxquels il se confrontait. Il était sans doute trop mis à contribution pour faire apparaître en private-joke les enfants de son ami Coppola, ou le fils de Mark Hamill, ou le producteur Rick McCallum et le responsable effets-spéciaux John Knoll... Et ce au détriment de la qualité du film...

Mais entendons-nous bien : « La Menace Fantôme » n’est pas un mauvais film. Il a même de nombreuses qualités : certains effets spéciaux, en particulier pour la course de Pods, ou la musique de John Williams, toujours impeccables. Il est seulement en-dessous des espoirs qu’on mettait en lui, peut-être trop importants d’ailleurs. Et le fait est que l’évènement de la sortie d’un nouvel opus de « La Guerre des Etoiles » a été trop pesant pour le film lui-même. Mais l’essentiel est que George Lucas et son équipe ont tiré les enseignements de cette mésaventure pour « L’Attaque des Clones », en se consacrant d’abord au film et à l’histoire avant de penser au merchandising, qui fut d’ailleurs moins omniprésent que pour l’Episode 1...

novembre 2002

FICHE TECHNIQUE

Titre original : Star Wars : Episode I - The Phantom Menace

Réalisation : George Lucas
Scénario : George Lucas
Producteur : Rick McCallum
Producteur exécutif  : George Lucas
Musique originale : John Williams
Image : David Tattersall
Effets sonores : Ben Burtt et Bruce Lacey
Montage : Ben Burtt, Paul Martin Smith et George Lucas
Distribution des rôles : Robin Gurland
Direction artistique : Phil Harvey, Jonathan Lee
Création des décors : Amanda Bernstein, Peter Walpole
Création des costumes : Trisha Biggar
Maquillages : Mark Coulier
Effets spéciaux : Pablo Helman, John Knoll, David Manos Morris, Dennis Muren et Peter Hutchinson

Production : Lucasfilm LTD Production
Distribution : 20th Century Fox
Effets spéciaux : Industrial Light and Magic(ILM)

INTERNET

http://www.starwars.com


Nicolas Sumien
14 mars 2004






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