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Cabin Fever, Fièvre noire
Film américain de Eli Roth (2002)
25 août 2004

**,5



Genre : Horreur (gore et médical)
Durée : 1h34

Avec Paul (Rider Strong), Karen (Jordan Ladd), Jeff (Joey Kern), Marcy (Cerina Vincent), Bert (James Debello), L’ermite (Arie Verveen), La Dame au cochon (Christy Ward), Shotgun Casey (Michael Harding), etc,.

Cabin Fever est la fièvre du chalet ou la fièvre noire ou plus médicalement, la « fasciite nécrosante ». Cette maladie bien réelle, résultat d’une mutation incontrôlée d’un streptocoque banal, provoque la déstructuration des chairs en quelques heures. Symptômes : des rougeurs cutanées irritantes qui se transforment vites en plaques de chairs noires s’arrachant au moindre grattement... Durée de vie du patient sans traitement antibiotique adapté : 24 heures maxi !

Eli Roth s’est emparé du thème de cette horrible maladie pour tisser un film dans la plus pure tradition gore de notre jeunesse. Mettez cinq jeunes adultes en goguette dans un chalet paumé du fin fond de la Virginie, débrouillez-vous pour que le hasard, un ermite des bois qui vient de contracter la bactérie via son chien, leur fasse choper l’horrible truc et roulez -enfin décomposez- jeunesse, le compte à rebours est lancé.

Film à budget très réduit qui fut tourné et monté en moins d’un mois à l’automne 2001, « Cabin Fever, Fièvre Noire » utilise et use jusqu’à la corde tous les alibis de ce type de scénario. Il y a le jeune amoureux transi, la jeune blonde bimbo qui se refuse à lui mais est prête à se donner au premier macho venu, le couple de « djeunes » en pleines chaleurs sexuelles, le gros taré, bien beauf et armé, tirant sur tout ce qui bouge, le shérif adjoint niveau 15 de QI et tous les ploucs habituels du fin fond des US dont nous raffolons spécialement... En ce qui concerne l’intrigue, là aussi rien ne nous est épargné. Tous ceux qui doivent mourir... meurent dans des circonstances atroces et il y a même une fin quasi morale à l’histoire.

Dire que « Cabin Fever, Fièvre Noire » n’est pas un film surprenant est donc un doux euphémisme ! Et c’est d’ailleurs l’aspect principal du scénario qui risque d’en énerver plus d’un...

Pourtant, un je ne sais quoi d’assez sadique en moi, me fait penser que le tout n’est pas aussi nul qu’on pourrait le penser. D’abord, on prend un certain plaisir à voir succomber un à un les pauvres protagonistes de l’intrigue dans des conditions de plus en plus éprouvantes. Ensuite, le scénario insiste d’une manière assez intrigante sur l’absence totale de compassion que l’être humain peut accorder à ses frères lorsque sa vie est en danger. Eli Roth tentant de créer un parallèle pas inintéressant entre la décomposition physique entraînée par la maladie et la déliquescence des sentiments humains qu’elle provoque. Et ça, c’est assez sympa à voir ! Enfin, malgré ses problèmes budgétaires, les maquillages sont impressionnants et plutôt franchement réalistes, la photo est très correcte, une partie de la BO est signée d’Angelo Badalamenti (le mister BO de David Lynch) et les acteurs semblent assez concernés par l’affaire. Point final positif, le coté grand-guignolesque étant franchement assumé, on rigole souvent de bon cœur aux déboires multiples tombant sur le coin de la tronche des personnages (et pour le coup, Eli Roth n’y va pas de... main morte !).

On retiendra donc de ce « Cabin Fever, Fièvre Noire », une impression malgré tout plutôt positive. Le plaisir évident et primaire de revoir le type de film gore pour ados de notre jeunesse, vous savez bien, ceux que vos copines détestaient et où elles hurlaient durant toute la projection, tempéré par la déception de ne pas trouver un thriller angoissant et saisissant qui eut pu constituer une première œuvre surprenante pour un jeune réalisateur. La faute, sans doute a un humour volontairement trop provocateur et un peu lourd.

A défaut de surprise, on a de l’hémoglobine. Ce n’était pas l’option qualitative à privilégier obligatoirement mais bon, soyons honnêtes, ça décape bien aussi !

FICHE TECHNIQUE

Titre original : Cabin Fever

Réalisation : Eli Roth
Scénario : Randy Pearlstein, Eli Roth d’après une histoire de Eli Roth

Producteurs : Eli Roth, Lauren Moews, Sam Froelich, Evan Astrowsky
Productrice Exécutive : Susan Jackson

Musique originale : Nathan Barr, Angelo Badalamenti
Image : Scott Kevan
Montage : Ryan Folsey
Chef Décorateur : Franco Giacomo-Carbone
Maquillages Spéciaux : Kurtzman, Nicotero and Berger EFX Group, Inc
Chef Costumière : Paloma Candelaria
Superviseur des Cascades : John Copeman

Production : Downhom Entertainment/Tonic Films
Distribution : Metropolitan Filmexport Lions Gate Films

Relations Presse : Bossa Nova, Michel Burstein (Paris)

INTERNET

http://www.metrofilms.com


Stéphane Pons
25 août 2004






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