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Jeepers Creepers 2, le chant du diable
Film américain de Victor Salva (2003)
Sortie nationale le 4 février 2004


Genre  : film de monstres
Durée  : 1h46

Avec Ray Wise (Taggart), Jonathan Breck (Le Creeper), Eric Nenninger (Scott Braddock), Garikayi Mutambirwa (Deaundre « Double D » Davis), Nicki Aycox (Minxie Hayes), Billy Aaron Brown (Andy « Bucky » Buck), Lena Carwell (Chelsea Farmer), Marieh Defino (Rhonda Truitt), Al Santos (Dante Belasco), Kasan Butcher (Kimball « Big K » Ward), Josh Hammond (Jake Spencer), Travis Schiffner (Izzy Bohen), Drew Tyler Bell (Johnny Young).

Attention ! Cinéma à l’horizon. Le premier volet de la saga du Creeper était une surprise cinématographique et un franc succès commercial, le second étage de la fusée est une confirmation. Incontestablement, cet homme là - Victor Salva- sait écrire et réaliser un film ! Il y a bien sûr, les références hitchcockiennes avouées et bien digérées mais il y a aussi et c’est le plus important, une patte artistique, un réel talent et un sens inné du cinéma chez ce monsieur.

Dès les premières images avec ses plans larges, presque panoramiques, sur des champs près d’être récoltés, la tension s’installe en quelques secondes. Un jeune enfant, innocent, blond et beau, vaque à des tâches agricoles sous l’autorité d’un père dur au mal. Il doit renforcer les attaches des trois épouvantails censés protéger la récolte familiale. Plan serré : le garçon fixe d’un œil interrogateur, les trois pantins semblables à des crucifiés des temps anciens au milieu du champ paternel. De cette vision quasi christique du Golgotha et des trois croix plantées au milieu d’un champ du Nouveau Monde, émergera le Creeper, camouflé en épouvantail sur la croix de droite, afin de se saisir de l’enfant innocent et de le faire disparaître à tout jamais. Fin de l’introduction menée tambour battant et début de la chasse.

Pour Salva, le Creeper, qui revient tous les 23 ans durant 23 jours pour garnir son garde-manger, n’est pas une créature démoniaque ou un être animé par une foi quelconque. Il est le chasseur. Il prélève ses proies après les avoir choisies et ne tue pas sans raison. Juste parce qu’il le doit. Il n’y a là aucune malédiction, nul raisonnement, juste le plaisir de la chasse et de la mise à mort.
Alors, il est évident que, quand il décide d’effectuer son prélèvement sur un bus d’adolescents américains, basketteurs et survitaminés, il y a de la part de Salva, une façon claire et précise de régler quelques comptes avec la société américaine. Cette hyper-puissance qui se rêve en gendarme de la planète bien que d’aucun la considère comme le prédateur numéro 1 de l’humanité. Mais foin des analyses trop poussées, ce film contient tous les ingrédients de l’horreur et de l’angoisse en ne montrant presque rien des massacres. Le Creeper prend et disparaît puis il revient, reprend et disparaît à nouveau...La logique est implacable et si rien sur terre ne peut tuer le monstre, il ne restera plus que l’amour d’un père et la vengeance pour seule arme contre la mort en marche.
Ensuite, du huit clos désespéré que vivront les adolescents dans leur bus, à la fuite éperdue et irréfléchie de ces petits moineaux humains au milieu des champs, jusqu’à la résistance finale, il n’y aura que le temps à opposer à l’inéluctable... 23 jours tous les 23 ans...

Effets spéciaux et sens du cadrage parfaits, remarquable analyse psychologiques des personnages à travers l’épreuve de l’horreur, froideur du traitement de l’abomination qu’est le Creeper, tout les ingrédients sont là pour une franche réussite qui rassemble toute la mythologie interne du peuple américain : la religion (l’église où était les cadavres du premier volet a brûlé, le Creeper apparaît aujourd’hui en crucifié), l’Ouest profond où tout peut arriver (un champ paumé, une route où presque personne ne circule) et comme seule arme, le lien familial, génétique et l’obstination ancestrale d’un peuple de colons.

Grâce à son talent, Salva invente la créature horrifique parfaite, délicieux croisement entre l’émergence de nos peurs ancestrales et la survivance d’un monstre des temps anciens.
« Jeepers creepers 2, Le chant du diable », un film angoissant qui va bien plus loin qu’on ne pourrait le croire tout en étant une grande réussite du genre. A voir absolument !

FICHE TECHNIQUE
Titre original : Jeepers Creepers 2

Réalisation : Victor Salva
Scénario : Victor Salva
Story-board : Victor Salva, Brad Parker

Producteur  : Tom Luse
Producteurs exécutifs  : Francis Ford Coppola, Bobby Rock, Kirk D’Amico, Lucas Foster
Co-Producteur exécutif  : Philip Von Alvensleben

Musique : Bennett Salvay
Directeur de la photographie : Don E. Fauntleroy
Chef monteur : Ed Marx
Chef décorateur : Peter Jamison
Chef costumière : Jana Stern
Design de la créature : Brad Parker
Superviseur effets spéciaux : Jonathan Rothbart
Maquillage effets spéciaux : Brian Penikas
Distribution des rôles : Aaron Griffith, Linda Phillips-Palo, CSA

Production : Zoetrope Production, Myriad Pictures United Artists
Distribution : UFD

INTERNET

http://www.jeeperscreepers2.net


Stéphane Pons
2 février 2004



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