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Spiderman 3
Film Américain de Sam Raimi (2007)
1er mai 2007


Genre : SF (Comics Marvel)
Durée : 2h19

Avec Tobey Maguire (Peter Parker-SpiderMan), Kirsten Dunst (Mary Jane Watson), James Franco (Harry Osborn), Thomas Haden Church (Flint Marko-l’Homme-Sable), Topher Grace (Eddie Brock-Venom), Dylan Baker (Dr Curt Connors), Bryce Dallas Howard (Gwen Stacy), James Cromwell (Cne Stacy), Rosemary Harris (May Parker), J.K. Simmons (J.Jonah Jameson), Ted Raimi (Hoffman), Joe Manganiello (Flash Thompson), etc.

Avec ce troisième et dernier opus, ni Sam Raimi, ni Tobey Maguire ne souhaitant poursuivre l’aventure, la franchise « Spiderman » se conclut sur un véritable feu d’artifice.
Évidemment, Avi Arad va tout tenter pour que l’affaire la plus juteuse du moment ne finisse pas ainsi, mais les probabilités que l’on y retrouve le duo maître de l’entreprise sont quasi nulles. Le traitement radical et extrême mis au point par Sam Raimi via une réalisation et un scénario au cordeau et l’interprétation enfin adulte de Tobey Maguire confirment ce sentiment profond.
Archétype du blockbuster intelligent, « Spider-man 3 » répond évidemment aux canons du genre (suspense, aventure et effets spéciaux) tout en distillant de nombreux petits plus : beaucoup d’humour et de second degré, une réelle habileté à proposer une mise en scène alerte, des espaces de réflexions centrés sur la noirceur sous jacente du super héros et sur une société US embourbée dans ses contradictions. Où comment être le champion de la démocratie mondiale quand on ne sait pas être autre chose que celui qui foutra sur la gueule à ceux qui ne partagent pas la même opinion que vous ? USA et Spiderman mêmes combats et mêmes problèmes ?
Le raccourci est tentant, possible, mais finalement un peu facile, tant il ne vaut mieux pas trop prêter aux riches et laisser Hollywood à sa principale préoccupation : distraire en accumulant les dollars. « Spider-man 3 » y parvient brillamment, ça tombe bien, c’est ce que l’on attendait !

Aventure au long cours (2h20), ce « Spider-man 3 » ne lâche jamais l’affaire et explore de multiples sujets. Soit, Peter Parker-Spiderman va donc être confronté à trois supers méchants. Tout d’abord, Harry Osborn, l’ami avec qui il a tissé une relation schizophrénique exemplaire et qui veut venger un père qui ne l’aimait pourtant pas, l’Homme-Sable ensuite, un pauvre gars dans la mouise et qui veut juste aider sa famille, et pour finir, Venom, celui que tous les fans du Comics attendaient avec impatience. Soit un collègue de boulot un brin arriviste, ridiculisé par Peter Parker et qui a chopé la rage après avoir été psychiquement vampirisé par une étrange substance. On le constate, chaque méchant à ses raisons d’en vouloir à Spiderman et chacune de ses raisons peut en faire un être compréhensible (voir excusable) pour le commun des mortels.
Quant à Spiderman, il se la pète grave avant de tomber de haut, de très haut. La super araignée est une star qui se la joue sportif NBA au milieu des foules, séducteurs hollywoodien lors des cérémonies officielles et file le parfait amour avec sa Juliette avec un mariage parfait en point de mire. Enfin, c’est ce qu’il croit car rien n’est jamais simple. L’étrange matière extraterrestre qui va le recouvrir et le transformer en une espèce de “Dark Spiderman” va donc jouer le rôle de psychothérapeute personnel sur le petit vaniteux. Tu te croyais heureux, invincible, indomptable, surpuissant ? Que nenni, tu n’es rien d’autre qu’humain comme les autres avec ces petits problèmes d’ego, de cœur et de sexe !

La grand force de Sam Raimi, le point faible sans doute pour les fans des Comics originel, est de s’attacher aux détails qu’il juge principaux tout en balançant joyeusement par dessus l’épaule ce dont il se fiche éperdument.
L’arrivée sur Terre de la dangereuse substance extraterrestre est hautement symbolique et expédiée en 30 secondes. Un météore qui s’écrase sur Central Park et dont le produit, cet étrange chewingum noir (un black Blob ?), vient s’accrocher à la mob de Spiderman et basta !
On l’a compris, rien à battre sur le fond ! Ce qui intéresse le réalisateur est ailleurs. Ce n’est pas la matière alien en soit, ce sont les effets qu’elle engendre.
Idem pour Eddie Brock-Venom (l’assez caricatural Topher Grace). Le super méchant est finalement réglé en quelques minutes de baston. Paradoxalement, on aura passé un bon moment avec l’humain, photographe bidouilleur, démasqué et outragé par le bon Peter avant sa transformation.
Finalement, c’est Flint Marko-l’Homme-Sable (Thomas Haden Church) qui sort du lot. D’une part, sa transformation est proposée via une très belle scène, ensuite, on ressent le profond attachement éprouvé par Sam Raimi pour ce pauv’ gars bien brave pour qui la vie n’a pas été sympa. Là où tout autre réalisateur en aurait fait le faire-valoir bourrin et méchant, la réalisation de ce « Spiderman 3 », n’enfonce jamais le clou, s’attardant plutôt à nous le présenter sous son meilleur jour (y compris à la fin). Taper sur les forts, protéger les faibles, Sam Raimi se prendrait-il pour un super héros Marvel ?

Autre point fort de ce « Spider-man 3 », la dimension comique y est omniprésente. Un premier degré hilarant avec la scène du restaurant où Bruce Campbell s’éclate en majordome made in France dans la VO et en serveur Italien dans la VF (moins réussi), une séquence tonitruante dans une boîte de jazz ou l’intermède psycho-médicamenteux entre Jonah Jameson et son assistante, etc. Au second degré aussi dans le démontage de l’imagerie US basique (bannières étoilées à tous les coins de rue) et dans le foutage de gueule permanent de la société du spectacle et des médias. On frôle même le troisième degré et la mise en abyme du scénario quand la narration flingue Mary Jane (Kirsten Dunst en actrice pas terrible cartonnée par la critique -ça vaut le coup !) et plante un Spiderman façon mac des bas fonds, petit prétentieux qui mériterait des coups de pieds au derrière.

On pourrait disserter des heures sur un petit paquet d’autres sujets abordés par l’histoire de ce « Spider-man 3 ». Tout particulièrement sur la relation entre Harry Osborn et Peter Parker, sur la mise en avant de la virilité de jeune coq d’un Peter-Spiderman qui se la joue super macho avec quelques blondes et refuse enfin de battre en retraite devant son chef au boulot, sur sa mauvaise humeur et son caractère de cochon avec ses voisins, etc.
On pourrait aussi souligner le traitement graphique et cinématographique original plaqué sur la verticalité architecturale des immeubles new-yorkais, un terrain de jeu pour Spiderman, une ville où ça bosse, où ça transpire et où l’on meurt pour les autres...

Le constat est au final le même. Le travail de Sam Raimi (et du fréro Ivan Raimi à ne pas oublier) trouve dans ce dernier opus une conclusion logique et un aboutissement clairement réfléchi. On pourrait résumer l’affaire ainsi : « Spiderman 1 » relevait de l’acte de naissance douloureux, « Spider-man 2 » stylisait une adolescence complexée et « Spider-man 3 » fixe une entrée dans l’âge adulte -avec les emmerdes qui vont avec.
La suite de l’histoire appartient aux autres -enfin surtout à Avi Arad- et l’on espère très sincèrement que cette évocation jouissive du héros Marvel en trois étapes ne connaitra pas l’épisode de trop entre d’autres mains forcément moins talentueuses.

En tout cas et pour le prix d’une place de ciné, « Spider-man 3 » est sans contestation possible le film grand public le plus intelligemment distrayant du marché, l’aboutissement d’une trilogie qui se termine en apothéose, un vrai film de réalisateur qui a su digérer et totalement accomoder à sa manière les contraintes contemporaine de cette industrie aussi particulière qu’est le cinéma.
Pour petits et grands, en toute confiance.

FICHE TECHNIQUE

Titre original : Spiderman 3
Réalisation : Sam Raimi
Scénario : Alvin Sargent, Sam Raimi, Ivan Raimi
D’après l’œuvre de Stan Lee
Sur une idée de Sam Raimi & Ivan Raimi
D’après les personnages créés par Stan Lee, Steve Ditko

Producteurs : Avi Arad, Grant Curtis, Laura Ziskin
Producteur exécutif : Kevin Feige, Stan Lee, Joseph M. Caracciolo

Photographie : Bill Pope
Musique originale : Christopher Young, Danny Elfman
Directeur artistique : David F. Klassen
Décors : Neil Spisak, J. Michael Riva, Leslie A. Pope
Costumes : James Acheson, Shownee Smith
Animation : Spencer Cook
Effets spéciaux : John R. Frazier, George Stevens
Effets visuels : Scott Stokdyk
Réalisateur seconde équipe : Dan Bradley
Cascades : Scott Rogers
Mixage : Kevin O’Connell
Montage : Bob Murawski

Production : Columbia Pictures (USA), Laura Ziskin Productions (USA), Marvel Enterprises (USA)
Distribution : Gaumont Columbia Tristar Films (France)
Sony Pictures Releasing (USA)
Presse : Anne Lara, Nicolas Weiss (Gaumont Columbia Tristar Films, France)

LIENS YOZONE

  • La première bande annonce
  • Bande annonce numéro 2

    SITE INTERNET

    http://www.spiderman3-lefilm.fr


  • Stéphane Pons
    30 avril 2007



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