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Je Suis Ta Nuit
Loïc Le Borgne
Intervista, collection 15-20, roman (France), fantastique, ados, 365 pages, 14,90€

Pour Pierre, le temps est venu de révéler à son fils un lourd secret sur sa propre enfance.
Lorsqu’il avait son âge, il s’est retrouvé acteur d’événements étranges. Une période de sa vie où il découvrit que le croquemitaine avait pour nom « Bonhomme Nuit » et que ce n’était pas qu’une histoire pour se faire peur le soir avant de dormir…



Le second titre de la collection “15-20” créée il y a peu chez Intervista et dirigée par Constance Joly-Girard et Denis Guiot met la SF de côté et plonge dans le roman de terreur comme a pu le créer Stephen King. La comparaison est bien volontaire car dès les premières pages, on ressent la filiation voulue avec force par Loïc Le Borgne avec son auteur sûrement fétiche.
Un récit à la première personne, un groupe d’enfants, la découverte de l’adolescence et de ses cruautés, des secrets révélés et un ancrage dans une période de souvenirs pour l’auteur et pour ses lecteurs adultes. Les ingrédients du roman de vie et d’horreur à la King sont là.

Pour le coup, Loïc Le Borgne plonge d’abord tête baissée dans les travers du genre dans sa première partie. Les références à la génération “Goldorak, Star Wars, Casimir” passent du clin d’œil sympathique et nostalgique au déversage de trop plein de souvenirs pour remplir la vitrine. À force de revenir sur ces images du passé, elles en deviennent parfois gonflantes. Je me suis tout de même demandé si le fait que celles-ci m’étaient connues n’était pas justement le handicap, contrairement aux références des années 60 américaines chères au King que je découvrais à chaque fois et qui me paraissaient posséder un aspect magique et inaccessible. Aurais-je joué l’anti-français de base ?

Alors passons sur ces souvenirs communs et venons-en aux souvenirs de Pierre. Cette première partie, toujours, traîne en longueur. Certains diront qu’il le fallait pour bien connaître les personnages et pouvoir apprécier leurs réactions face à l’horreur qui les attend dans la seconde partie. Je n’en suis pas si sûr car, justement, la seconde partie se lit en revanche comme un pur roman d’horreur.
Les éléments se déchaînent autour des enfants et pour certains leur sont fatals. Ils n’ont plus d’issue, les voilà cernés par le mal représenté par ce “Bonhomme Nuit” insaisissable et énigmatique. Là aussi, parfois trop. Il sème les interrogations mais repousse sans cesse le temps des réponses. Une danse macabre qui fait souffler de mécontentement car on sent les astuces de suspense un peu artificielles.

Il reste que la seconde partie se lit avec quelques secousses au cœur et que la révélation finale est plutôt bien traitée et tout de même étonnante. Les éléments du roman d’apprentissage à la dure sont présents et habilement exploités, nous rappelant que le passage à l’âge adulte et la perte des repères si douillets de l’enfance sont décidément bien ardus.

Titre : Je Suis ta Nuit
Auteur : Loïc Le Borgne
Couverture : François Damville
Éditeur : Intervista
Collection : 15-20
Directeur de collection : Constance Joly-Girard & Denis Guiot
Site Internet : Intervista
Pages : 365
Format (en cm) : 14,5 x 21
Dépôt légal : mars 2008
ISBN : 978-2910753818
EAN : 2910753816
Prix : 14,90€

Michaël Espinosa


Michael Espinosa
30 mars 2008






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