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Yozone LittératureCritiques Jeunesse

La forêt des captifs : Les Mondes d’Ewilan T1
Pierre Bottero
Rageot, 360 pages


Après les aventures épuisantes et inattendues qu’a vécu Ewilan dans le monde de Gwendalavir, celle-ci recherche un peu de calme et de repos. Mais c’était sans compter sur le destin qui la pousse dans les griffes des horribles Ts’liches. Enfermée et torturée dans une étrange institution, elle ne pourra compter que sur l’aide de son fidèle ami Salim. Et tous deux découvriront que le monde parallèle risque d’influencer le destin de la Terre. Grâce à sa maîtrise de l’Art du dessin mais aussi grâce à ses amis aventuriers, Ewilan va s’opposer aux forces du mal les plus horribles... Bottero l’avait dit ! Bottero l’a fait ! Voici de retour les personnages attachants de la trilogie d’Ewilan. Mais attention, ici pas de simple redite facile pour jouer sur la corde sensible du lecteur qui pourrait se trouver conforter dans un monde qu’il connaît bien et sans surprises. Que nenni ! Bottero est bien plus malin en prenant le lecteur à contre-pied. L’aventure démarre tambour battant dès les premières lignes. Rien de nouveau apparemment ? De l’action ? C’est l’ingrédient minimum en fantasy ! Certes. Mais terminé le côté rassurant de l’aventure qui a toutes les chances de bien se finir dans la première trilogie. Bottero met le paquet ! Il plonge ses personnages dans des situations extrêmement sombres et qui semblent sans issues. On relèvera pour exemple la découverte de la salle des patients de l’institution. L’angoisse et le malaise y sont rois. Bottero s’amuse même de passages dignes des meilleurs thrillers. Car Bottero s’amuse véritablement à nous terrifier. Il accentue même l’ambiguïté des personnages. Ceux-ci sont sans cesse sur la brèche. Ils se mettent en danger psychologiquement. Et que dire de la facette politique qui apparaît aux fil de l’aventure. De là à dire que Bottero ne vise plus que les enfants... Mais rassurons les amateurs, la “ Bottero’s touch ” est toujours présente. Le talent de conteur d’histoires est démultiplié. Émotion, aventure, réflexion, tout y est. Alors, laissez-vous happer sans complexes par ces nouvelles aventures d’Ewilan.


Michael Espinosa

27 février 2005