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SpellBook
créé par Phil Walker-Harding, illustré par Cyrille Bertin
Space Cowboys, 29 septembre 2023

C’est l’heure du Grand Rite Annuel des magicien.ne.s !
Réuni.e.s autour du Grand Vortex, guettez scrupuleusement l’apparition des materias et soyez astucieux pour vous emparer des forces ésotériques qui vous permettront de mijoter des sorts puissants.
Prenez soin de bien approvisionner vos familiers en énergie magique.
Les plus rapides et les plus stratèges deviendront des maîtres de la magie !
À vos sorts !



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C’est quoi ce jeu ?

« Spellbook », sous ses atours colorés d’une fantasmagorie ésotérique éclatante, est un jeu de course et de stratégie de collection. Tout juste sorti de l’atelier du très prolifique game designer, Phil Walker-Harding (« Sushi Go Party » « Super Mega Lucky Box », « Cosy Casa »
Vous devrez y récolter des materias, pierres runiques bourrées d’énergie magique, afin de former des collections de couleurs ou de symboles.
Vous utiliserez ces materias soit pour les engager dans la réalisation d’un de vos 7 sorts disponibles, soit pour sustenter votre familier.
Celle ou celui qui aura rempli entièrement le ventre de son familier ou qui aura appris ses 7 sorts déclenchera la fin de partie.
Mais qui sera le vainqueur ?

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Dans la boîte

De prime abord, l’on ne peut être qu’admiratif et se laisser emporter devant l’illustration de la boîte réalisée par Cyrille Bertin (dont, malheureusement, le nom a été malencontreusement omis sur la couverture). Le dragon de la couverture de boîte, conjuguant les inspirations asiatiques et nordiques au détour d’un grimoire détaillé, immerge immédiatement dans la thématique.

L’imagerie adoptée est d’ailleurs réalisée avec soin sur tous les éléments du jeu. Les cartes de sorts offrent moult détails pittoresques et les plateaux familiers concourent à l’ambiance. Ce travail graphique est qualitatif et suscite l’envie de jouer.

En terme matériel, les plateaux Familier et Autel sont épais. Les cartes de sorts plastifiées et de format suffisant construisent un tableau/plateau joueur.euse lisible.
Le tissu du sac contenant les materias est aussi épais et résistant et bien décoré de son Vortex.

Petit bémol sur l’utilité réelle du réceptacle de défausse des jetons materias. Surtout qu’une fois assemblé, il prend une telle place dans la boîte qu’on ne peut fermer celle-ci correctement.

La boîte de jeu aurait pu être rabotée de quelques centimètres pour ranger aussi efficacement ce joli matériel. Étonnant de la part des Space Cowboys qui nous ont habitués à réaliser des boîtes compactes et efficientes.

La règle est très lisible, bien illustrée, même si on peut avoir des micros questionnements sur les actions possibles, le début du jeu ne libérant que peu d’options.

Terminons sur les pions materias. En résine, colorés, très lisibles, ils sont vraiment plaisants à manipuler et apportent une vraie valeur ajoutée à un ensemble déjà très réussi.

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Comment on joue ?

Chaque joueur.euse va déposer 7 cartes sorts pour composer un tableau personnel. Tout le monde a les mêmes.
Du sac Vortex sont tirées 5 materias déposées sur le Grand Autel central.
À son tour, on exécute potentiellement 3 actions, une du matin, une du midi et une du soir, dans cet ordre précis.
Le matin, on peut prendre 1 materia sur l’Autel, en piocher 2 dans le Vortex ou lancer un sort du matin.
Le midi, il est possible de stocker un materia sur son familier ou de lancer un sort du midi.
Le soir, on utilise un sort du soir ou on apprend un nouveau sort.
Pour cette dernière option, il faut dépenser des materias de la couleur du sort en question. Cependant, les sorts possèdent 3 niveaux croissants en puissance, et lorsqu’on l’apprend à un certain degré, l’on est cantonné à ce niveau, impossible de l’améliorer (exception faite de l’un des sorts du jeu qui permet une telle évolution).
On enchaîne les tours jusqu’à ce que l’un.e des joueurs.euse.s ait appris ses 7 sorts ou rempli toutes les cases de son plateau familier. La partie se termine alors, et on compte les points rapportés par les sorts et les familiers.

On en pense quoi ?

Avec un tel jeu de pioche, de pose et d’échange, l’on pourrait s’insurger au crime de lèse magie sur le plaquage de thème.
Toutefois, la mécanique s’applique vraiment concrètement à l’apprentissage et l’usage de sorts. On cherche à concentrer des énergies, les fameux materias, pour apprendre des sorts. Puis les lancer implique aussi de fournir de nouveaux materias. Mettez-vous dans la peau d’un.e magicien.ne épuisé.e après d’avoir invoqué son sort et qui va maintenant chercher à se ressourcer pour retrouver de nouvelles énergies. En fait, tout est logique et cohérent et le thème fonctionne bien, même si dans le feu de l’action on se prend peu à peu à l’oublier.

De plus, le très beau matériel invite au plaisir ludique.
Sous les pinceaux de Cyrille Bertin, les illustrations explosent de couleurs chatoyantes et les materias sont agréables à manipuler.

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Le début de partie laisse le temps de prendre ses marques. Il est étonnant de par son rythme posé. Les joueur.euse.s peuvent ressentir l’impression de ne pouvoir pas faire grand-chose puisqu’on ne maîtrise aucun sort.
Puis la stratégie s’impose tout en douceur.
Dois-je thésauriser mes materias et rester patient afin d’apprendre des sorts de haut niveau ?
À quel moment est-il opportun de stocker sur son familier puisqu’il s’agit de materias non réutilisables pour apprendre des sorts ?

Surtout lorsque l’on commence à espionner des adversaires qui remplissent subrepticement leurs plateaux parce qu’ils ont bénéficié de davantage de chance au tirage ou qu’ils ont su mieux gérer leur collection de materias.

Chaque décision va influer sur le tempo, critère très important du jeu.
Apprendre des sorts rapidement mais de faible niveau permet d’effectuer des actions plus puissantes aux tours suivants, mais les points rapportés seront moindres. En contrepartie, le game s’accélère et cette course peut permettre de bloquer les adversaires.

Les joueur.euse.s doivent réfléchir à leurs meilleures options tout en étant opportunistes puisque les possibilités dépendent du tirage des materias, mais ils.elles doivent aussi scruter attentivement les jeux des adversaires pour ne pas se laisser distancer. Et la combinatoire entre les sorts appris permet de multiples options grisantes.

La configuration de joueurs offrira aussi des expériences différentes.
À 2, on se trouve dans de la tactique avec des materias qui disparaissent lentement de l’Autel. À 3 ou 4, les autres joueur.euse.s vont bouleverser le jeu plus rapidement et il faudra être beaucoup plus opportuniste.

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De plus, le jeu propose une série de 7 cartes sorts marquées d’une seule étoile pour commencer la partie. Un set de départ dont les cartes se répondent à merveille pour débuter. Ce set prend les joueurs.euse.s par la main pour permettre de bien comprendre les enjeux et les actions. C’est très plaisant d’être aussi bien accompagné.

Ensuite, les joueur.euse.s se saisissent d’un deuxième set noté de 2 étoiles. Là, on rentre dans des stratégies différentes et plus élaborées. Les combinatoires demandent à être plus étudiées et paraissent au départ plus complexes à agencer pour redoubler d’efficacité.
Puis un troisième set est disponible et engage sur de nouvelles stratégies possibles.

Au final, et pour toutes vos prochaines parties, vous pourrez mélanger les cartes comme vous le voudrez. Soit en les tirant au sort, en gardant toujours un sort de chaque couleur, soit en les choisissant en gardant à l’esprit que chaque joueur.euse a les mêmes devant lui.elle. Une sorte de deckbuilding du set de départ qui offre de nombreuses possibilités de jeu.

Le système se prête aussi très bien à un mode solo avec un fort aspect de programmation puisque la partie se jouera en un certain nombre de tours. À vous d’organiser au mieux collectes, apprentissages et stockages.

« Spellbook » est une belle découverte qui s’adresse à des joueur.euse.s quelque peu initié.e.s, mais qui, grâce à son set d’initiation bien étayé, pourrait convaincre sans problème de nouveaux.elles venu.e.s dans le monde ludique.

Le plaisir est présent à chaque partie. Construire en tension en mesurant bien ce que fait l’autre procure des sensations de jeu grisantes jusqu’à l’accélération finale.

Optimiser les sorts, modifier opportunément la stratégie initiale, voilà un jeu brillant par son accessibilité et son efficacité ludique.


SpellBook
Thème : apprenez et lancez vos sorts pour devenir le plus grand magicien
Mécanique(s) : amélioration de tableau, collection, hasard, combinatoires
Âge : 12 ans et plus
Nombre de joueurs : 1 à 4
Durée d’une partie : 45 min environ
Auteur(s) : Phil Walker-Harding
Illustrateur(s) : Cyrille Bertin
Éditeur : Space Cowboys
Date de sortie : 29 septembre 2023


Illustrations © Cyrille Bertin & Space Cowboys


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