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Yozone LittératureDélices et Daubes

Ré éditons les pointures (suite)
Le voyageur solitaire (Chroniques des Nouveaux Mondes-1) de Jean-Marc Ligny
Délices & Daubes n° 131


Comme annoncé la semaine dernière, je continue mes lectures de trucs plus ou moins remis au goût du jour lors de leur ré édition par ActuSF. Le Ligny s’annonce en plusieurs volumes de nouvelles éparses sensées retracer une histoire du futur, non pas à la Heinlein honni des bien-pensants de gauche et de droite mais à la Cordwainer Smith et ses “Seigneurs de l’Instrumentalité”. Why not ? Un bel objectif s’il en est. C’est ce que nous explique l’auteur dans sa préface. Dont acte.

Suivent 4 nouvelles sans vraiment aucun rapport les unes avec les autres mais chacune avec ses particularités.
Le voyageur solitaire est carrément space, triste et glauque, avec des références mythologiques pas très subtiles, mais bon.
Le traqueur d’extrêmes est le testament d’un individu dont le corps a été modifié aussi souvent que nécessaire pour affronter des conditions inhumaines. Partout où il va il n’est jamais le premier. Bof.
Le cas du chasseur est celui d’un procès intenté contre une mi-louve mi-humaine qui aurait tué un chasseur de lapin. J’ai trouvé rigolo sans être certain que c’était voulu. Si quand même, hein ?
L’astroport est peut-être la plus intéressante des quatre avec un gamin qui communique, empathise avec une structure, rejetant cette saloperie d’humanité.

C’est vrai qu’il y a un fond commun : sauvons la Terre et ses animaux de cette absurdité d’humanité incapable de communiquer avec autre chose qu’elle-même, dépourvue de sensibilité, à quelques exceptions près.
C’est sympathique, bien pensant, bien écrit et donc déjà au-dessus de la moyenne. Malgré tout ça reste un peu plat, un peu gentillet, ça manque de souffle.
Ligny a fait beaucoup mieux après ces œuvres de jeunesse (tout est relatif, surtout le Temps). Lisez plutôt “Aqua TM”, un roman d’envergure qualifiable de chef d’œuvre, plutôt que ces nouvelles.


Henri Bademoude

29 novembre 2008