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Le Monde, la chair et le Diable
Ville et cinéma d’apocalypse
13 juillet 2007


A revoir aujourd’hui Le monde, la chair et le diable, on ne peut qu’être saisi par la force (et certainement aussi la pertinence) de sa mise en scène.

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L’image est en cela parfaitement emblématique d’une mise en situation de l’humain dans une situation anormale et par conséquent effrayante. Le cadre urbain devient oppressant parce que sa géométrisation souligne à l’excès la solitude du protagoniste.

Ainsi se dessine une nouvelle façon de considérer la ville, non plus comme un lieu intégré à la vie sociale ou professionnelle mais comme un caveau.

Parce que l’image nous montre une ville sous un jour nouveau. Ce n’est plus la ville détruite propre à des rêveries post-apocalyptiques mais des cauchemars qui soulignent la suppression pure et simple de l’humain.

Pour nous en convaincre, examinons rapidement cette image.

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Le final de La Planète des singes (1968) illustre à la perfection, dans son minimalisme, cette image de la ville détruite. La Statue de la Liberté brisée est l’élément qui métaphorise et iconifie la fin de la civilisation. Une fin violente et totale.

Il s’agit toujours d’un écho cinématographique des destructions urbaines telles que la Seconde Guerre Mondiale avait pu nous les apprendre.

Ce n’est plus le propos quand nous voyons ces villes désertes.

Ce sont des coquilles vides.

Pire, ce sont des restes qui ne portent pas, au sens strict, les marques de la destruction de l’humain. L’homme est simplement absent et d’une certaine façon la ville pourrait encore fonctionner.

Il est intéressant de voir cette image revenir de films en films, à mesure que se constitue un mythe cinématographique.

Par exemple, en 2000, dans Vanilla Sky, le personnage interprété par Tom Cruise se trouve perdu dans un Time Square (New York, encore) abandonné.

Puis dans 28 Days Later, c’est un comateux qui reprend conscience et se retrouve dans un Londres là aussi déserté.

Et regardons encore la bance-annonce du futur Je suis une légende.

Villes vides, villes fantômes, nous avons encore certainement de belles images, de multiples projections de nos angoisses à venir.


Etienne Barillier
13 juillet 2007






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