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Une nouvelle traduction de Frankenstein chez Bragelonne
Mary Shelley
Bragelonne, traduit de l’anglais (Grande-Bretagne), fantastique, 343 pages, octobre 2021, 19,90€


On le sait : les nouvelles traductions sont bien souvent des astuces de marketing destinées à faire le bouche-à-oreille, le « buzz » dirait-on, et à refourguer à des amateurs crédules, sous des prétextes fallacieux, des ouvrages qu’ils possèdent déjà. Fallacieux, parce que si certaines de ces nouvelles traductions peuvent être parfois bienvenues, nombre d’entre elles sont hélas inutiles, inférieures à celles qui les ont précédées, allant même, parfois, jusqu’à chercher à s’en démarquer avec une maladresse et une absence de sens de la langue véritablement consternantes.

Pourquoi donc, cette nouvelle traduction d’un Frankenstein qui, depuis Jules Saladin en 1821 pour les éditions Corréard jusqu’à Alain Morvan pour l’édition en Bibliothèque de la Pléiade en 2014, en passant par Germain d’Hangest, Georges Cuvelier et Eugène Rocard, Henry Langon, Hannah Betjeman, Joe Ceurvorst, Raymonde de Gans, Guy Abadia, Jean-Pierre Mellet et Paul Couturiau, n’a pas véritablement manqué de traducteurs ? C’est ce qu’explique Maxime le Dain dans sa préface. Il existe en effet, en langue originale, trois versions du Frankenstein de Mary Shelley : la première, celle de 1818, anonyme et tirée à cinq cents exemplaires, mais qui suffit alors à faire sa renommée ; la seconde, en 1823, sous le nom de Mary Shelley, amendée de corrections typographiques et stylistiques ; la troisième, enfin, en 1831, profondément remaniée par Mary Shelley elle-même, et devenue la version la plus connue du roman. Mais cette version, celle que tout un chacun connaît, n’est plus celle écrite par une jeune fille flamboyante de dix-huit ans : elle est celle d’une femme reconnue, mûrie par de nombreux drames, une femme qui, écrit Maxime le Dain, donne naissance à un nouveau roman, « aussi puissant et rapiécé que son monstrueux protagoniste », mais dont les aspects les plus scandaleux ont été soigneusement gommés.

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C’est donc à partir de la version de 1823, que l’on pourrait définir comme la version « non auto-censurée », qu’est établie cette nouvelle traduction. Jusqu’à présent, la version originale (celle de 1818) n’avait été traduite que par Jules Saladin en 1821 et n’a depuis lors bénéficié que de rares rééditions (Cercle Européen du Livre, 1975, Beauchemin 2009, un extrait de 72 pages chez Biotope en 2001), à présent difficiles à trouver. Une large diffusion de cette version de 1823, pour marquer le bicentenaire de la première traduction française de Frankenstein, apparaît donc pleinement justifiée.

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Pour cette nouvelle traduction du bicentenaire, les éditions Bragelonne ont fait un bel objet-livre relié, cartonné, doté d’un marque-pages en tissu, et dont l’illustration de couverture, tout comme le typographie du dos, présente des effets de reflets bleu électrique. Deux illustrations intérieures et des vignettes en tête de chapitre dues au dessinateur Armel Gaulme viennent agrémenter le volume. Un ouvrage qui devrait intéresser collectionneurs et bibliophiles, aussi bien par son contenu que par le soin apporté à sa réalisation.

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Titre : Frankenstein (Frankenstein, or The Modern Prometheus, 1818)
Auteur : Mary Shelley
Traduction l’anglais (Grande-Bretagne) : Maxime le Dain
Couverture : Armel Gaulme / Fabrice Borio
Éditeur : Bragelonne
Pages : 343
Format (en cm) : 13,5x 20
Dépôt légal : octobre 2021
ISBN : 9791028117993
Prix : 19,90 €


Hilaire Alrune
9 novembre 2021


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