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Planète Interdite : l’interview exclusive de Marc Orly
Entretien exclusif avec le distributeur du film
27 septembre 2006

La YOZONE ne pouvait manquer la ressortie de « Planète Interdite » sur les écrans (film culte d’une bonne partie de la rédaction). Notre rédacteur en chef en a, bien sûr, profité pour s’entretenir avec Marc Orly de Madadayo Films, la toute jeune société de distribution responsable de cette réexploitation en salle inespérée.



Pour commencer, pourriez-vous nous faire une rapide présentation de Madadayo Films ?

Madadayo Films a quelques mois d’existence. C’est une SARL qui réunit cinq personnes différentes, passionnées et cinéphiles qui, en plus de leurs métiers respectifs, ont décidé de se lancer dans la distribution.
Frédéric s’occupe d’une association qui gère l’animation des salles de cinéma de Seine Saint Denis, Jean Bernard est attaché de presse, Vincent travaille à la Cinémathèque de Monaco, Aurélie anime des séances cinéma pour le jeune public et moi, je suis accessoiriste de plateau sur les tournages de film.
Le hasard fait que je me suis retrouvé dans cette aventure avec Frédéric et Vincent quelques quinze ans après nous être croisés dans la même fac de cinéma.

Votre société de distribution étant toute jeune, l’idée de ressortir « Planète Interdite » sur le grand écran faisait-elle partie de vos projets lors de la création de Madadayo Films ?

La première sortie prévue était une réédition des « Deux Orphelines » de Griffith. Un film muet et rare pour lequel nous avions l’opportunité d’exploiter des copies. Mais, tout de suite après, on s’était accordés sur l’idée de ressortir « Planète Interdite ».
Pour plusieurs raisons.
C’est un film qui n’est pas ressorti en salle depuis les années soixante dix. Il existe pour le moment uniquement dans une édition basique de dvd zone 1.
En ce qui me concerne, c’est un film qui a bercé mon enfance télévisuelle de jeune cinéphile, grâce au cinéma de minuit de Patrick Brion sur FR3. Plein d’images fortes étaient restées gravées dans ma mémoire, que ce soit la maison du docteur Morbius, les décors de la Planète, le monde souterrain des Krells ou, comme pour beaucoup d’entre nous, le personnage culte et kitsch de Robby.
En le revoyant maintenant, et en me disant qu’il a cinquante ans, je me dis que c’est certainement le film fondateur du cinéma fantastique moderne. Un film que George Lucas a obligatoirement vu avant de penser à Star Wars, un film qui a su inspirer des séries comme Les Envahisseurs ou Star Trek.

Entre avoir l’idée de redistribuer un vieux film et le voir enfin projeté en salles, le parcours doit être long et périlleux. Pouvez-vous nous parler des difficultés, des joies, des peines, d’une telle entreprise ?

C’est un peu le parcours du combattant et un doute permanent. Je pense qu’on apprend à chaque sortie. Une fois de plus nous n’étions pas distributeurs. Même si on connaît la chaîne de fabrication et de vie d’un film, et si un de mes meilleurs amis est distributeur de films il a fallu franchir le pas.
Madadayo se tourne vers la réédition de films anciens. Cela veut dire acquérir les droits d’exploitation d’un film pour une période durée, faire tirer des copies neuves, les sous-titrer (tout ça coûte beaucoup d’argent) choisir une date de sortie avec une salle que ça pourrait intéresser, faire des projections de presse à l’avance, imprimer des affiches (par exemple sur « Planète Interdite » j’ai fait travailler quelqu’un sur la création d’une nouvelle affiche que j’aimais bien mais en fait on s’est décidé à reprendre l’affiche classique que tout le monde connaît depuis les année cinquante) et ensuite il faut espérer que les gens vont se déplacer en masse pour voir ou revoir ce classique...

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Le projet d’affiche inachevée proposé par Gallien Guibert

Dès le début on avait envie de faire les choses en « grand » (avec nos petits moyens). On avait envie d’avoir des objets rares autour du film (des affiches anciennes, des livres, des jouets) et surtout une reproduction de Robby le robot à exposer dans le hall du Grand Action. Tout ça a pu être possible grâce à Jean, un collectionneur un peu fou que vous pouvez retrouver sur "rue des
collectionneurs.com".

Et sur un plan strictement financier, comment retombez-vous sur vos pieds ?

Pour le moment, nous ne retombons pas sur nos pieds. Les recettes des « Deux Orphelines » n’étaient pas encore engendrées pour financer la sortie de Planète Interdite.
Frédéric et moi n’avons pas été raisonnables, nous avons avancé sur nos économies personnelles l’argent pour se « payer » « Planète Interdite » en espérant que cela en vaudra la peine et que l’on pourra se permettre de sortir un troisième film dans quelques mois (pour le moment nous n’avons pas encore d’idée précise).

Merci Marc !

LIENS YOZONE

  • « Planète Interdite », la critique Yozone
  • Le film fondateur du space opera moderne
  • Robby fête ses 50 ans au Grand Action
  • Madadayo Films : interview exclusive du distributeur

    Adresses et horaires :

    - Grand Action pendant 4 semaines
    5, rue des écoles 75005 Paris
    VF : mercredi et samedi à 14h et 16h et dimanche 11h et 13h
    VO : mercredi 18h et 20h30 - Jeudi, vendredi, lundi et mardi à 14h, 16h15, 18h15, 20h05 et 22h - samedi et dimanche à 18h15, 20h05 et 22h

    - Mac Mahon
    5, avenue Mac Mahon 75017 Paris
    1 semaine en VO (uniquement ven,sam,dim et lun) 14h, 16h, 18h, 20h et 22h

    INTERNET

  • Grand Action www.legrandaction.com
  • Mac Mahon www.cinemamacmahon.com
  • La rue des collectionneurs www.ruedescollectionneurs.com/

  • Bruno Paul
    28 septembre 2006






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