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YozoneLittérature Critiques

Anneau de Mœbius (L’)
Frank Thilliez
Le Passage, coll. Thrillers, roman (France), Thriller fantastique, 540 pages, octobre 2008, 22,50€

Le nouveau suspense de l’auteur de « La Chambre des Morts » frôle cette fois le fantastique en revisitant le thème du voyage dans le temps, et celui des rêves prémonitoires, avec une explication quantique !


En six romans seulement, Thilliez s’est fait une place de choix dans le suspense hexagonal aux côtés de Brigitte Aubert ou Serge Brussolo, grâce à une imagination débordante et un amour du genre transparaissant à chaque page.

Il n’en est pas autrement avec ce pavé où l’auteur se renouvelle une fois de plus dans l’intrigue comme l’écriture.
Selon une structure bien rôdée, on suit l’itinéraire de deux personnages amenés à se retrouver : D’un côté Stéphane Kismet, maquilleur pour le cinéma d’horreur à la raison fragile. Stéphane a toujours été sujet à d’étranges prémonitions de catastrophes… Qui, à leur tour, ont engendré d’autres catastrophes lorsqu’il cherchait à les éviter ! Ainsi, après avoir “vu” l’accident du train dans lequel il se trouvait, c’est en tirant le signal d’alarme qu’il a provoqué ce même accident dont il fut le seul survivant ! Mais là, il découvre que ses nouveaux rêves sont prémonitoires -très exactement à une semaine de là, une semaine riche en événements.
Lorsqu’il apprend que son proche avenir est des plus sinistres, un incroyable dialogue par rêve interposé va s’instaurer entre “Stefur”, le Stéphane du futur, et celui du présent ! Prisonnier d’un anneau de Mœbius qui risque de les dévorer, Stéphane et son double pourront-ils éviter le pire ?
De son côté, Victor Marchal est un jeune policier marginalisé car soupçonné de piston (au point d’être surnommé “V8” !!!) qui se retrouve embringué dans le meurtre particulièrement atroce, au rituel complexe, d’une ex-vedette du X. La personnalité de la victime va l’orienter vers les milieux fétichistes de l’amputation et des “freaks” en tout genre. Ce qui n’est que le début de la descente aux enfers de la monstruosité physique et mentale…

Ce qui n’aurait pu être qu’une histoire de tueur en série banale, comme le récent « La Danse des Obèses », décolle très vite par justement l’incroyable réseau que Thilliez tisse entre les deux fils de son intrigue qui ne cessent de s’enchevêtrer, plus le choix peu évident de ces deux fils temporaires qui ne cessent de s’agrandir vers d’autres horizons. Des fils où on se laisse engluer jusqu’au vertige, tant cette vision bien particulière du voyage dans le temps et sa justification quantique sont fascinantes.
Pour un si gros roman, le rythme est particulièrement effréné… Peut-être un peu trop : si l’aspect Grand Guignol (au sens noble) typique de l’auteur -d’où les comparaisons avec Brigitte Aubert- est présent, on y perd un peu au niveau des descriptions d’ambiance qui étaient si importantes et précises dans « La Forêt des Ombres » et surtout des personnages : il faut être bien concentré pour se rappeler exactement qui est qui (notamment au niveau des épouses des deux protagonistes, un rien interchangeables).
Mais peut-être est-ce de là que vient ce vertige, cette impression de tomber dans les mêmes abîmes que les protagonistes sans rien à quoi se raccrocher ?

Le style n’est pas en reste, plus cinéphilique que cinématographique, avec des clins d’œil (notamment à « Memento » et « Destination Finale ») jamais lourds et une utilisation inédite des “flashes” évoquant les effets de montage dont usent et abusent TV comme cinéma, heureusement justifiés dans le roman.
Et puis, en cette époque de cynisme, voir de sadisme (les « Saw »…), si Thilliez plonge dans les pires noirceurs de l’âme humaine, le voyeurisme reste absent, et ses personnages empathiques, embarqués sur leur propre chemin de croix, ne cessent constamment de se demander comment on peut en arriver là sans pour autant tomber dans le jugement moral, voire moralisateur. Et si la découverte du criminel est presque expédiée -ce n’est qu’un personnage secondaire- la conclusion revient à l’essentiel et plonge résolument ce roman dans le fantastique. On le sait depuis les tragédies grecques, porter la vérité est une malédiction…

Un pari audacieux donc pour cet « Anneau de Mœbius » électrique dont l’abyssale complexité risque de rebuter certains lecteurs, mais qui montre un auteur exigeant refusant de tomber dans la soupe proto-hollywoodienne pour suivre sa propre voie. On présume que le choix de rester au Passage au lieu de céder aux sirènes commerciales des “grands” (imitant en cela cet autre auteur de premier plan qu’est Fred Vargas, fidèle à Viviane Hamy) est assez symptomatique…

Titre : L’Anneau de Mœbius
Auteur : Franck Thilliez
Couverture (photo) : Jean Grisoni
Éditeur : Le Passage
Collection : Thrillers
Site Internet : l’auteur (fiche éditeur), le site de l’écrivain
Format (en cm) : 15 x 24 (broché)
Pages : 539
Dépôt légal : octobre 2008
EAN : 9782847421224
ISBN : 978-2847421224
Prix : 22,50€

SIGNATURES DE FRANCK THILLIEZ (Déc. 2008)
- Vendredi 12 décembre (18h) Librairie Parvis 3, Pau
- Samedi 13 décembre, Librairie Ombres Blanches, Toulouse



Thomas Bauduret
12 décembre 2008







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