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Kaïro
Film japonais de Kiyoshi Kurosawa (2001)
Sortie nationale le 23 mai 2001

****



Genre  : anticipation apocalyptique
Durée
 : 1h57

Avec Haruhiko Kato (Kawashima), Kumiko Aso (Michi), Koyuki (Harué), Kurume Arisaka (Junko), Masatoshi Matsuo (Yabé), Shun Sugata (Le manager), Kenji Mizuhashi (Taguchi), Masayuki Shionnoya (le fantôme), Jun Fubuki (La mère de Michi), Shinji Takeda (L’étudiant), Koji Yakusho (Le capitaine du bateau)

Sans que rien ne puisse expliquer son geste, Taguchi, un jeune informaticien japonais, est retrouvé pendu à son domicile. Troublés (mais professionnels), ses collègues récupèrent les disquettes contenant ses derniers travaux et découvrent d’étranges images insérées au milieu des données du projet. Pendant ce temps, des utilisateurs d’Internet voient leur machine se connecter toute seule sur un site diffusant des suites d’images fantomatiques se concluant sur la question : « Voulez-vous rencontrer un fantôme ? ».
De toute évidence, un nouveau virus se répand sur la toile. Une nouvelle forme d’infection qui utilise les machines pour s’attaquer directement à leurs utilisateurs, contaminant leurs esprits et transformant leurs comportements en altérant leur vision du monde. Parallèlement à la propagation du virus dans les réseaux informatiques, le taux de suicide de la ville de Tokyo explose, et l’inquiétude gagne la population, surtout que certains fantômes du net semblent se matérialiser dans le monde réel.

Festival de Cannes aidant (« Kaïro » y a été présenté comme sélection officielle dans la catégorie « Un Certain Regard »), c’est à peine quelques mois après sa sortie au Japon que « Kaïro », le dernier de Kiyoshi Kurosawa, arrive sur les écrans français.

Si la trame rappelle inévitablement le succès horrifique nippon, « Ring » (débarqué également il y a peu chez nous), son traitement ici, et le parti pris de sa réalisation, en sont complètement différents. Là où « Ring » nous présentait une malédiction à progression humaine, ancrée dans le réel, confrontant, au second plan, les aléas de la vie moderne japonaise au poids de ses traditions, « Kaïro » se positionne comme un film résolument fantastique, dans lequel les forces de notre destruction se véhiculent, de façon autonome, par les voies encore mystérieuses de la toile mondiale et du cyberespace, pour parvenir à nous happer dans la fantasmagorie morbide de leurs images syncopées et dangereusement fascinantes.

Dépassant le cadre du récit fantastique, « Kaïro » se pose également comme une œuvre d’anticipation, où, sur fond d’apocalypse, nos moyens de communication modernes sont confrontés aux thèmes de l’isolement, de la mort et de l’au-delà.
Côté des images, la photographie est superbe, les cadrages impeccables et les images spectrales du réseau troublantes à souhait. La bande son s’avère irréprochable également, sachant jouer d’effets sonores, sans en abuser, pour mieux donner la main, aux moments judicieux, à la partition musicale de Takefumi Haketa.
Bien entendu, un certain manque de rythme, allié à l’interprétation, un rien théâtrale, inhérente au cinéma nippon, risque peut-être de désorienter les non-initiés, et, certainement, perturber les aficionados, purs et durs, du cinéma d’action à haute teneur en pop-corn et effets spéciaux. Pour les autres, qu’ils se repaissent ou non d’anticipation, le voyage dans la dimension « Kaîro » devrait vous laisser un souvenir dérangeant, troublant comme une vision de Tokyo complètement désertée.

FICHE TECHNIQUE

Titre original : Kaïro

Réalisation : Kiyoshi Kurosawa
Scénario : Kiyoshi Kurosawa

Producteurs : Shun Shimisu, Seiji Okuda, Ken Inoue Atsuyuki Shimoda

Image : Junichiro Hayashi
Lumière : Meicho Tomiyama
Direction artistique : Tomoyuki Maruo
Son : Makio Ika
Musique : Takefumi Haketa
Effets spéciaux : Shuji Asano

Production : Daiei, NTV, Hakuhodo-Imagica
Distribution : Euripide Distribution


Bruno Paul
23 mai 2001






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