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Yozone LittératureDélices et Daubes

Trop d’ennui tue le plaisir (de lire)
Le sens du vent de Iain M. Banks
Délices & Daubes n°143


Oui, bon, je vais encore me faire des amis. Et pourtant je ne fais pas exprès. Mais je ne vais pas dire que j’ai aimé alors que pas, hein. Là c’est encore plus grave que pour Cat Dufour pour le niveau d’estime (ou de “whuffie” comme dirait Doctorow). Je vais oser dire pas que du bien de Iain M. Banks, THE sci-fi writer, dont d’autres yozonards vous ont fait le dithyrambe. D’ailleurs j’avais relativement aimé L’usage des armes.

Bien sûr que j’apprécie la Culture et sa société égalitaire, libertaire et ludique. C’est plus la forme que le fond qui me gène. J’ai eu du mal à lire Le Sens du Vent, je me suis accroché, je me suis ennuyé souvent, je n’ai pas visualisé très bien les paysages et les environnements. Je ne raffole pas des longues phrases pleines d’incidentes, ni des interminables raisonnements-soliloques du vrai-faux héros major Quil qui a perdu sa femme et ne s’en remettra jamais.
Comme d’hab’, fidèle à son devoir d’ingérence éthique, la Culture est intervenue sur Chel pour modifier une sociéte de castes profondément inégalitaire. Mais ça a déclenché une guerre civile qui a fait beaucoup de morts. Les Chelgriens n’ont pas apprécié et veulent se venger de la Culture.
Sur l’orbitale Masaq’, un espèce de ruban monde à plusieurs niveaux, se trouve un compositeur chelgrien qui s’y est réfugié, Ziller. Il discute beaucoup avec Kabe, un autre étranger à la Culture, un drone pas très drôle et un avatar du Mental de Masaq’. C’est lent et long et il ne se passe pas grand-chose. On visite l’orbitale et on attend le concert.
Pendant ce temps-là, un type de la Culture déguisé en singe est sur un animal grand comme un continent qui flotte dans l’air. Je n’ai vraiment pas vu le rapport entre ces bléthosaures de l’aérosphère et le reste de l’histoire, ou je n’ai rien compris.

Bref c’est un très trop long roman sur la culpabilité et la vengeance, l’honnêteté intellectuelle et les raisons de se suicider.

Bon d’accord c’est intelligent, c’est subtil, c’est pas du space-op bourrin, et il y a quelques surprises même si on se doute bien que la Culture est trop balaise pour se faire avoir par des primitifs. Quand même j’ai mis presque une semaine à lire ce truc et pour moi c’est trop.


Henri Bademoude

22 février 2009