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Nécropolis, tome 3 : Les Sceaux des Enfers
Fabrice Colin
Nathan, roman (France), fantastique, octobre 2021, 110 pages, 10,95€

Lee-Ann erre dans les limbes à la recherche de Violet, tombe sur un grand corbeau blanc qui lui rappelle Edgar, le serviteur des Usher. Puis elle se confronte à des créatures qui lui donnent à voir son passé oublié, les origines de son pouvoir.
Robin et Astor ont regagné le Sémaphore avec le vieux Veilleur qui prétend être le père de Violet. Mais les attaques d’Errants coupent court aux révélations, et les deux garçons vont espionner le grand conseil des Gardiens, apprenant que leur ennemi, Moloch, en veut aux Sceaux des enfers, et qu’il a brisé le premier, dans la forêt de Nocturna. Les garçons s’y rendent avec un faune chamane sauvé des Errants, et y rencontrent une puissante prêtresse qui ramène leurs amies.



Et c’est à peu près tout.
Au risque de me répéter, comme dans « La Tour de l’Aigle » et « l’Appel du Sémaphore », les épisodes de « Nécropolis » se suivent et se ressemblent : fourmillant de références aux classiques du fantastique, Edgar Poe et Lovecraft en tête (avec le village d’Erleth - pour August Derleth - et ses créatures aquatiques dans les derniers chapitres), d’un niveau littéraire et rédactionnel plutôt soutenus, mais toujours désespérément trop courts et elliptiques !

C’est bien simple, plus on avance, plus on découvre de lieux dont les héros, pourtant apprentis gardiens, n’avaient pas idée, alors que Nécropolis est grand comme un mouchoir de poche. Et les événements étant vaguement inédits, ils sont bien en peine de les comprendre. Les adultes sont avares d’informations, au risque de semer le chaos, et donnent une piètre image.

On regrettera aussi que le talentueux Fabrice Colin, qui avait évité la plupart des écueils narratifs habituels, se laisse aller à des procédés faciles comme l’interruption volontaire des révélations au moment crucial, ou au contraire des déclarations trop elliptiques, pour faire durer un suspense très artificiel, et relancer l’action sur de nouveaux décors, sur d’autres pistes : on s’agite en tout sens, mais peu de choses en ont, du sens !
La brièveté des volumes, à peine 100 pages d’un texte aéré, est toujours source de frustration. Lu en à peine une heure, « Les sceaux des enfers » nous laisse sur notre faim, avides de réponses. Combien suivront encore avant de voir tenues promesses littéraires, éclaircis mystères, explicités détails cruciaux ?

Ce volume, un peu plus centré sur Astor, prend encore en défaut la magie de son fauteuil, tantôt trop encombrant, parfois tombant à point nommé, toujours nous interrogeant sur son intérêt, outre celui d’afficher un personnage handicapé au casting.

Enfin, on notera, hélas, deux petits soucis : un d’ordre temporel (page 52, le Veilleur aurait rencontré la mère de Violet 12 ans plus tôt, ce qui ne cadre pas avec son âge... estimé, puisque je n’ai retrouvé dans aucun des volumes l’âge des héros !) et une scorie de relecture : un phrase est répétée en haut de la page 109.

On ne peut que souhaiter un 4e tome moins feuilletonnesque, certainement pas conclusif, mais fortement éclairant, et qui réemploie quelque peu la matière de ces quelques 300 pages déjà lues, sous peine de voir l’intérêt décroitre rapidement. Avec un fond de cette richesse, ce serait paradoxal !


Titre : Les sceaux des enfers
Série : Nécropolis, tome 3
Auteur : Fabrice Colin
Couverture : Juliette Brocal
Éditeur : Nathan
Site Internet : page roman (site éditeur)
Pages : 110
Format (en cm) : 21 x 14 x 1
Dépôt légal : octobre 2021
ISBN : 9782092593486
Prix : 10,95 €



Nicolas Soffray
18 novembre 2021


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