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YOZONE
Le cyberespace de l'imaginaire




Clones : de la BD au cinéma
La BD de Venditti et Weldele portée à l’écran par J.Mostow
28 octobre 2009

Bon, vous l’aurez compris, l’événement phare de la yozone en cette fin de mois d’octobre n’est autre que les sorties, presque simultanées, du roman graphique de Robert Venditti et Brett Weldele aux Editions Delcourt, et son adaptation au cinéma de Jonathan Mostow distribué par Touchtones Pictures.



Chaque jour l’homme est un peu plus esclave de la technologie à son service. A la fin du XXe siècle, l’émergence d’internet, des ordinateurs personnels et des téléphones cellulaires avaient déjà radicalement transformée son mode de vie. Ce n’était qu’un début. Depuis la production et la commercialisation à grande échelle des « clones », dans les années 2030, l’être humain s’est transformé en une sorte de cyber-ermite qui ne quitte physiquement plus son domicile. Pour aller travailler, faire ses courses ou sortir avec ses amis, il utilise un avatar de verre, de métal et de silicium qu’il pilote depuis une console opérateur située à l’abri des murs de son habitation et qui lui renvoie, via les neurotransmetteurs de son casque, les sensations vécues par son clone. Avec un taux de pénétration de 96% parmi les populations des pays industrialisés, les conséquences de l’utilisation de la technologie des clones sont notables : Baisse de la criminalité (plus de crime de sang), des dépenses de santé (ce sont les clones qui paient les excès) et de toutes formes de discrimination (comment savoir en effet si l’individu derrière l’avatar est un homme, une femme, un blanc, un noir, …). Quant aux 4% de réfractaires, les Dreads, ils vivent en marge de la société, dans des zones, situées à l’extérieur des agglomérations, qui sont, par décret, interdites aux machines. Mais alors que le leader des Dreads, Zaïre Powell III, surnommé « Le prophète » par ses ouailles, multiplie ses interventions publiques, deux « Clones » sont retrouvés électrocutés, comme frappés par la foudre, le 8 mai 2054, dans une ruelle du district de Backbone de la métropole de Géorgie Centrale. Mais ce qui se présente pour l’inspecteur Greer comme une simple enquête de routine, va rapidement se révéler comme la première attaque d’un techno-terroriste qui entend remettre en cause notre quotidien…

Profitant de la sortie prochaine de sa libre adaptation sur le grand écran (le 28 octobre prochain), le roman graphique de Robert Venditti (scénario) et Brett Weldele (dessin) se voit enfin publié en France par les Editions Delcourt. Une très bonne chose. Tout d’abord parce qu’il s’agit d’une excellente BD, alliant scénario visionnaire et graphisme sorti des sentiers battus, mais aussi, parce que les nombreuses différences entre le comic-book et le film en font deux œuvres complémentaires sur les thèmes de l’interdépendance de l’homme et de la machine dans nos sociétés modernes et sur les dangers de la virtualisation à outrance de notre quotidien.

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En effet, là où Robert Venditti et Brett Weldele jouent à fond la carte du récit noir en plan serré, sans surexposer décors et technologie, Jonathan Mostow s’est de nouveau associé à John Brancato et Michael Ferris, avec lesquels il avait déjà commis « Terminator 3 : Le soulèvement des machines », pour concocter un thriller d’action cyberpunk spectaculaire qui revisite librement l’intrigue tout en restant fidèle, sur le fond, aux propos du comic-book. Autrement dit, une adaptation qui prend à bras le corps son sujet pour l’exp(l)oser sur l’écran de cinéma.

Dans cette version, où la délicieuse Radha Mitchell interprète la partenaire de Bruce Willis (l’agent Greer), le techno-terroriste ne s’attaque pas uniquement aux clones, mais aussi aux personnes qui les pilotent. C’est ainsi que la première victime du tueur se retrouve être le fils du Dr Lionel Canter (James Cromwell), l’inventeur de la technologie Surrogates, et que l’intrigue se démarque du comic-book en rajoutant une couche de complot aux enjeux de la version dessinée.

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Ce ne sont pas les seules différences entre le film et le roman graphique, mais l’idée originale du scénario est solide et les modifications apportées par John Brancato et Michael Ferris, allié au savoir faire de Jonathan Mostow , permettent de profiter de deux versions de « Clones » aussi divertissante l’une que l’autre. « Extremely good comic-book and movie » comme le dit lui-même Robert Venditti dans l’interview qu’il nous accordé, avec Brett Weldele, il y a quelques jours, à l’occasion de la publication de « Clones » chez Delcourt.

Une bonne BD et un bon film dont on regrettera néanmoins la traduction française du titre en « Clones ». En effet, « The Surrogates » signifie Les Substituts, autrement dit des copies de remplacement pilotées, comme les avatars de jeux virtuels, par leurs opérateurs, ce qui n’a strictement rien à voir avec la technologie du clonage. Cela n’enlève, certes, rien aux qualités de la BD, ni du film d’ailleurs, puisque tous deux sont d’incontestables réussites, mais pourrait porter à confusion.

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Toujours est-il qu’après la conférence de presse donnée par Bruce Willis pour la sortie de « Clones », le film (il y campe l’inspecteur Greer), nous avons, comme je le signalais plus tôt, profité de la venue à Paris de Robert Venditti et Brett Weldele pour les rencontrer, en chair et en os, au cours d’une séance d’interviews organisée au dernier étage de la Tour Montparnasse par Emmanuelle Klein pour les Editions Delcourt.

LIEN(S) YOZONE

=> La critique de la BD
=> L’interview de Robert Venditti & Brett Weldele
=> La conférence de presse de Bruce Willis
=> Le film annonce (vost)
=> La critique du film
=> 2 extraits de « Clones »

=> La bande annonce de la préquelle de la BD

INTERNET

[Le site de Top Shelf Productions : http://www.topshelfcomix.com/
Le site des Editions Delcourt : http://www.editions-delcourt.fr
Le site officiel du film : http://www.clones-lefilm.com
Le site officiel de Brett Weldele : http://www.brettweldele.com/


© Images - Editions Delcourt - Touchstone Pictures - tous droits réservés



Bruno Paul
6 novembre 2009






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