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Le cyberespace de l'imaginaire




Ghost in the shell
Film d’animation anglo-japonaise de Mamoru Oshii (1995)
29 janvier 1997

*****



Genre  : cyberpunk
Durée  : 1h22

Ghost : terme qui désigne la partie humaine du corps qui renferme l’identité d’un individu, inventé afin d’éviter la confusion avec l’âme qui est antérieur à l’ère cybernétique.

2029, les réseaux de l’information sont partout et les progrès de la cybernétique omniprésents. Parmi la population, peu nombreux sont encore les humains vierges de tout support électro-mécanique, soit pour améliorer des performances psychiques ou physiologiques dans le but d’une spécialisation, soit pour remplacer un membre ou un organe défectueux. Il n’est d’ailleurs plus rare, dans certains secteurs de pointe, de travailler avec un cyborg, autrement dit un individu muni d’un corps artificiel et doté d’une conscience, d’un ghost d’origine humaine.

Mais cette société futuriste est loin d’être idyllique. Derrière le paravent virtuel, une terrible guerre d’influence fait rage dans laquelle espionnage, manipulation et contrôle de l’information sont les principaux atouts. Les alliances, entre gouvernements et multinationales, variant au rythme des avancés technologiques, la section 9, le Bureau des Affaires Internes des services secrets japonais, est chargée de couvrir la section 6 qui encadre les pourparlers entre le ministère des affaires étrangères et le gouvernement américain. En effet, un mystérieux terroriste informatique, répondant au nom de Puppet Master, fait son apparition sur l’échiquier politico-industriel et tente de saboter la réunion en piratant le ghost des participants cybernétiquement modifiés. Alors que les agents de la section 9, lancés sur les traces du pirate marionnettiste, commencent à comprendre qu’ils ont été lamentablement manipulés, le Puppet Master, , également connue sous le nom de code « Projet 2501 », emprunte le corps d’un cyborg dans l’entrepôt de l’usine de fabrication de MegaTech et demande asile au Bureau des Affaires Internes en tant qu’entité pensante et vivante, issue de l’océan de l’information. Le major Kusanagi, le cyborg de l’équipe de la section 9, est bien entendu immédiatement fascinée par ce concept de ghost entièrement cybernétique et entend bien plonger dans celui du Puppet Master pour avoir une discussion de ghost à ghost. Malheureusement, Puppet Master est kidnappé.

Adapté du manga de Masamune Shirow, dont pour l’écran il a gommé un certain nombre d’éléments, Mamoru Oshii offre avec « Ghost in the Shell » un monument de la japanisation au mouvement cyberpunk.
A l’image de « Blade Runner », auquel il serait difficile de ne pas penser, tant sur le plan esthétique et thématique que sur l’impact public et professionnel du film (« Matrix »), « Ghost in the shell » nous plonge dans un futur menaçant et pourtant si crédible dans lequel des consortiums industriels, méprisants et tout puissants, pactisent avec les gouvernements pour le contrôle technologique d’une population dépendante et manipulée. S’il on retrouve, effectivement, des thèmes communs avec le chef d’œuvre de Ridley Scott - manipulation de mémoire, cyborgs dépressifs - et un rythme narratif alternant des scènes d’un violence extrême à des passages méditatifs, voir contemplatifs, « Ghost in the shell » dans sa démonstration nous entraîne encore plus loin. Dans un monde où la cybernétique, sous forme d’implants ou autres prothèses, fait partie intégrante de la vie de la majorité des habitants. Dans une enquête où l’on suit les pérégrinations d’un cyborg conscient, cette fois, de son état, se retrouvant confronté à l’émergence d’une forme de vie numérique, une émanation du cyberespace.
Qu’ajouter de plus pour vous convaincre que l’on a à faire à un pur chef d’œuvre qui dépasse le cadre du manga animé ? Et bien si, justement ! Les qualités graphiques de l’animation, les trouvailles visuelles, comme les jeux de cache-cache en tenue de camouflage thermo-optique, la reconstitution si crédible de ce Tokyo futuriste, sont à l’image de la musique de Kenji Kawai, absolument envoûtants.

Bruno Paul

FICHE TECHNIQUE

Titre original  : Ghost in the Shell

Réalisation : Mamoru Oshii
Scénario : Kazunori Itô d’après le manga de Masamune Shirow
Producteur(s) : Mitsuhisa Ishikawa, Ken Iyadomi, Yoshimasa Mizuo,Shigeru Watanabe
Producteur(s) associé(s) : Laurence Guinness, Makoto Ibuki, Yasushi Sukeof, Hiroshi Yamazaki
Producteur(s) exécutif(s) : Andy Frain, Teruo Miyahara, Takashi Mogi
Musique originale : Kenji Kawai
Image : Hisao Shirai
Montage : Shuichi Kakesu
Création des décors : Takashi Watabe
Direction artistique : Hiromasa Ogura
Effets spéciaux : Mutsu Murakami
Effets visuels : Tetsuo Kaneko, Masao Shibata

Production  : Bandai Visual, Kodansha Ltd., Manga Entertainment
Distribution : Manga Entertainment
Effets spéciaux : Marix

INTERNET

http://www.manga.com/ghost/ghost.html


Bruno Paul
1er décembre 2000






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