YOZONE
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Le temps des « Blue Cerises »
Interview Yozone des quatre auteurs de la série « Blue Cerises »
Octobre 2009

Les auteurs aiment à jouer avec les mots, les personnages, les histoires. Ils cherchent sans cesse à se surprendre et à étonner leurs lecteurs.
Quatre auteurs jeunesse ont eu cette envie. Celle de créer quelque chose qui ferait rêver, réfléchir, planer, voyager… Plus on est de fous…
Et voilà arrivées les Blue Cerises…
Au-delà des livres, découvrons les auteurs…



La directrice de la collection : Cécile Roumiguière

D’où est venu le concept des « blue Cerises » ? Est-ce une idée de Cécile Roumiguière proposée à l’éditeur ? Une envie de l’éditeur ? Une envie de travailler à plusieurs auteurs ?

Comme je l’écris sur mon site, l’idée des « blue Cerises » est née un soir de décembre, sur l’autoroute du Sud. Je viens du monde du spectacle, devenue auteur à plein-temps, le travail en équipe me manque, parfois. Alors, ce soir-là, le cerveau en roue libre, j’ai imaginé une bande d’auteurs pour écrire une bande d’ados.
J’en ai parlé à des auteurs, ils ont accepté, on a ouvert un forum « blue Cerises » pour parler à la place de nos personnages, les faire grandir, et voilà.
Un an plus tard, l’éditeur s’est présenté. À ce moment-là, il y a deux ans, Milan cherchait une équipe d’auteurs pour une aventure presse pour les 8/11 ans. Jean-Michel Payet leur a dit que cette équipe existait, avec les « blue Cerises », des nouvelles pour des lecteurs plus âgés. Sophie Chanourdie, qui dirigeait « Macadam », a aimé les « blue Cerises », et les a adoptées.

Pourquoi avoir séparé les livres et ne pas avoir fait un seul tome de cette saison 1 ?

Le concept de base des « blue Cerises » est de pouvoir lire les nouvelles dans l’ordre que l’on veut, ce qui ne serait pas possible si elles étaient reliées. On entre dans les Cerises par un personnage, ou un autre, et l’histoire n’est pas tout à fait la même. C’est un point important de cette collection, la liberté laissée au lecteur. Liberté de lire toutes les nouvelles, deux, trois, ou une seule, liberté de les échanger entre lecteurs. Je voulais des livres « nomades », qui entrent dans une poche de jeans et coûtent moins cher qu’un paquet de cigarette. Ça n’a pas été facile, mais on y est arrivé.

Pourquoi monter le concept comme une série télé ? La série anglaise « Skin » a-t-elle été une inspiration ?

C’est marrant, au départ, je n’y ai pas pensé, je regarde très peu la télé. Ensuite, avec l’histoire d’Olivia, le lien s’est fait, mais comme quelque chose de secondaire. On voulait raconter tout ce qui fait la vie d’un lycéen, écrire cet âge entre deux mondes. On a pensé le faire sur une année scolaire, de l’automne au mois de juin, et on appelait chaque « série » des « temps » : le temps des blue Cerises 1, etc. Ça n’a pas plu (sourire)… et les « temps » sont devenus des « saisons », terme qui fait directement référence aux séries télé.
Côté série, je suis plutôt « Alias », j’aime me perdre, voir les épisodes comme ils se présentent, au hasard. L’amatrice de « Skin », c’est Maryvonne Rippert.

Le concept s’annonce avec un secret partagé et aussi des titres évocateurs : « Cibles mouvantes », « L’attentat », qui font penser à du thriller, voire du fantastique avec « L’ange des toits », et finalement on se trouve plus dans des histoires d’amour torturées d’ados en pleine recherche d’eux-mêmes. Quel est le style voulu ?

Un autre point important à la création des « blue Cerises » était la totale liberté de ton et de style des auteurs. Pour ces vacances de Toussaint, Maryvonne Rippert a surfé sur le fantastique. Mais très vite on s’est aperçu sans même en parler que le fait d’écrire en croisé nous amenait à rester dans un même champ. Difficile d’avoir un personnage en pleine SF sur une planète éloignée pendant que les trois autres iraient au lycée dans la région parisienne au début du XXIe siècle… Difficile, mais pas impossible, qui sait ?
Les titres relèvent du choix personnel de chaque auteur, on ne s’est pas concerté.

Chacun a-t-il pu choisir son personnage ? Comment se sont opérés les choix ?

La naissance des personnages s’est faite, encore une fois, en totale liberté. Comme je le dis plus haut, on a créé un forum entre nous, un brouillon à quatre paires de mains. Chacun a pris la parole à la place de son personnage. On n’a pas pensé avant : « il faut deux filles, deux garçons » ni aucune autre considération de la sorte. Ils sont nés comme ça, de nos envies du moment, et ils ont grandi à travers des échanges sur ce forum. Les personnages y parlaient de leur famille, de leur spleen, de tout ce qui fait une vie de lycéen, et nous, auteurs, nous apprenions à connaître les personnages des trois autres pour pouvoir « les écrire ».

Comment avez-vous travaillé pour lier vos histoires ?

La première saison a été écrite en simultané, chacun de son côté. Ensuite, on a lissé les calendriers, les chevauchements, les questions/réponses sur des points précis (les conversations téléphoniques par exemple). C’était possible puisqu’une grande partie des nouvelles se passe pour chaque personnage dans son lieu à lui (ce sont les vacances).
Pour la saison 2, les Cerises sont au lycée, il y a beaucoup plus de croisements. On a écrit en suivant, l’un après l’autre. C’est un procédé stimulant : écrire en premier n’est pas du tout la même chose que « passer » en dernier, les contraintes se resserrent ! Il faut se faufiler entre les « scènes », tout en suivant le fil de son personnage à soi. Vraiment stimulant, oui. On a gardé ce procédé pour la saison 3, mais pas dans le même ordre…

Comment ont été décidées les lignes narratives ?

La seule chose qui ait été décidée et concertée, c’est l’existence d’Olivia comme lien entre les quatre personnages principaux. Mais il n’y a pas longtemps qu’on sait vraiment qui est Olivia, et ce qui s’est vraiment passé ce jour de balade en canoë… Liberté d’imaginer.

Une saison 2 est annoncée pour octobre. Déjà une saison 3 de prévue ?

La parution de la saison 3 est prévue au printemps prochain. Les « blue Cerises » seront en plein réveillon…



La saison 1 des Blue Cerises sur la YOZONE
L’interview de Sigrid Baffert/Amos
L’interview de Jean-Michel Payet/Satya
L’interview de Maryvonne Rippert/Zik
L’interview de Cécile Roumiguière/Violette



Michael Espinosa
24 décembre 2009






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