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Les âmes d’Helios : Entretien avec Roberto Ricci
L’interview du dessinateur et les premières planches du troisième volet inédit des Âmes d’Hélios
septembre 2004

Né à Rome le 21 septembre 1976, Roberto envisage d’abord une carrière musicale. Il souhaite devenir guitariste. Mais une blessure aux tendons l’empêche de suivre cette voie.
Il se dirige alors vers la bande dessinée, inspiré par « Arzach » de Moebius et « Ronin » de Frank Miller.
La musique devient sa muse avec : Led Zeppelin, Frank Zappa, King Crimson... et, surtout, Mike Patton.



Il réalise d’abord de brèves histoires pour le magazine américain Heavy Metal tout en enseignant la BD à Rome (Scuola Internazionale di comics).
Puis, d’une rencontre sur internet avec Saimbert, nait l’univers de « Les Âmes d’Hélios ». Un récit techno-fantasy où dans une ambiance sombre, gothique
décadente, Ylang, une jeune femme fragile, tente d’échapper à son triste destin en devenant chevalier dragon.
Superbement réalisé en couleur directe dans un style inspiré de Gimenez à la manière de la « Caste des Méta-Barons ».

Roberto Ricci compte bien explorer d’autres univers et d’autres styles de dessin.
En phase d’étude, un projet dans l’ambiance des années 20/50 aux Etats Unis et d’autres déjà en gestation... à découvrir ... :o)

Et quelques très belles images sur son site internet : www.riccirob.com

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire de la bande dessinée ?

J’ai toujours été passionné par la bande dessinée. Tout a dû commencer vers 9 ou 10 ans quand, pour la première fois, j’ai vu Arzach de Moebius chez Metropolis (une des premières librairies spécialisées en bande dessinée à Rome). Je suis devenu un lecteur assidu de ce nouvel univers, si différent des habituelles BD de “Mickey Mouse” (en Italie et pour la majorité des enfants, le terme “bande dessinée” représente cette série de Mickey).
L’envie de devenir “concrètement” auteur de BD est venue bien plus tard, vers 20 ans, parce que je voulais d’abord être musicien. La passion du dessin a évolué parallèlement à celle pour la musique qui avait pris le dessus sur tout le reste.
Ce n’est qu’après avoir compris que cette carrière musicale était impossible en raison de problèmes de tendinites et de diverses opérations, que j’ai opté pour cette voie et, sincèrement, je ne m’en plains vraiment pas !
Heureusement, j’ai eu un père passionné de fantastique, de science-fiction et de dessins animés.
Cela aussi m’a aidé à développer mon imaginaire !
MERCI PAPA !

Quels sont les moments clés de ta carrière ?

Je pense qu’une étape fondamentale a été de fréquenter “l’école internationale de comics” à Rome.
C’est là que j’ai connu mon professeur et ami Saverio Tenuta qui m’a aidé à comprendre les rudiments de la narration en BD.
Je n’ai fréquenté cette école qu’une seule année (le cursus complet était de 3 ans), mais cela a été suffisant pour faire mes premiers pas dans ce qui allait devenir ma future carrière.
En fait, tout a été assez rapide.
J’ai commencé en faisant des albums à colorier pour les enfants (les Zoonautes) et de petits travaux irréguliers, pas forcément en rapport avec la BD, mais toujours avec le dessin.
Grâce à Saverio et sous sa supervision, j’ai réalisé avec le coloriste Carlo Bocchio ma première histoire en BD : Conquistadores pour Heavy Metal aux USA.
Tandis que d’autres récits étaient publiés dans Heavy Metal ( The Dart, Genesis, Ruskin ), j’ai entamé une collaboration avec un agent ( Enrico Salvini : www.redsectorart.com) pour la vente des originaux aux USA.
J’ai pu ainsi approfondir mes connaissances en peinture et illustration en devant réaliser des inédits pour des particuliers selon différentes techniques ( acrylique, huile, aquarelle, écoline etc.).
Par ailleurs, après un an d’apprentissage, j’ai commencé à enseigner dans l’école où j’avais d’abord été élève.

C’est un travail très stimulant, parce qu’il te permet d’apporter quelque chose aux autres et, en même temps, d’apprendre des choses grâce à eux. Il faut souvent solutionner des problèmes de scénario, de découpage, de doutes anatomiques divers... que tu n’as peut-être jamais rencontrés (car les combinaisons de problèmes sont infinies).
Là, sur l’instant, il faut trouver une solution, tu ne peux décevoir ton élève ! :-) Ainsi, en repoussant tes (habituelles) capacités, tu parviens à aider quelqu’un et à enrichir tes connaissances en même temps (et tu es même payé ! :-) ).
... et maintenant, nous y voilà !

J’ai fait la connaissance de Saimbert par une annonce sur Internet (envoyée par un ami, Marco). Un échange rapide de courriers, de croquis divers et de bouts de scénarios pour mieux se connaître, et c’est ainsi que sont nées LES AMES D’HELIOS.
Un projet sur 4 tomes, qui va encore m’occuper un moment.
J’ai toujours voulu travailler pour le marché français, c’était la bonne occasion.
J’avais déjà proposé un projet en solo il y a quelques années, mais sans grand résultat (à l’époque je n’étais pas encore assez mature graphiquement).
J’ai réalisé les story-boards de Break Point, toujours sur scénario de Saimbert pour Albin Michel . De plus, je travaille sur d’autres projets en tant que story-boarder, dans l’espoir de les placer eux aussi ! ;-)

Qu’est-ce qui t’a plu précisément dans le scénario de Philippe ? Qu’est-ce qui t’a tout de suite inspiré ?

Parfois, la vie est vraiment bizarre !
Peu avant de connaître Philippe, je réfléchissais à une histoire qui aurait été très proche graphiquement de l’univers décrit dans son script ( la technologie aurait été basée sur un concept très différent, mais l’atmosphère en était très proche ) et c’est certainement une des raisons qui m’a le plus donné envie de réaliser cette histoire.
Ensuite, l’inspiration est venue toute seule !!! J’ai simplement essayé de puiser dans mon bagage personnel, composé de films ( Alien, Blade Runer, Le 5e élément, Dune, Star Wars...), de romans ( Philippe K.Dick, Asimov...), d’art ( pour Hélios, le gothique principalement ) et surtout de BD !
Et je t’assure qu’il est presque impossible ( en tous cas pour moi ) de vouloir faire une BD de science-fiction sans loucher au moins une fois sur les magnifiques travaux de Juan Gimenez.
Je n’aurai de cesse de le répéter, si Gimenez n’avait pas existé, Les Ames d’Hélios auraient aujourd’hui une toute autre allure.
C’est comme avoir eu une grosse et robuste “béquille” sur laquelle s’appuyer dans les moments d’hésitation... et, dans le premier tome, il y en a vraiment eu beaaaauucoup !!! MERCI ! MERCI ! MERCI ! et encore mille fois Merci Juan !!!

Vous vous êtes tous deux beaucoup impliqués dans sa conception. Comment s’est organisé votre travail ? Qu’est-ce qui vient plus de toi et plus de Philippe, mis à part l’aspect dessin/scénario ?

Grâce à internet, les choses ont été plus simples que ce que l’on pourrait croire. Tous les soirs, j’envoie à Philippe ce que j’ai fait dans la journée par courriel et, le lendemain matin, je reçois sa réponse avec d’éventuels commentaires, propositions...
Sauf au début et jusqu’à ce que nous ayons bien concrétisé nos idées, tout prend vie assez facilement entre Philippe et moi.
Son script et mon travail tendent à fusionner en un ensemble d’opinions et d’idées que l’on compare.
Il y a beaucoup de respect des deux côtés et j’essaie donc de m’éloigner le moins possible de ses visions. En même temps, Philippe me laisse beaucoup de liberté de créer, tant pour le dessin que pour la narration (je peux ajouter ou déplacer des cases à volonté, ou modifier tranquillement des cadrages que je juge peu efficaces).

Géographiquement vous êtes très éloignés. Cela a t’il été un obstacle à certains moments ?

Notre gros problème, c’est ma faiblesse en anglais et en français !!!
Heureusement je parviens à lire assez facilement, mais dès que je tente d’expliquer quelque chose de plus compliqué, il y a de quoi s’amuser ! :-) Je réussis beaucoup mieux à m’expliquer par des croquis et dessins.
Regardez-moi ! Le dernier exemplaire d’“auteur BD des cavernes” !!! :-)
Heureusement, j’ai récemment débuté des cours de français. Je pourrai ainsi (bientôt j’espère) plus facilement discuter avec tout le monde !

Les personnages vous ont demandé plus de recherches que les décors et les ambiances. Dans quelle mesure ? Il y a eu plusieurs étapes dans leur élaboration ? Par exemple Ylang a t’elle toujours été cette jeune fille fragile ?

Hélios n’était qu’une, tandis que les personnages étaient... très nombreux ! Effectivement, j’ai eu beaucoup plus de travail avec eux. J’ai essayé de ne délaisser personne, en cherchant à donner une “âme” à tous.
Pour Ylang c’était différent. J’ai voulu créer un personnage soumis et presque sans caractère, ce qui m’a pris beaucoup de temps. Mon idée était de développer un personnage qui doit vaincre de nombreux obstacles avant de devenir celui qu’il sera vraiment.
Ylang, contrairement aux autres personnages, peut probablement sembler le moins intéressant et avec le moins de caractère, mais je vous assure que c’est ce que je voulais. La difficulté sera de parvenir à la faire “éclore” complètement au bon moment. Alors vous verrez la vraie Ylang.

En quoi les décors se sont-ils imposés d’emblée ?

Philippe m’a tout de suite fait comprendre qu’il souhaitait une atmosphère aux teintes gothiques. J’ai tâché de répondre à sa demande tout en y mêlant des aspects différents puisés au fond de moi-même. Le tout de façon à obtenir des constructions les plus originales possibles (bien que je sois d’avis que désormais tout a déjà été inventé. On ne peut faire que des évolutions, mais on aura du mal à être original).

Quels ont été les moments forts dans la conception/réalisation des albums ?

Le plus important, ce sont certainement les story-boards. Ils s’apparentent aux fondations d’un bâtiment. Si elles sont mauvaises, tout s’écroule inexorablement. On oublie souvent que la BD est surtout un moyen de raconter des histoires. Peu importe que les dessins soient spectaculaires, le nombre de couleurs ou de nuances utilisées pour telle case. Si le scénario ne fonctionne pas, le résultat est mauvais.
Ce sera peut-être un beau dessin, mais pas une bonne BD. Dans ce cas, autant rester à l’illustration ! Parmi mes auteurs préférés, certains ne sont pas des virtuoses du dessin, mais ils débordent de force évocatrice et narrative (Rick Veitch “Max immortel” “Brat Pack” ou Frank Miller).
Je pense avoir encore beaucoup à apprendre sur les techniques de scénario, mais il y a heureusement des gens comme ces derniers qui ont encore beaucoup de leçons à me donner.

Pour ta première “vraie longue” BD, qu’est-ce qui a été le plus difficile ?

La difficulté principale est la régularité ! Quand tu réalises une histoire courte, tu n’as pas de véritables échéances et tu peux prendre le temps et la liberté que tu veux. Par contre, pour un album, tu dois travailler plusieurs heures tous les jours. A l’approche de la date butoir, il y a souvent du retard ( dû à des paramètres incontrôlables, des jours de fatigue...), et il faut alors y consacrer encore plus d’heures de travail pour rattraper.
Il est surtout important d’arriver à une cohérence graphique sur tout l’album avec la même qualité et le même soin à chaque page (ce qu’il est très difficile de réussir).

Un conseil que je donne souvent aux dessinateurs qui se lancent dans un projet au long cours, c’est de ne pas faire de planche trop spectaculaire qui nécessiterait plus d’une semaine de travail .Le risque serait qu’à l’approche de l’échéance, alors que tu dois te dépêcher, la qualité des planches chute lourdement. Si au lieu d’une semaine par planche, tu n’as plus que trois ou quatre jours afin d’éponger le retard, tu ne réussirais plus à obtenir les mêmes effets. Du coup, le lecteur verra que ton travail se dégrade au fur et à mesure des pages, ce qui va évidemment te faire du tort.

En quoi cela te semble t’il plus délicat de dessiner une femme plutôt qu’un homme ?

Simplement parce que par rapport à la femme, l’homme est moins régulier. Les lignes anatomiques générales du corps masculin sont plus nettes et brisées, tandis que la femme est faite de longues courbes harmonieuses. Si tu rates quelque chose dans l’anatomie d’un homme, cela peut même parfois sembler plus intéressant.

Si cela t’arrive sur un corps féminin, tout s’écroule comme un château de cartes ! Il y a un équilibre délicat dans les courbes que je n’ai pas encore réussi à atteindre, même si j’ai remarqué des progrès dans le deuxième tome d’Hélios. J’admire énormément les dessinateurs qui réussissent à appréhender l’essence du corps féminin en quelques traits. Surtout les dessinatrices qui représentent les femmes avec une âme et une beauté plus délicate et intimiste que nous les hommes qui nous renfermons souvent (heureusement pas toujours) dans cette représentation féminine banale et vulgaire.

Qu’est-ce que tu as pris le plus de plaisir à réaliser ?

Dans une planche de BD, tu dois représenter différents éléments et faire évoluer divers personnages. Il n’y a rien que j’aime plus ou moins réaliser. Le seul vrai plaisir est probablement de voir que tu crées quelque chose d’entièrement personnel (à ce propos, je dois remercier tous ceux qui nous ont permis de concrétiser ce projet).

Tu as réalisé un tout autre genre pour les Etats-Unis. Tu aimes varier les genres ? Y a t’il d’autres genres de BD que tu aimerais réaliser ? D’autres domaines à explorer ?

Je ne recherche pas un style ou un genre de dessin qui me représente, mais plutôt des histoires qui me passionnent. Ainsi, à chaque histoire correspondent un trait et une esthétique différents. Toutes mes histoires pour Heavy Metal aux USA ont été réalisées selon des techniques complètement différentes, chacune appartenant à un thème différent (Fantasy, S-F, Humour, Horreur). J’aimerais beaucoup un jour faire quelque chose de plus intimiste et minimaliste, venant de mon âme mais..., pour l’instant, je ne me sens pas encore assez mûr.
En ce moment j’écris avec mon grand ami, une histoire située dans le New-York de 1920 et 1950 aux couleurs assez fortes. J’espère l’achever quand j’en aurai fini avec Helios, surtout du fait qu’elle aura un style de dessin complètement différent d’Helios (pour donner une idée, je souhaite faire quelque chose de pareil à Kent Williams, George Pratt, Jhon J Muth...) et c’est pour moi très difficile de faire les deux ensemble. Je peux déjà dire qu’elle sera en trois volumes de 48 pages :-)

Ce un projet est très différent d’Hélios ? Qu’est-ce qui te tient à coeur dans cette réalisation ?

Je veux réaliser une histoire comme ça surtout parce que j’adore tous les films comme “Les parents”, “Untouchables”, “Les sentiers de la perdition”, Il y était une fois en Amérique... De plus, j’aime beaucoup les voitures, la déco et l’habillement de ces époques.
Je suis en train de chercher de l’info pour la réaliser. Si quelqu’un peut nous aider, nous serions très content ! :-)

Il respecte une conception scénique un peu particulière. Tu nous en parles un peu ?

Vraiment je ne peux pas dire trop ! Je ne pense pas avoir écrit l’histoire la plus originale du siècle. Gardons un peu de suspense pour le moment. Je peux dire seulement qu’il s’agira d’un polar “indien”.

Que penses-tu de la BD comme médium pour véhiculer les idées, défendre des causes ?

La BD est un médium, pas forcément de grande audience comme la télévision ou la radio, mais elle te permet quand même d’atteindre un certain public. Je crois beaucoup en sa puissance représentative et émotionnelle et je serais très heureux de participer à un projet autre que pur divertissement. Mais comme je disais précédemment, je ne suis peut-être pas encore prêt.
“Maus” de Spiegelmann reste pour moi l’une des œuvres les plus touchantes que j’ai lues. Ce serait intéressant de le faire lire dans les cours d’histoire à l’école. Il a laissé en moi une trace indélébile. Je ne pense pas pouvoir créer un jour quelque chose d’aussi intense.

As-tu eu l’occasion depuis de rencontrer Juan Gimenez ?

Malheureusement pas encore ! J’aimerais beaucoup lui serrer la main et le féliciter.

Tu aimes la BD avant tout, ou le dessin avant tout ? Comment gères-tu ton rythme de travail sur la BD ? Ca ne doit pas être facile à concilier avec tes cours de dessin ?

C’est plus simple que ça ...j’aime toute forme d’art. Point !
Je suis très strict quant à mon rythme de travail.
Sinon, je ne parviendrais à rien, parce qu’en allant 2-3 jours enseigner à l’école (du matin au soir), il ne me reste que peu de temps à consacrer à la BD.
Quand je suis chez moi, ma journée s’organise ainsi :
- 8 :00 réveil et petit déjeuner copieux, douche...
- 9 :30-10 :00 à ma table à dessin
- Mise à part la pause déjeuner, je reste assis à ma table à dessin jusqu’à environ 20 :00 et, le soir, j’essaie au maximum de rester avec mes amis (sauf les jours où je travaille jusque tard dans la nuit afin d’absorber un retard).
Pour une planche, il me faut à peu près quatre à cinq jours (trois jours, c’est trèèèèèès rare !), répartis en un à un jour et demi pour les crayonnés, une demi journée pour l’encrage, deux jours pour la couleur. Ceci dans le meilleur des cas. Souvent je m’attarde un peu plus sur les crayonnés. Je ne suis pas un dessinateur très rapide !

Parle-nous de tes méthodes de travail.

Avant de commencer à dessiner, je lis plusieurs fois le script de Saimbert, pour m’imprénier de l’histoire et trouver toutes les connexions entre les séquences (s’il y a des choses importantes à dessiner sur les premières séquences parce-que je les rencontrerai aussi sur les dernières séquences). Après je travaille sur des tranches de séquences. Je réalise une bande dessinée en la découpant en quatre parts. C’est mieux que travailler planche par planche. Surtout si je dois changer quelque chose que j’ai dessiné sur les premières planches de la séquence... c’est encore possible.
J’encre les planches surtout au pinceau avec aussi un peu de feutre. Toute la mise en couleur est faite à l’écoline et quelques fois les petites retouches au pastel... j’utilise rarement l’acrylique.

Utilises-tu des modèles humains en chair et en os pour les poses de tes personnages ?

Souvent, c’est moi que j’utilise pour mieux comprendre les positions. Il y peu, j’ai acheté un appareil photo numérique, je ne l’ai pas beaucoup utilisé. Je pense que cela peut être un instrument vraiment intéressant, surtout pour mieux comprendre l’anatomie et les lumières. Je crois que je l’utiliserai beaucoup plus pour mon prochain projet.

L’informatique intervient de plus en plus dans la BD. Que penses-tu de cette technique ? Est-ce que cela t’inspire d’utiliser un ordinateur pour le dessin ? Le plaisir peut-il être le même dans ce cas ?

Il m’est arrivé une fois de colorer une histoire courte par ordinateur, mais je ne supporte pas ça !!!! Je m’amuse pendant les premières planches et ensuite j’attrape la nausée ! (je déteste rester face à un écran). J’aime beaucoup les couleurs par ordinateur. Mais ce n’est pas pareil de les faire et de les lire ! ;-)
De plus, j’adore avoir concrètement toute la planche entre les mains, et l’ordinateur te prive de ce plaisir (tu peux l’imprimer, mais ce n’est pas la même chose)... Et pour finir... tu ne te salis même pas un petit peu ! ;-)
Non ! non ! non ! Ce n’est pas pour moi !

A l’origine tu te destinais plus à une carrière musicale. Parviens-tu à te réaliser dans le dessin comme tu aurais pu le faire sur le plan musical ?

Le fait de ne pas réussir à faire de la musique m’a laissé “un grand vide”, mais le dessin est en train de le combler peu à peu. La musique, ce sera pour une autre vie !

Tu aimes travailler dans une ambiance musicale. Y a t’il des moments où la musique t’a tout particulièrement inspiré ? Si oui, pour quelles réalisations ?

La musique fait partie intégrante de ma vie. L’inspiration que je lui dois est continuelle et constante durant toute la journée de travail. Une vie sans musique n’est pas une vie !

Tu remercies Mike Patton sur tes deux albums. Quelle place cet artiste occupe-t’il dans ton travail ?

J’adore Mike Patton et tous les différents projets qu’il réalise (Fantomas, Tomahawk, Peeping Tom et ses collaborations avec les autres artistes) et tous ceux qu’il a realisés avec M.Bungle et Faith No More. Surement un des artistes que j’écoute le plus pendant mes heures de travail. J’aime bien la façon qu’il a de changer de genre de musique avec chaque groupe et ses recherches continues de styles. Cela correspond un peux à ma vision du dessin. J’espère un jour pouvoir faire quelque chose avec lui, une couverture pour un cd par exemple ! ;-) J’aime aussi beaucoup d’autres groupes, sourtout anciens comme, King Crimson, Led Zeppelin , Frank Zappa... FREAK POWER TOGHETER ! ;-)

Quels personnages te touchent le plus ?

Les cardibans sont les personnages les plus réussis et tendres de la BD. J’aimerais vraiment leur ressembler...ha !ha ! J

Excuse-moi, je plaisantais ! Corbin est celui dont je me sentais le plus proche. J’ai vraiment été triste de le faire mourir. En plus c’est aussi avec lui que j’étais le plus à l’aise graphiquement ! Ensuite ce sont les jumeaux. J’adore colorer leurs crânes rasés ! :-)

Les couleurs du tome 2 sont beaucoup plus vives. Pourquoi ce changement ? En quoi servent-t’elles l’histoire ?

Sur le premier tome, il y a moins de couleurs et elles sont moins saturées. Sur le deuxième, il y a plus de couleurs et elles sont plus saturées.
Sur le deuxième volume il y a plus d’action, des couleurs fortes étaient plus indiquées. Peut-être que pour le dernier volume je recommencerai a faire des couleurs pareilles au premier, mais je dois encore lire le script ! ;-)

Y a t’il d’autres choses que tu aimerais réaliser ? Serais-tu tenté pour travailler dans l’univers du cinéma ?

Je pense qui j’aurais besoin de beaucoup de vies pour faire tout ce que j’aimerais faire. Pour le moment je dois terminer Helios. Mais à part le “polar”, je voudrais faire un récit pour enfants contre la violence sur les animaux et expérimenter les genres narratifs les plus différents. Je projette de créer un atelier de bande dessinée. L’univers des jeux vidéo me tente beaucoup. Travailler pour le cinéma est un de mes plus grands rêves.

Les dessinateurs italiens ont grand succès en France dans l’univers de la BD. As-tu des idées sur la question ? Un style de dessin, un esprit différent ?

Peut-être notre charme latin ? mmmmmmmh...peu de cheveux, des lunettes et à force de dessiner, je vais finir bossu ! Non ! Oublions le charme latin ! :-)

Sincèrement cette question me met dans l’embarras ! Je ne pense pas être un dessinateur à succès. Je suis une goutte dans un océan d’excellents auteurs (italiens ou autres). Je sais juste que j’ai une énorme envie de me mettre à l’épreuve, voilà tout !

Entretien : Isabelle Le Bail
Traduction : Pierre Frigau
Mise en scène : Fabrice Leduc


Fabrice Leduc
Isabelle Le Bail
20 septembre 2004






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Roberto Ricci prépare... des pâtes !



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R. Ricci dans sa diversité



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Douce Ylang



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Ylang, lumineuse



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