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Remember
Benjamin
Xiao Pan

Le manhua (prononciation chinoise de manga) de Benjamin vous saute à la figure. Mélange de couleurs, à la fois chaudes et froides, dessins qui semblent brouillons et qui deviennent d’une maîtrise incroyable, sentiments divers qui vous assaillent de toutes parts, descente dans la vie privée de l’auteur et des ses pensées...
Les mots manquent pour déterminer la troisième et poignante œuvre de ce jeune mangaka plein d’avenir.



Mais peut-être que si nous commencions par la fin...

Une très jolie jeune fille fait la couverture. Teinte chaude, moue glossy et boudeuse, yeux rêveurs, cette planche a pour titre Menue Poussière. Ce dessin magnifique a pourtant été une contrainte pour l’auteur car il lui a été imposé de faire une couverture, et Benjamin n’aime pas dessiner dans un but précis.
Voici ce qu’ il nous explique à la fin du manga dans sa galerie de dessins, et là, la personnalité du manhuajia (prononciation chinoise de mangaka) s’ouvre à nous.
Oui, il ne dessine que ce qu’il veut, sans contrainte, sans obligation et ses créations crient sa façon d’être.

Retournons maintenant au début du manga...

Photo de Benjamin, le regard au vague, portant son fameux t-shirt à étoile, que nous retrouverons souvent... Il fronce les sourcils, signe de grande concentration ou de mécontentement... Sur quelle nouvelle planche travaille t’il ?
Aucune, il ouvre juste un paquet de cigarettes... le ton est lancé.

Le manhua

... est composé de deux one shot et des morceaux de vie de l’auteur, ses pensées sur le monde de l’édition et du manhua ou de sa jeunesse et de sa vie. C’est ce que l’on nomme une mise en abyme (ou abîme) ; ici, le manhua dans le manhua. Les héros des deux one shot ne sont que des manhuajia, Benjamin ne nous parle (presque) que de manhua.
Le premier one shot s’intitule : Personne n’est capable de voler. Personne n’est capable de se souvenir.
Ou comment un jeune dessinateur de manhua en galère attire à lui sans le vouloir la plus aimante des dessinatrices, Yu Xin, qui va tout faire pour lui faire comprendre son art et la façon de le vivre afin qu’il soit reconnu... Pour enfin prendre conscience de sa peur et la vaincre.
Bleu. C’est le premier mot qui vient à l’esprit quand on commence la lecture de cette histoire.
Puis rage, finesse du trait, vert, stéréotypes humoristiques du manga... et enfin rouge.
Benjamin mélange les couleurs et les styles à son idée, on passe du magnifique au brouillon en un clin d’œil, comme si sa planche n’était pas terminée.
Tout est plus beau avec Yu Xin et tout est plus brouillon sans elle... mais cela, notre héros ne s’en aperçoit même pas... Seul le lecteur peut le comprendre à la lecture de cette histoire d’amour peu ordinaire.
A la fin de ses récits, Benjamin nous livre son histoire par rapport à ceux-ci, son inspiration, ses craintes... des morceaux de sa vie.

Je vous laisse le plaisir de la découverte du second one shot, car j’ai bien peur d’avoir gâché un peu de la surprise du premier en le résumant... surtout que le deuxième semble autobiographique, je vous laisse donc découvrir Benjamin par vous-même.
Car... Benjamin, ça ne se raconte pas . Ca se lit. Ca se vit.
Comme vous l’aurez certainement compris, ce manhua -journal intime m’a énormément plu, justement de part son côté « immerge toi dans ma vie et voit le quotidien d’un manhuajia ».
On a l’impression que dans la tête de Benjamin, tout est comme dans son manhua : simple et compliqué, brouillon et magnifique, froid et chaud.
De plus, son style graphique est absolument magnifique, parfaitement maîtrisé, ainsi que son travail de coloriste. C’est un véritable émerveillement pour les yeux que de parcourir son ouvrage.

Pour se remettre des deux one shot, un mini art-book termine le manhua ; j’entends par là que Benjamin nous distille quelques-une de ses œuvres, avec , en prime, une explication pour chacune d’elle. Et tout recommence. Ce mélange des sentiments qui vous assaillent : Benjamin est à la fois agaçant et touchant... pourquoi ce dessin magnifique ne lui plaît pas, pourquoi a-t’il dessiné celui-là ?
Mais qui est Benjamin ? Pour le découvrir, rendez-vous à la fin du manhua, où une chronologie d’une partie de sa vie a été rédigée par ses petites mains de manhuajia, photos à l’appui...
Bienvenue dans son monde. Un monde de couleurs.

Au début du manhua est mentionnée cette petite phrase :
N’oubliez pas ce livre, n’oubliez pas son auteur.
Et Benjamin de reprendre à la fin :
N’oubliez pas mon livre, ne m’oubliez pas.
... aucun danger.

www.benjamin007.com

(Je fais intentionnellement dans le court et le fouillis, afin que l’article colle un peu au manhua... et que vous courriez le lire ^^)


Remember
- Scénario, dessin, couleur : Benjamin (ZHANG Bin de son vrai nom)
- Editeur : Xiao Pan
- Dépôt légal : 03 mars 2006
- Format : 14,5x21 cm
- ISBN : 978-2-940380-00-8
- Prix éditeur : 13,50 €


Le blog de Benjamin


© Photo et illustrations : Xiao Pan et Benjamin (2006).


Marina
7 mars 2007






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Remember, une œuvre et un artiste à découvrir.



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Bleu...



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Modernité du trait...



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...et des ambiances.



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Made in China.



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« Orange », paru en décembre 2006 chez Xiao Pan.



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« One Day », paru en février 2006.



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